Actualité de Jacques Attali

Jacques Attali ne prend pas de vacances
Dans un entretien avec Les Echos , l'essayiste Jacques Attali, lobbyiste et homme d'influence, nommé par M. Nicolas Sarkozy pour présider la Commission pour la libération de la croissance française, vient de réitérer son discours alarmiste sur la dette publique (« Il faut une mobilisation générale du (...) / France , Économie , Finance , Fiscalité , Inégalités , Protection sociale - La valise diplomatique www.monde-diplomatique.fr | 7/23/10 9:14 AM
��Nous avons devant nous dix ans de rigueur��
Jacques Attali, président de la commission de libération de la croissance française (CLCF). Related posts:316« Nous avons fait tout le contraire des autres gouvernements »La commission Attali réactivée Related posts:
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www.lecri.fr | 7/22/10 1:04 PM
Jacques Attali pr�voit �dix ans de rigueur�
Dans un entretien aux Echos, l'économiste livre ses prévisions et recommandations avant la publication du rapport de la commission sur la croissance à la rentrée. www.lefigaro.fr | 7/22/10 8:05 AM
La France fait face � 10 ans de rigueur pour r�sorber la dette selon Attali
La France fait face à "10 ans de rigueur" pour résorber sa dette, a déclaré Jacques Attali, président de la commission pour la libération de la croissance française, dans une interview publiée jeudi par le journal Les Echos. Selon lui, il "faut une mobilisation générale du pays, sinon nous courons à la catastrophe". Si rien n'est fait, ajoute encore l'expert, "il faut s'attendre à voir la dette atteindre 90% du PIB en 2013, et dépasser les 100% en 2020, si ce n'est pas 120%". Le nouveau rapport sur des propositions de réformes pour la France, que prépare M. Attali, sera prêt "fin août-début septembre", a-t-il encore précisé. Dans un premier temps, la publication était prévue courant juillet. Pour résorber la dette, M. Attali préconise d'agir d'abord au niveau des dépenses, puis "de compléter cette action par les recettes". "On peut imaginer" de supprimer le bouclier fiscal, "peut-être en même temps que l'ISF" (impôt sur la fortune), qui seraient compensés par une hausse de l'impôt sur le revenu "des personnes les plus aisées", ainsi que par "un relèvement de l'impôt sur les successions". Enfin, M. Attali relève que le programme de stabilité français, qui prévoit le retour du déficit à 3% du PIB en 2013, est crédible "à deux conditions: que la croissance soit au rendez-vous et que le gouvernement affiche dès aujourd'hui les économies chiffrées à réaliser sur 3 ans". En février dernier, le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon avaient demandé à Jacques Attali de reprendre les travaux de la Commission pour la libération de la croissance française, après un premier rapport remis en janvier 2008. Ce premier rapport contenait 316 propositions, dont environ 60% ont été suivies d'effet, selon Jacques Attali. afp(); www.francebourse.com | 7/21/10 6:15 PM
Faut-il lire : Tous ruin�s dans dix ans ? de Jacques Attali ?
La période estivale est propice aux lectures faciles - même l'Équipe fait partie de mes matinées. Plonger dans Tous ruinés dans dix ans de Jacques Attali relève d'un courage à toute épreuve. Vouloir et pouvoir affronter les cinglantes vérités de ce brillant économiste demande une dose de capacité à retourner vers le futile le plus rapidement possible. Lorsque l'on découvre le personnage, l'on peut émettre deux hypothèses : Jacques Attali est d'un (...) - Economie / Crise financière , RSS www.agoravox.fr | 7/7/10 7:46 AM
Reprise �conomique mondiale - Les experts entre inqui�tudes et assurances
Les avis sur l'état de l'économie mondiale et sur l'issue de la crise continuent à diverger. Certains rassurent alors que d'autres parlent d'un prolongement de la crise, amplifiant ainsi les craintes sur une nouvelle récession. Il faut dire que la chute des marchés boursiers la semaine dernière a intensifié ces craintes. Ainsi, après la crise de la dette en Europe, ce sont la solidité de la croissance chinoise et la santé de l'économie américaine qui sont venues inquiéter davantage les places boursières. Pour de nombreux experts, l'économie mondiale n'est pas à l'abri d'une rechute et le principal risque pour la planète est celui d'une croissance durablement molle. A ce sujet, l'essayiste français Jacques Attali dira à l'occasion d'une rencontre économique en France tenue samedi dernier : «Les risques sont là. Si on ne change pas de politiques, on va dans le mur.» fr.allafrica.com | 7/6/10 9:08 AM
Jacques Attali: le monde, un march� sans Etat

La crise actuelle va peut-être conduire à penser enfin le monde comme il est, et non comme on rêve qu'il soit encore: il n'est plus un ensemble de nations échangeant les unes avec les autres: il forme une économie globale de marché, sans Etat régulateur. Car le marché est mondial, alors que la démocratie, quand elle existe, est locale. Et l'économie prend ainsi le pas, pour l'instant, sur la géopolitique.

Toutes les théories économiques  classiques, qui, de Walras à Friedman, en passant par Pareto, Debreu, et bien d'autres, modélisent une économie de marché  plus ou moins parfaite, sans Etat, trouvent  enfin une raison d'être. Elles n'ont, et ne pouvaient avoir, aucune application pratique pour décrire les économies nationales puisque elles ne correspondent à aucune réalité là où existe un Etat. Mais elles trouvent par contre leur raison d'être à l'échelle mondiale: le monde est  en effet un marché sans Etat. C'est même, avec la Somalie, le seul marché sans Etat.

Et les conclusions de ces théories sont  très claires: une économie de marché sans Etat, surtout si l'information y est imparfaite, ne trouve son équilibre qu'à un niveau de sous-emploi des facteurs.  Autrement dit, une économie de marché sans Etat, pleine de rentes et de pouvoirs locaux, ne peut que conduire à une insuffisance de la demande et  s'installer dans un chômage de masse. Pour tenter de le compenser, les marchés suscitent une demande artificielle, non par de grands travaux planétaires, ou par l'endettement d'un Etat central, qui n'existe pas, mais par une juxtaposition de dettes, privées et publiques, au niveau de chaque quartier de ce monde sans règle.

Il est alors facile de lire la crise actuelle. La prolifération de l'économie financière n'est que le substitut d'un appareil d'Etat planétaire qui serait capable de créer une demande publique. Et l'absence d'Etat de droit mondial ne peut conduire qu'à des dérèglements, prévus depuis longtemps, par les théoriciens néo-classiques (à tort parce que sur des espaces trop restreints).

Ainsi, par une étrange ironie, nous disposons depuis longtemps des outils théoriques aujourd'hui nécessaires, qu'on refuse de mettre en œuvre parce qu'ils ont été développés dans un tout autre contexte.

Oui, le marché existe. Oui, il est un bon cadre pour penser l'économie. Mais seulement à l'échelle de la planète. Et seulement maintenant, parce qu'il a fait exploser les cadres nationaux. Parce qu'il a détruit l'essentiel de la démocratie. C'est un phénomène courant, en science, que de voir une théorie développée pour expliquer un phénomène se révéler utile pour en expliquer un autre.

Un tel déplacement du regard sur le monde ouvre d'infinies perspectives à la théorie économique. Ou plutôt aux théories économiques. A celles qui se fondent sur les mathématiques, il permet de penser aux causes profondes des déséquilibres et des inégalités et d'étudier comment les réduire. A celles qui se fondent sur l'Histoire, il conduit à réfléchir aux mécanismes de naissance de l'Etat-nation, et d'étudier si, et comment, ils seraient transposables à l'échelle du globe.

Plus important encore, il ouvre des perspectives considérables à ceux qui voudront bien oser penser le monde comme une totalité, et parler non plus se contenter de parler timidement, pour les plus audacieux, d'une éventuelle «gouvernance» mondiale. Ce dont on a besoin en fait le marché mondial, c'est ce dont on a, depuis longtemps, reconnu la nécessité, pour la régulation des marchés, dans la moindre de nos provinces: un «gouvernement» mondial.

Il  faudra,  au moins, pour le voir surgir, comme l'Histoire nous l'apprend, des Etats-Généraux. Avec la suite que l'on connait.

Jacques Attali

LIRE EGALEMENT La crise après la crise (1/5): Une reprise en trompe-l'oeil et Croissance ou décroissance.

Image de Une: Nasa, la terre vue de l'espace Ho New / Reuters

www.slate.fr | 7/6/10 4:17 AM
L'�conomie � l'�preuve de la vitesse (5)

«Trop vite», dit Jean Louis Servan Schreiber dans son dernier essai sur nos sociétés modernes, devenues très court termistes. Cela s'applique aussi, naturellement, à l'économie et à la crise. Au-delà des interrogations soulevées par le Cercle des Economistes lors de ses journées d'Aix en Provence, on voit bien que les derniers évènements se déroulent en accéléré. C'est le cas de la crise financière de 2008, et -heureusement- de la réponse des gouvernements, et des banques centrales, qui ont évité au monde une faillite bancaire généralisée. Mais très vite aussi, survient la suite: les interrogations sur la dette créée par les états pour pallier les défaillances des banques.

Très rapide encore, le rattrapage des pays en développement, pour ne pas dire qu'ils sortent renforcés de la crise alors que les plus riches sont affaiblis. Extrêmement véloces enfin les changements technologiques, qui rendent souvent périlleux le pilotage des entreprises traditionnelles lorsqu'elles se trouvent confrontées à une révolution. Parfois même, comme l'a remarqué Yseulis Costes, créatrice d'une société de communication et marketing sur internet, 1000mercis, «Les entreprises vont moins vite que le public».

Une chose semble ne pas vouloir accélérer: la capacité des politiques à comprendre ce monde nouveau qui nous entoure. Les responsables venus des pays en développement lors des dixièmes rencontres économiques d'Aix en Provence organisées par le Cercle des Economistes, ce week end, n'ont cessé de le répéter: «En Afrique, les choses changent, et le G20 est inadapté car il ne voit pas ce qui se passe dans le monde», a ainsi souligné Mo Ibrahim, un milliardaire africain qui a fait fortune dans la téléphonie et se consacre à l'amélioration de la gouvernance sur son continent. C'est vrai de l'Afrique mais plus encore de l'Asie ou de l'Amérique latine. Dominic Barton, du cabinet de Conseils Mc Kinsey, remarque que la crise a accéléré le rééquilibrage entre les pays en développement et les pays riches.

Pourtant, l'ex ministre de l'économie argentine Roberto Lavagna l'a bien dit, «il n'est pas possible d'être global en économie et local en politique», sinon tout va se morceler. Rien d'étonnant que lors de ce grand séminaire international d'Aix, bien des intervenants aient appelé à davantage de coopération. Au niveau mondial, bien sûr, mais surtout au niveau de l'Europe. Afin que celle-ci puisse retrouver un potentiel de croissance supérieur aux misérable 1,5% par an qu'elle connait depuis deux décennies, ce que Patrick Artus, économiste chez Natixis, appelle une «bizarrerie européenne».

La plupart des personnalités présentes ont ainsi appelé à des réformes structurelles d'envergure et rapides pour que l'Europe évite un sort à la japonaise, avec vingt ans de stagnation. Les idées sont légion, depuis le «grand emprunt européen» préconisé par Jacques Attali jusqu'au financement des universités par les étudiants et les entreprises en passant par une «Business act» européen pour aider les petites entreprises européennes. Vieux refrain, jamais mis en musique. Or, c'est bien le retard à l'allumage des politiques qui inquiète.

Lorsqu'ils ont été confrontés à la crise de la dette grecque, les Européens ont tardé à prendre les décisions nécessaires. Ils ont ensuite trainé des pieds pour adopter des plans de réduction des dépenses publiques, alors que la contrainte des marchés se faisait très forte. Le dialogue franco-allemand est léthargique, les décisions tardent... Pourtant, estime l'économiste Philippe Trainard, si l'Europe n'est pas prête, les Européens, eux, le sont.

Marie-Laure Cittanova

(envoyée spéciale aux Rencontres 2010 du Cercle des économistes à Aix en provence)

LIRE EGALEMENT SUR LES RENCONTRES 2010: Croissance ou décroissanc e (1), Conflits ou coopérations (2),  Les effets nocifs des nouvelles régulations (3) et  Vers une croissance durable (4).

Image de Une: Course de «boîtes à savon» à Berlin Thomas Peter / Reuters

www.slate.fr | 7/5/10 9:00 AM
L'Europe doit se r�former pour �chapper � la stagnation
L'Europe est-elle condamnée à la stagnation ? Non, affirment des économistes, grands patrons et responsables politiques, mais elle doit se réformer, réduire ses déficits et miser sur l'innovation si elle ne veut ne pas rester en marge de la reprise mondiale. "Sans changement de politique, la croissance potentielle de l'Europe pour les dix années qui viennent sera autour de 1,3 à 1,5% par an. Il nous faudrait alors des années pour retrouver les niveaux de chômage d'avant-crise", résume l'économiste français Christian de Boissieu, qui intervenait ce week-end lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Loin de pouvoir afficher des taux de croissance comparables à ceux des pays émergents, l'Europe risque d'être largement distanciée, faisant craindre qu'elle ne soit réduite à "un lieu de culture et de tourisme", selon Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, organisateur de la réunion. Pour y remédier, la première étape consiste à réduire les déficits publics, s'accordent à reconnaître les intervenants des Rencontres. "Il faut passer par une phase d'austérité avant de redéboucher sur une croissance saine", résume l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Ce nécessaire assainissement des finances européennes passe par une meilleure coordination. "La priorité, c'est qu'il y ait un vrai débat franco-allemand sur les divergences, et non ce dialogue constant et vain que l'on constate", plaide M. Védrine. Pas question pour autant de laisser le redressement des comptes publics peser sur une potentielle reprise de la croissance. L'économiste et essayiste français Jacques Attali plaide ainsi pour la mise en place d'un "accélérateur" à côté du "frein". "Nous avons une chance inouïe : nous n'avons pas de bons du Trésor européens, l'UE n'a pas de dette", résume-t-il, militant pour que l'Europe se dote d'une capacité d'emprunt de l'ordre de "10% de son PIB". Même idée chez le patron d'EADS Louis Gallois, qui se prononce également pour un "grand emprunt" européen, une proposition qu'a reprise le Cercle des économistes dans sa déclaration finale. Pour préparer l'avenir, l'Europe doit en effet pouvoir continuer à investir - dans l'innovation, dans les technologies vertes, dans l'éducation. "Il faut innover, il faut être en avance d'un temps", insiste l'ancien Premier ministre français Alain Juppé. "L'innovation et les services sont décisifs", renchérit M. Gallois. "La désindustrialisation des Etats-Unis n'a pas touché les secteurs des très hautes technologies, car ils ont su attirer l'intelligence mondiale". Pour rebondir, l'Europe doit "changer de modèle de croissance", résume M. Juppé. Rappelant l'importance des questions de développement durable et d'écologie, M. Védrine appelle à "un bond géant en matière d'innovation dans ce domaine" : "si ce n'est pas nous qui le faisons, ce seront les pays émergents." Reste à trouver le moyen d'articuler ces deux priorités - assainissement des finances et investissements dans l'avenir - a priori antinomiques. Une difficulté qui semble à nouveau accréditer l'idée d'une nécessaire refonte des politiques européennes, selon l'économiste Agnès Bénassy-Quéré : "l'UE manque de cohérence entre sa stratégie à court et moyen termes, centrée sur la réduction des déficits, et celle de long terme, qui cherche à promouvoir l'investissement dans l'économie de la connaissance". "Rétablir une certaine cohérence des objectifs à divers horizons devrait être la priorité de la coordination intra-Union européenne", conclut-elle. afp(); www.francebourse.com | 7/4/10 1:22 PM
L'�conomie mondiale n'est pas � l'abri d'une rechute
L'économie mondiale n'est pas à l'abri d'une rechute, affirment des économistes au terme d'une semaine qui a vu cette crainte ressurgir sur les marchés, mais le principal risque qui guette la planète est celui d'une croissance durablement molle. "Nous sommes au bord d'une déflation planétaire comme on n'en a jamais vu depuis un siècle et demi", a lancé samedi l'essayiste français Jacques Attali lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence (sud de la France). Interrogé par l'AFP sur les craintes de voir le monde retomber dans la récession dont il vient de sortir, il précise: "les risques sont là, si on ne change pas de politiques, on va dans le mur". Alors que la reprise, tirée par les pays émergents, s'était renforcée ces dernières semaines, des mauvaises nouvelles en cascade ont jeté une ombre sur les perspectives économiques. Après la crise de la dette en Europe, ce sont la solidité de la croissance chinoise et la santé de l'économie américaine qui inquiètent les places boursières. "Il y a encore des menaces qui planent sur la croissance mondiale", acquiesce Laura Tyson, de l'Université de Berkeley (Californie). "Avec l'accélération des politiques d'austérité en Europe, je crains qu'il n'y ait pas assez de soutien pour le secteur privé, alors que c'est nécessaire après une crise financière majeure comme celle que nous venons de vivre." Pour cette économiste américaine, la consommation des ménages et l'investissement privé ne sont pas encore assez forts, aux Etats-Unis, pour prendre le relais des plans de relance. "Nous avons échappé au pire, mais il reste beaucoup d'interrogations", explique à l'AFP l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Rodrigo de Rato. Selon lui, les pays occidentaux "doivent poursuivre l'effort de nettoyage du système bancaire". Parallèlement, "l'Europe doit prendre des mesures pour renforcer son potentiel de croissance" et "les Etats-Unis doivent adopter une stratégie de réduction de la dette publique sur le moyen terme", ajoute-t-il. Sans aller jusqu'à prédire une nouvelle récession mondiale, Laura Tyson redoute que le dynamisme des pays émergents ne suffise pas à tirer une reprise vigoureuse. "Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon demeurent une très grosse part de l'économie mondiale, et si la croissance de chacune de ces régions s'avère très lente pendant quelques années, c'est toute la planète qui s'en ressentira", prévient-elle. Certains experts, comme Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cépii), jugent que les dirigeants ne s'en sortent pas si mal et devraient réussir à sauver la reprise. "En 2010, la demande américaine est encore très soutenue par le plan de relance, tandis que l'impact sur la croissance des plans de réduction des déficits en Europe ne doit pas être surestimé", estime-t-elle. "La question, c'est 2011. Mais je pense qu'on suivra le bon scénario, où on ajuste d'abord les finances publiques en conservant une politique monétaire très accomodante." Le tout est de savoir à quoi ressemblera cette reprise. "Nous risquons de nous orienter vers une croissance molle, une croissance à la japonaise", affirme Philippe Trainar, économiste du réassureur Scor. Le spectre du Japon, englué dans la déflation, ce phénomène de baisse des prix qui ruine les perspectives de bénéfices des entreprises et dissuade les investissements, ressurgit dans les propos de Jacques Attali. "Il y a un risque de japonisation de la planète, c'est un vrai risque qui pourrait se matérialiser assez vite", dit-il. "Mais nous ne sommes pas condamnés à ça, on peut l'éviter en traitant le problème des fonds propres des banques et en réduisant la dette publique." afp(); www.francebourse.com | 7/4/10 11:17 AM
Les jeux vid�os peuvent-ils �tre de l'art?

Le célèbre critique de cinéma américain Roger Ebert avait écrit en avril dernier un article intitulé «Les jeux vidéos ne pouront jamais être de l'art». Trois mois et 1.480 commentaires plus tard, Ebert en a écrit un autre, où il synthétise et discute ces réactions.

Il y estime qu'il n'aurait pas dû afficher son opinion publiquement puisqu'il ne connaît rien aux jeux vidéos:

J'ai été un idiot de mentionner les jeux vidéos. Je ne donnerais jamais mon opinion sur un film que je n'ai pas vu. Et pourtant j'ai déclaré comme une vérité l'idée que les jeux vidéos ne pourraient jamais être de l'Art. Je le pense toujours, mais je n'aurais jamais dû le dire. Il vaut mieux garder certaines opinions pour soi.

Il cherche ensuite à définir le mot «Art» pour savoir si les jeux vidéos pourraient en faire partie, sans parvenir à une définition satisfaisante, et donc sans parvenir à répondre à sa question. Le dernier des blogs estime en fait qu'Ebert et ses contradicteurs sont passés à côté du sujet.

Pour lui, ces derniers ont évalué le jeu vidéo comme potentielle oeuvre d'art en prenant comme référence le cinéma et son esthétique, alors que «si le jeu est intéressant en tant que création artistique, ce n'est pas en tant que piètre imitation de formes connues de l'art, c'est dans sa spécificité propre, c'est à dire dans le rapport qui s'établit entre le joueur et le jeu, un rapport d'implication».

Certes les jeux vidéos ont développé leur propre culture visuelle et musicale (depuis le pixel jusqu'aux efforts d'hyper-réalisme actuels). «Mais l'essence du jeu vidéo en tant que création capable de provoquer des sensations ou des sentiments chez le joueur, son matériau principal, c'est bien l'action de jouer», estime le blogueur.

Le problème est que parler de jeu suppose un but à atteindre, explique-t-il, célébrant du coup Sim City comme «le premier chef d'œuvre du jeu vidéo, puisqu'il échappe à ce but sportif [...] un jeu sans perdant, sans gagnant et presque sans fin». Mais pour lui, l'intérêt des jeux vidéos est «dans ce qui précède l'accomplissement de ce but, c'est à dire dans le fait de jouer».

[Lire les deuxbillets de Roger Ebert, et celui du Dernier des blogs]

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Photo de une: Photo: Présentation du jeu Final Fantasy XIII / Reuters

A LIRE EGALEMENT SUR SLATE: Les jeux vidéos sont-ils une perte de temps? et Le jeu vidéo est l'avenir du cinéma, par Jacques Attali.

www.slate.fr | 7/3/10 5:00 PM
Jacques Attali: je souhaite la d�faite des Bleus

Au lendemain du  match perdu contre le Mexique, après les  insultes et les palinodies pathétiques des joueurs, des entraineurs et des dirigeants français, on a eu droit aux simagrées de la classe politique, expliquant que, malgré tout, il fallait  espérer en la victoire des Bleus, et que, d'ailleurs, il leur restait une petite chance.

Une petite chance de quoi? De voir ces médiocres, arrivés en Afrique du Sud grâce à un acte d'anti-jeu, restés en s'insultant les uns les autres, passer un peu plus de temps dans les palaces locaux aux frais de la Fédération?

Pas question: je souhaite leur défaite le mardi 22 juin contre l'Afrique du sud. Cette défaite aurait trois avantages.

D'abord, elle nous  débarrasserait de tous ces médiocres, (joueurs, entraineurs, et dirigeants), qui, ayant construit une équipe indigne de porter le maillot bleu, devraient avoir ensuite la décence de démissionner sans attendre d'être virés.

Ensuite, elle donnerait une ultime joie aux Sud-Africains, qui font tant d'efforts pour bien recevoir leurs hôtes, qui ont dépensé des fortunes pour que les gens riches venus d'Europe ne manquent de rien, qui se sont sacrifiés pour pouvoir supporter leurs joueurs, qui, eux, jouent à fond chacun de leurs matchs.

Enfin, parce qu'elle  fonctionnerait comme un signal d'alarme et permettrait de réfléchir, au-delà du football, à ce travers français, qui consiste à vivre sur ses acquis, à se contenter de ses gloires antérieures, à ne pas comprendre que tout est sans cesse remis en cause, que la gloire est le pire ennemi de la puissance. Et la nostalgie le pire poison de l'avenir.

Tout à commencé avec le lamentable coup de boule de Zidane. Tout a continué avec la honteuse main de Henry. Déjà, on aurait du sévir. Rien, ni alors, ni maintenant.

Rien n'est plus triste que de voir ministres, dirigeants de l'opposition, qui se disputent sur tout, s'unir pour souhaiter, une fois de plus, la survie provisoire de l'illusion française. Comme on les voit, ailleurs, s'obstiner à ne pas parler des vrais enjeux économiques, géopolitiques, technologiques du pays, jusqu'à ce que ceux-ci nous rattrapent.

Puisse une élimination honteuse de cette équipe pitoyable lors de cette Coupe du Monde de football nous réveiller et nous pousser à tout faire pour ne pas subir une autre élimination, bien plus terrible encore, dans le gigantesque affrontement géopolitique, dont nous vivons aujourd'hui en spectateur les commencements.

Jacques Attali

LIRE EGALEMENT SUR LES BLEUS:   Les journalistes, ces ennemis, Le général Domenech sur sa ligne Maginot, Le logiciel France a quitté inopinément... veuillez relancer l'application et Nous sommes tous des Irlandais.

Image de Une: Le Mexicain Cuauhtemoc Blanco marque le deuxième but de son équipe contre la France Adnan Abidi / Reuters.

www.slate.fr | 6/20/10 2:48 PM
Crise : De la Dette Publique ou du Contrat Social ??
« L'essentiel, c'est de rester gai. C'est un moyen que j'ai préconisé contre la peste. Il n'y a qu'à voir les pauvres. Pourquoi meurent-ils en masse ? Parce qu'ils sont tristes. »
Alain Minc, Jacques Attali, Chirac - Médecin du Régent (1715-1723) (1)
Soyons gais ! Sans crouler de rire toutefois : l'heure est grave.
Mais comment s'en empêcher, lorsqu'on apprend que les petits marquis, politiciens enrubannés de nos cours (...) - Analyses / Sécurité Sociale , Politique économique , Santé www.legrandsoir.info | 6/15/10 11:10 AM
La galaxie des gueux !
"Tous ruinés dans 10 ans !" Au delà du titre apocalyptique ce qui interpelle c'est l'identité de l'auteur, Jacques Attali. Membre de l'élite auto proclamée il a contribué de près (Conseillé du Prince, Président de la BERD) ou de loin (catalogue de propositions majoritairement d'essence ultra libérales) à l'accomplissement de sa prophétie. Sans jamais, à aucun moment, remettre en cause le dogme, il évite bien entendu de préciser que ceux qui subissent ne (...) - Economie / yahoo publication www.agoravox.fr | 6/12/10 8:10 AM
� Tous ruin�s dans dix ans ? �, essai de Jacques Attali sur la dette publique
Je viens de lire le livre de Jacques Attali (un des trois récemment paru), intitulé « Tous ruinés dans dix ans ? ». Le titre est accrocheur et alarmiste mais pas vraiment approprié au contenu. Il traite en fait de la dette publique, remontant d'abord aux tréfonds de l'histoire pour en tirer des leçons, avec une vision quasi-philosophique, par des exemples variés. Il décrit ensuite la situation inédite dans laquelle se trouvent les nations occidentales suite à la crise (...) - Economie / Finances , yahoo publication , Crise financière www.agoravox.fr | 6/12/10 7:57 AM
Les �missions� pass�es au crible

Les 9.500 euros de rémunération de Christine Boutin, ancienne ministre du Logement et de la Ville, pour une mission sur les conséquences sociales de la mondialisation ont suscité l'indignation à gauche comme à droite. Pour mener à bien sa  mission, elle dispose en outre d'une voiture avec chauffeur et de 22.000 euros de rémunération pour ses quatre collaborateurs. Mais afin de mettre un terme à la polémique, elle a annoncé jeudi 10 juin qu'elle renonçait à sa rémunération.

Le Monderevient sur l'opacité de ces pratiques. L'article souligne une recrudescence des «missions» depuis 2007 et en recense une dizaine. Interrogé par le quotidien à ce sujet, le député René Dozière, spécialiste du budget de l'Elysée fait la distinction entre deux types de missions:

Soit on les confie à des gens qui ont besoin de gagner leur vie, et qui sont alors rémunérés, soit, le plus souvent, on fait appel à des personnalités, des anciens ministres, qui ont déjà des revenus et qui acceptent de travailler bénévolement. En revanche, on les dote en moyens humains et matériels.

Le Monde rappelle que très peu de textes encadrent ces pratiques. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche,Valérie Pécresse, a d'ailleurs fait voeu de plus de transparence en la matière. Elle a réclamé que soit établie et publiée une liste des missions et de leurs rémunérations.

Rue89 passe lui au crible les différentes missions et met face-à-face les moyens mis à disposition des chargés de mission et les résultats obtenus. L'article établit une typologie qui distingue politiques, patrons, et experts. Tous nient avoir perçu une quelconque rémunération. En revanche pour certains, des locaux et du personnel ont été mis à disposition.

Parmi les politiques, on retrouve l'ancien Premier ministre Alain Juppé qui a dirigé deux missions. La première menée en collaboration avec Michel Rocard portait sur le grand emprunt et la seconde qui a débouché sur la publication d'un Livre Blanc sur la politique étrangère.

Yves Jégo, ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer avait lui été mandaté pour promouvoir les produits Made in France.

Interrogé au sujet de ces missions d'études à Cuba ou en Corée du Nord Jack Langa déclaré ne pas avoir touché un centime. Quant aux résultats de ces missions, elles n'ont pas abouti à la publication d'un rapport, mais il affirme en avoir rendu compte au Président.

Denis Olivennes, ancien PDG de la Fnac, directeur du Nouvel Observateur, fait partie des patrons sollicités pour des missions. Son rapport sur «la protection des oeuvres culturelles» sur Internet a été suivi d'effets puisqu'il a servi de base à la loi Hadopi.

Rue89 cite par ailleurs les experts comme Michel Wieviorka, sociologue, et responsable d'une mission sur la diversité dans l'enseignement supérieur, Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires), qui reconnaît lui qu'environ 10.000 euros ont été versés au Cran pour une mission sur le racisme et le communautarisme. Tous revendiquent les apports concrets de leurs missions.  Jacques Attali, président de la Commission pour la libération de la croissance (et cofondateur de Slate.fr) est à l'origine de 316 propositions concrètes. Jean-Marie Colombani, directeur de Slate.fr a déclaré à Rue89 que son rapport sur l'adoptionétait «devenu une politique, même si certains projets pour la réhabilitation de l'adoption nationale n'ont pas encore vu le jour».

Deux personnes manquent à l'appel. Rue89 explique avoir contacté en vain Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture au sujet de son rapport sur le livre numérique. Quant au chanteur Gilbert Montagné, chargé d'une  mission sur le handicap visuel, il n'a pas repondu aux sollicitations des journalistes.

[Lire l'article du Monde iciet celui de Rue89 ]

Photo: La ministre française du logement et de la ville Christine Boutin quitte le Palais de l'Elysée à Paris après le conseil des Ministres hebdomadaire. REUTERS/Charles Platiau

www.slate.fr | 6/11/10 9:02 AM
Missions pour l'Etat : tous b�n�voles, sauf Boutin

Alain Juppé, Jack Lang, Jacques Attali : comme Christine Boutin, l'Etat leur a confié une mission. Tous gratuitement.

Alain Juppé, Christine Boutin, Jack Lang et Jacques Attali (Rue89 et Reuters).

en lire plus

www.rue89.com | 6/10/10 7:05 PM
��La croissance est la seule fa�on de r�gler la dette�� (Jacques Attali)
La seule façon. Y en a pas d’autre. La réduction des dépenses publiques, non. Related posts:Dette publique : Nicolas Bouzou remet la croissance à sa place !« Augmenter le déficit public n’est pas forcément un mal si le coût de ce dernier et de la dette qui va avec est inférieur aux gains obtenus en matières de [...] Related posts:
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  3. Conférence sur les déficits publics : Sarkozy mise sur la croissance
www.lecri.fr | 6/9/10 2:49 PM
BD : Une br�ve histoire de l'avenir, tome 2, de Jean-Pierre P�cau, Damien
Une breve histoire de l avenir tome 2Jean-Pierre Pécau poursuit l'adaptation en BD d'Une brève histoire de l'avenir, d'après Jacques Attali. Découvrez dès aujourd'hui le second tome de cette série illustrée par Damien et éditée chez Delcourt. Présentation éditeur : "2032. Tom semble se ranger ; Jack poursuit sa carrière de mercenaire ; Mary s'enfonce un peu plus dans la drogue ; quant à Paul, ses travaux prennent de l'ampleur..."

culture.froggytest.com | 6/9/10 7:33 AM
La Commission Attali vise 2,5% � 3% de croissance d'ici 2020
Réduire l'endettement de la France sans augmenter les impôts et réformer le marché du travail: tels sont les deux priorités du nouveau rapport sur la croissance dont Jacques Attali a fait, mardi, un premier compte-rendu.

rss.feedsportal.com | 6/8/10 5:31 PM
Attali veut un "plan catastrophe" pour �viter la faillite
- PARIS, 8 juin (Reuters) - La France a besoin d'un "plan catastrophe" pour redresser ses finances publiques et éviter une faillite qui surviendrait si elle perdait la confiance des prêteurs, a déclaré mardi l'économiste Jacques Attali.Interrogé sur un risque de "faillite" de la France, le président... -



www.lesechos.fr | 6/8/10 5:14 PM
Jacques Attali invit� du Talk
L'économiste et écrivain, président d'Attali et Associés (A&A) et de PlaNet Finance, président de la Commission pour la libération de la croissance française, sera l'invité du Talk Orange-Le Figaro ce mardi, à 18h. Posez-lui toutes vos questions. » La réforme des collectivités locales à l'Assemblée www.lefigaro.fr | 6/8/10 7:22 AM
Attali: d�sintoxiquer les banques

Une des formes les plus classiques et les moins faciles à déceler de dopage consiste à se réinjecter son propre sang. Selon les médecins, cette méthode permet d'augmenter la capacité d'endurance grâce à une amélioration du transport d'oxygène. Les globules rouges sont en bien plus grand nombre dans un sang prélevé au moment où l'athlète est reposé.

C'est très exactement ce qu'on fait les banques depuis deux ans. Dans un premier temps, confrontées à des risques majeurs de liquidité, elles ont obtenu des Etats des aides passagères, sous forme d'augmentation de capital ou de prêts.

Autotransfusion

Mais en réalité, comme aucun nouvel impôt  spécifique n'a été levé pour financer cela, les Etats ont emprunté pour pouvoir verser cet argent aux banques. Mais à qui les Etats ont-ils emprunté? A ceux qui voulaient bien leur acheter leurs bons du Trésor, c'est-à-dire, en premier lieu, aux mêmes banques, qui pouvaient leur prêter puisque leurs fonds propres étaient reconstitués.

Autrement dit,  les banques ont, dans leurs passifs, de l'argent prêté par les Etats, et, dans leurs actifs, le même argent prêté aux Etats. Autrement dit encore, les banques financent elles-mêmes leur sauvetage par les Etats.

Aujourd'hui, elles cherchent à cacher la présence de ces bons et obligations, si fragilisés, dont elles étaient auparavant si fières. En particulier, nul ne sait plus très bien en Europe dans quelles banques se trouvent les 2.600 milliards de dollars de bons du Trésor émis depuis le début de la crise par les Etats.

Un tel dopage a atteint aujourd'hui ses limites. Les Etats sont trop endettés pour émettre plus de bons du Trésor. Et les banques comprennent qu'elles ne peuvent plus se financer ainsi par leur propre effet de levier. Tous devinent que ce système ne peut pas durer.

Les banques, à court de liquidité, se tournent alors vers les Banques centrales, qui leur fournissent à bas coût l'argent que les banques peuvent ensuite prêter aux gouvernements. Un peu comme un drogué, qui ne peut plus utiliser son propre sang, devenu inefficace, et qui a recours à du sang artificiel, fabriqué par une machine. De la création monétaire pure.

Jusqu'à ce que l'on se rende compte que l'argent que fournit la Banque centrale aux banques privées, peut ne pas être remboursé et que les Banques centrales peuvent enregistrer des pertes, qui devront, ultimement, être financées par les actionnaires des Banques centrales, c'est-à-dire les Etats. Ce qui signifie que les Etats devront alors, une fois de plus, emprunter sur les marchés, c'est-à-dire en particulier aux banques, de quoi financer les pertes qu'elles auront créées. Ce détour de plus n'aura donc rien changé.

On n'échappe donc pas à la nécessité de désintoxiquer les banques, c'est-à-dire de régler leur problème de solvabilité et pas seulement de liquidité. Et de les financer par autre chose que de l'emprunt, c'est-à-dire par des actionnaires. Et si nul actionnaire  privé ne se révèle capable de financer l'amélioration nécessaire des fonds propres des banques, les contribuables devront devenir les actionnaires.

C'est pour ne pas affronter ce moment de vérité qu'on continue à laisser croire que la croissance réglera toutes les difficultés. Si elle n'est pas au rendez-vous, la désintoxication sera sévère. Elle marquera, comme pour toute personne privée confrontée à un tel problème, le commencement de l'espoir, de la responsabilité et du respect de soi.

Jacques Attali

À LIRE ÉGALEMENT SUR LE MÊME SUJET: Attali-Minc: la facture de la crise n'est pas payée, L'Europe rase gratis et Banques: nationalisez les toutes!

Photo: les banquiers américains convoqués à la Maison Blanche par Barack Obama / Reuters

www.slate.fr | 6/7/10 3:53 AM
Un dimanche plein de "pr�-jug�s "� Sciences Po
La journée fut tout à fait surréaliste ce Dimanche passé à Sciences-Po Paris, durant les Assises de la Lutte contre les Préjugés. L'intervention finale fut assurée comme à l'habitude par le grand maître souvent requis en de telles circonstances, Monsieur Jacques Attali (Conseiller des Présidents et logiquement Président lui-même de, Planète Finance…). Il invita ainsi à étendre les pouvoirs du Tribunal Pénal International afin d'accroître l'application de la (...) - Société / Politique , Information et Médias , Paris , Chômage , Religions , Racisme , Justice , Parité , Citoyenneté , Désinformation , Philosophie , Discriminations , Christianisme , Rémunération des patrons , Système universitaire , François Bayrou , François Fillon , Krach boursier , Parti Socialiste , Laïcité , Géopolitique , Crise financière , France : dictature molle ? , polémique , Culture , UMP www.agoravox.fr | 6/1/10 8:51 AM
Grand Paris maritime: "C'est maintenant ou jamais", selon Attali

L'économiste Jacques Attali a souligné jeudi l'urgence de lancer dans la pratique le volet maritime du Grand Paris en appelant les responsables normands à maintenir la pression sur l'Etat, notamment pour la réalisation d'une ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV).

"C'est maintenant ou jamais", a déclaré l'ancien conseiller de François Mitterand en présentant au Havre le rapport sur le sujet qu'il vient de rédiger pour les Chambres de commerce et d'industrie locales.

www.france24.com | 5/27/10 10:06 PM
Grand Paris maritime: "C'est maintenant ou jamais", selon Attali
L'économiste Jacques Attali a souligné jeudi l'urgence de lancer dans la pratique le volet maritime du Grand Paris en appelant les responsables normands à maintenir la pression sur l'Etat, notamment pour la réalisation d'une ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV). www.tv5.org | 5/27/10 9:59 PM
Au prix d'une crise, s'enrichir autrement
Un "nouvel" écrivain, qui manifestement ne fût en rien lié aux Pouvoirs Elyséens depuis plus de vingt ans, vient donc de publier « Tous ruinés dans dix ans ? » .Bien sûr, nous avons peine à croire que cela le concerne, en personne. On le dit d'une intelligence hors du commun et d'une culture dense. Nous le pensons volontiers. Il se nomme Jacques Attali. L'on dit aussi qu'il fît une « sortie » très remarquée un samedi soir chez le journaliste et si grand (...) - Société / Politique , Cinéma , Chômage , Catastrophe , Quelle télé ? , Festival , Citoyenneté , Elections , Finances , Censure , Prospective et futur , Médias , Destabilisation , Christianisme , Coupe du monde , Précarité , Rémunération des patrons , Lobbies , Présidence Sarkozy , France profonde , Cinquième Pouvoir , Travail , François Fillon , Abstention , Krach boursier , Liberté d'expression , Géopolitique , Affaire des Frégates de Taïwan , Principe de précaution , Crise financière , France : dictature molle ? , régime , Affaire Polanski , Démocratie , Démocratie www.agoravox.fr | 5/26/10 8:50 AM
Attali: �c'est un plan catastrophe qu'il nous faut�
ÉCONOMIE - Auteur d'un livre sur la dette publique, l'essayiste Jacques Attali répond aux questions de 20minutes...

20min.fr | 5/25/10 9:19 AM
Attali: �c'est un plan catastrophe qu'il nous faut�
ÉCONOMIE - Auteur d'un livre sur la dette publique, l'essayiste Jacques Attali répond aux questions de 20minutes... www.20minutes.fr | 5/25/10 9:19 AM
Attali: "c'est un plan catastrophe qu'il nous faut"
Auteur d'un livre sur la dette publique, l'essayiste Jacques Attali répond aux questions de 20minutes. www.e24.fr | 5/25/10 9:00 AM
La r�forme des retraites r�ussit � Fr�d�ric Tadd��
Chaque soir de la semaine, Frédéric Taddeï s'installe en seconde partie de soirée sur France 3, avec son magazine Ce soir (ou jamais !), et reçoit différentes personnalités, afin d'évoquer l'actualité.
Ce mercredi 19 mai, Jacques Attali et Laurent Fabius étaient ainsi à ses côtés, pour parler, notamment, de la crise grecque et de la réforme des retraites. Deux sujets qui ont intéressé plus de 830 000 curieux, soit 7.5% du public présent devant son écran de télévision. Il s'agit là de « la troisième meilleure audience de l'année » (...) www.toutelatele.com | 5/20/10 9:31 AM
La Gr�ce en proie au n�o-euro-colonialisme

Tous nos articles sur la crise grecque et le plan de sauvetage européen sont accessibles ici.

Pour le moment, les marchés ont été apaisés. Les émeutes à Athènes ont faibli. Ce week-end, seules «quelques centaines» de manifestants sont descendus dans les rues. Quand le violent incendie d'une banque, la semaine dernière, a fait trois morts, ils étaient au nombre de 50.000. Mais cette trêve temporaire se paye au prix fort. Et pas seulement d'un point de vue financier.

J'ai, posée devant moi, une version préliminaire de la dernière «décision» en date du Conseil de l'Union européenne au sujet de la Grèce. Il ne s'agit pas d'un document secret. Les journaux en ont publié des extraits; le Parlement grec a déjà décidé d'adopter certaines de ses dispositions. Par ailleurs, une décision similaire — quoique moins complète — avait été publiée en février. Mais bien que ces décisions soient publiques, personne n'évoque encore vraiment leurs implications politiques.

En effet, nous n'avons pas affaire à un document ordinaire émanant de la bureaucratie de l'UE: il s'apparente plutôt au genre de papiers qu'un maréchal qui se rend signe dans un wagon en pleine forêt au terme d'une guerre sanglante.

Les sacrifices grecs

L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) vont débloquer plus de cent milliards d'euros pour sauver la Grèce. En échange, ce pays acceptera de non seulement réduire son énorme déficit public, mais d'adopter, d'ici juin 2010, pas moins de 17 mesures juridiques et budgétaires! Entre autres choses, le Conseil de l'UE déclare que la Grèce devra réduire les «bonus de Pâques et des vacances d'été et de Noël» des fonctionnaires et retraités; augmenter les taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool; réduire les frais de fonctionnement des administrations locales et adopter une loi pour simplifier la création d'entreprises.

Une fois que tout ça sera fait, la Grèce «devra», d'ici septembre 2010, satisfaire neuf exigences supplémentaires, parmi lesquelles une réforme des retraites qui élève l'âge de la retraite à 65 ans (contre en moyenne 61 ans actuellement). D'ici décembre 2010, la Grèce «devra» prendre encore 12 mesures, dont l'une implique l'utilisation des médicaments génériques dans le système de santé national. D'autres délais sont fixés à mars 2011, juin 2011 et septembre 2011. Si le gouvernement grec veut continuer de recevoir les liquidités qui lui sont indispensables pour fonctionner, il va devoir faire passer toutes ces lois. Une à une.

Il est évident que ces mesures sont nécessaires. Je dirais même plus, elles auraient dû être appliquées depuis longtemps déjà. Mais peut-être fallait-il en arriver là pour convaincre le Parlement grec de les adopter.

Hélas, en Grèce, les émeutes violentes sont devenues un moyen acceptable d'exprimer son opinion politique. Par ailleurs, le cruel esprit partisan qui caractérise la politique nationale pousse chaque gouvernement à défaire l'œuvre de son prédécesseur. Dans ce contexte politique, comment un gouvernement peut-il aisément repousser l'âge de la retraite de quatre ans ou éliminer les bonus de Noël des fonctionnaires?

364 ou 16.974 piscines à Athènes?

Dans cette décision, il y a pourtant quelque chose de nouveau. L'Union européenne a toujours exigé de ses Etats membres qu'ils lui cèdent une part de leur souveraineté. Aujourd'hui, la Grèce n'en a plus beaucoup. Il est vrai que les accords du FMI imposent également certaines conditions, mais le langage utilisé n'est pas tout à fait le même: le pays endetté sollicite de l'aide, le FMI répond à cet appel. Tandis que l'UE, elle, décide de ce que «devra» faire la Grèce. Qui eût cru que l'UE avait tant de pouvoir sur ses Etats membres? Certainement pas les Grecs.

Quelles que soient les promesses faites par Athènes, le respect de ce calendrier juridique plus que chargé ne sera guère chose aisée. Dans l'histoire moderne, la Grèce a été occupée par des forces étrangères : l'Empire ottoman, l'Allemagne nazie. Certains Grecs appellent déjà leurs compatriotes à résister aux nouvelles forces d'occupation de l'UE et du FMI. Il se peut que cette résistance prenne des formes plus subtiles que les émeutes qu'a connu le pays. Après tout, à Athènes, 364 personnes ont déclaré au fisc la possession d'une piscine (les photos satellite indiquent pourtant qu'il en existe 16.974). Si une taxe ou une réforme juridique est perçue comme étant imposée par une autorité étrangère, il se peut que les Grecs ne la respectent pas.

Enfin, bien que personne ne le dise en ces termes, l'exercice visible du pouvoir de l'Union sur la Grèce servira aussi de mise en garde pour les Etats qui voudront à l'avenir entrer dans la zone Euro.

Si vous respectez les règles, être membre de l'Union européenne reviendra à faire partie de la plus grande et la plus prospère des économies du monde. Mais si vous ne les respectez pas, vous risquez de tomber sous une occupation financière étrangère.

Nous n'avons pas encore nommé ce phénomène presque passé inaperçu (pourquoi pas le néo-euro-colonialisme?). Mais il est bien réel.

Anne Applebaum

A lire sur la crise grecque et le plan de sauvetage:
L'Europe rase gratis
, par Jacques Attali
Il faut renforcer l'intégration européenne
, par Jean-Marie Colombani
Aide et austérité ne sont pas suffisants
, par Eric Le Boucher

Photo: Manifestation contre les mesures d'austérité, à Athènes, le 5 mai 2010. Pascal Rossignol/REUTERS

www.slate.fr | 5/13/10 6:57 AM
Jacques Attali: L'Europe rase gratis

Pour avoir, depuis des mois, appelé à la mise en place d'une Agence européenne du Trésor, capable d'émettre des bons du Trésor européens, je ne peux que me réjouir de la formidable avancée que représente la décision de Bruxelles. L'Europe, et c'est heureux, a choisi de sortir par le haut. Les technocrates ont rempli leur vraie mission, qui est de rendre possible ce que souhaitent les politiques.

En tout cas une partie de leur mission. Car ni les uns ni les autres n'ont rempli leur véritable devoir, qui est de sortir de l'engrenage de la dette.

Après avoir basculé, par le G20, de la dette privée à la dette publique, voici qu'on bascule, banque centrale après banque centrale, de la dette publique à la planche à billet. La BCE aura été la dernière à résister.

Certes, l'inflation n'est pas immédiate, mais la dette se creuse. Et la façon de la financer est de plus en plus virtuelle. Rien n'est dit en effet dans l'accord de Bruxelles sur la façon dont seront financés les 60 milliards d'euros pris dans le budget de la commission. Rien n'est dit non plus sur la façon dont les 400 autres milliards seront trouvés puisqu'il s'agit de contributions facultatives des pays membres; rien n'est dit encore sur la façon de contraindre les pays de l'Union européenne à réduire dès maintenant leur dette souveraine.

Rien n'est dit sur la maîtrise de la spéculation, qui va continuer à faire des profits pour compte propre avec l'argent des autres.

Pour l'instant, tout se passe comme si les Etats, résignés, acculés, se soumettaient chaque jour davantage aux marchés, en leur empruntant de plus en plus de cordes pour se faire pendre. Il est encore temps de l'éviter. Et, pour une fois, il ne faudrait pas attendre qu'il soit trop tard pour le décider.

L'Union européenne doit prendre immédiatement l'engagement de mettre œuvre un contrôle direct des dépenses de tout pays dont la dette dépasserait le seuil de 90% du PIB (Produit intérieur brut) et dont le service de la dette dépasserait 40% des revenus fiscaux. Si l'Union ne prend pas dès maintenant ces engagements, le FMI (Fonds monétaire international) interviendra et l'Union explosera, en raison de l'intervention des autres.

Cette menace de perte de souveraineté sera la meilleure façon de faire comprendre l'urgence d'un rétablissement des finances publiques. Pour éviter ces désastres, il faut agir très vite. Et massivement. Autrement dit, ce ne sont pas de plans de rigueur dont les pays de l'union ont besoin aujourd'hui, mais de plans-catastrophe.

Jacques Attali

LIRE EGALEMENT: Le déficit doit être détruit avant qu'il nous détruise, Quand la dette devient une question de société et Il faut renforcer l'intégration européenne .

Image de Une: Lingots d'or Reuters

www.slate.fr | 5/11/10 4:55 AM
Connaissez-vous la Fabrique Op�ra?

Pendant que des distributeurs français de films se couvrent de ridicule en tentant, dit-on, de faire interdire la diffusion en direct dans les salles de cinéma françaises des opéras du Metropolitan Opera de New York sous prétexte que leur succès concurrence dangereusement leurs films, on assiste, partout, comme on pouvait le prévoir, à une victoire du spectacle vivant.

La formidable aventure de la Fabrique Opéra à Grenoble, en constitue un exemple. Et comme on ne parle jamais des bonnes nouvelles, dans aucun domaine; et comme on ne s'intéresse jamais à ceux qui réussissent en venant de l'extérieur du système, laissez-moi vous parlez d'eux, comme un exemple de la dynamique française.

Tout part de l'initiative d'un brillant chef d'orchestre, Patrick Souillot, qui fut l'assistant de Leonard Bernstein, et qui, en plus de sa carrière internationale, dirige l' orchestre symphonique universitaire à Grenoble, où se mêlent d'excellents professionnels et de très grands amateurs, étudiants ou professeurs de cette ville universitaire. Je l'ai rencontré il y a plusieurs années, quand il a eu l'idée de me proposer de diriger son orchestre. J'ai  alors découvert un formidable pédagogue, un musicien magnifique, un homme très généreux. Il est devenu un ami. J'ai dirigé depuis, chaque saison, avec lui, un programme différent, avec une extrême jubilation. (Le prochain sera Mozart et Strauss).

Non content de mener, sans l'aide de personne, un formidable programme de concerts de musique symphonique, Patrick Souillot a entrepris d'intéresser à la musique classique les jeunes générations de tous les milieux. Et il a compris que la meilleure façon d'éviter qu'ils la ressentent comme élitiste et imposée est de les associer à sa fabrication.

Des décors à la promotion

D'où le projet de «La Fabrique»: chaque année, depuis mars 2007, sans aucun soutien des élus locaux (hormis le conseil général de l'Isère), la Fabrique choisit un opéra (successivement Flûte enchantée, Traviata, West side story, Don Giovanni). Et il le monte dans une très grande salle populaire de la ville (le Zénith de Grenoble). Les lycéens des établissements techniques (plus de 450 élèves et apprentis)  fabriquent les costumes, les décors, réalisent coiffures et maquillages, et assurent une partie de la promotion, par  des actions pédagogiques, encadrés par des professionnels internationaux. Les danseurs et les chœurs amateurs de la ville participent à la distribution avec de grandes stars internationales. A la fin, des spectacles de très grande qualité.

Le projet est un immense succès: en quatre jours, chaque année, plus de 10.000 personnes, de tout milieu, viennent à l'opéra. Plus de la moitié d'entre eux n'avait jamais vu un opéra ou un concert de musique classique. Le financement est assuré à 80% par la billetterie, 10% par des mécènes privés et seulement 10% par des subventions publiques.

On ne peut imaginer plus exemplaire: sans pratiquement aucun argent public, avec beaucoup d'enthousiasme, et un effort pédagogique tout au long de l'année, des cités entières découvrent que l'opéra, la «grande musique», ne leur est pas interdit. Et mieux, que cela leur plaît, évidemment: car la musique, cette voie d'accès unique à la beauté et à l'excellence, est accessible à tous. Et plus encore, le succès de la Fabrique fournit une preuve de plus de la prédominance du spectacle vivant sur tous les autres, du temps partagé sur le temps stocké.

Faire tomber les barrières des conformismes

De nombreuses initiatives de ce genre sont lancées chaque jour en France, dans d'autres domaines, sociaux artistiques, sportifs, écologiques, économiques. C'est par leur multiplicité qu'on peut juger le dynamisme d'un pays. C'est à leur reconnaissance par les autorités publiques, et par leur généralisation qu'on pourra organiser son avenir.

Faites connaître ces expériences, aidez à les généraliser lorsqu'elles ont connu le succès. C'est ainsi que nous prendrons conscience du formidable privilège que représentent d'être là où nous sommes, au moment où nous y vivons. C'est ainsi que nous ferons tomber les barrières des conformismes, qui menacent de mort notre pays.

Jacques Attali

Photo: Quatuor / leafar via Flickr License CC by

www.slate.fr | 5/9/10 10:50 AM
Payez-vous S�gol�ne Royal pour 7.500 euros minimum

Vous voulez un discours de Ségolène Royal lors de votre prochain séminaire ou conférence d'entreprise? Il vous suffit de mettre la main à la poche et de verser entre 7.500 et 12.499 euros à Speakers Academy.

Cette entreprise néerlandaise, qui se présente comme le «plus grand bureau européen de conférenciers», arrive en France, comme le rapporte l'Express, et met à la disposition de ses clients près de 150 personnalités francophones. «La première conférence programmée avec Ségolène Royal doit avoir lieu cet automne et concernera les énergies propres», a indiqué son PDG, Albert de Booy, au magazine. L'Express précise que la présidente de Poitou-Charente, si elle est un véritable produit d'appel de l'entreprise, n'est pas l'intervenante la plus coûteuse:

La prestation de la candidate du PS en 2007 coûtera moins qu'une intervention de Bernard-Henri Lévy, de Jacques Attali ou de Gérard Depardieu (entre 12.500 et 50.000 euros); davantage qu'une allocution des sportifs Edgar Grospiron et Catherine Destivelle (entre 5.000 et 7.499 euros).

Les conférenciers stars français tiennent en tous cas une place de choix sur le site de Speakers Academy: on y retrouve de grandes photos de Jacques Attali (cofondateur et actionnaire de Slate.fr), Ségolène Royal ou BHL en une. Très fonctionnel, il permet d'effectuer sa recherche par nom, par budget ou encore par domaine d'activité. Un site qui n'est pas du goût de tout le monde, à commencer par Laurent Mauduit de Mediapart:

On savait certes que cela existait. Que des intellectuels se livraient à semblable commerce, ainsi que des hommes politiques à la retraite ou en mal d'estrade. Il n'empêche... A découvrir ce site, comme une vente aux enchères, où l'on peut soupeser, presque tâter la marchandise que l'on va se payer, étudier tous les CV qui y sont détaillés, cela ne présente pas, c'est le moins que l'on puisse dire, la version la plus reluisante du débat d'idées ou de la vie publique.

Parmi les autres stars internationales que tout un chacun peut se payer, à condition d'en avoir les moyens évidemment: Alain Robert, l'homme-araignée qui escalade les plus grands édifices du monde, l'ancien arbitre international Pierluigi Collina, le champion d'échecs Gary Kasparov, le cosmonaute Buzz Aldrin ou encore la joueuse de tennis Martina Navratilova.

[Lire les articles sur Mediapart et lexpress.fr]

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Photo de une: Ségolène Royal avant une interview sur le plateau de TF1, 12 novembre 2008/REUTERS/Christophe Ena/Pool

À LIRE ÉGALEMENT SUR SLATE.FR: Sarah Palin, la star qui exige des pailles dans ses bouteillesTrès chère Sarah Palin et

www.slate.fr | 5/5/10 9:52 AM
��Il faut prendre de s�rieuses mesures de r�duction de la d�pense publique��
Jacques Attali. Related posts:« Faire de la réduction de la dépense publique la priorité des priorités »Réunion publique sur la dépense publiqueLe quotidien de la dépense publique Related posts:
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www.lecri.fr | 5/4/10 4:36 PM
Gr�ce: l'Europe a aggrav� la crise

Il est certes un peu tôt, mais on peut tout de même tirer un premier bilan de la crise grecque et de la façon dont l'Europe -flanquée du FMI (Fonds monétaire internationale)- a répondu. On peut dire avec certitude, comme Lorenzo Bini Smaghi, administrateur italien de la BCE, dans une tribune publiée par le Corriere della Sera, que l'Europe a répondu avec retard. Et ajouter avec Christine Lagarde que plus on attend, plus cela coûte.

Traduire: un engagement de prêter une centaine de milliards d'euros à la Grèce pris en janvier ou février aurait très certainement cassé la spéculation. Ces prêts -car il ne s'agit en aucun cas de subventions- n'auraient peut être même pas été utilisés dans leur totalité, car si l'Europe avait paru déterminée, les marchés n'auraient pas insisté, les taux d'intérêt grecs auraient baissé et Athènes aurait pu trouver des refinancements sur les marchés. Evidemment, le gouvernement grec n'aurait sans doute pas dans ces conditions pris des mesures de redressement aussi sévères. Mais cela aurait limité la récession grecque, qui verra cette année son produit national brut reculer de 4%, chiffre à comparer au -0,3% prévu en janvier, lors de l'adoption du premier plan grec.

Une action décidée envers la Grèce aurait pu en outre dissuader les marchés d'appuyer là où cela fait mal et d'attaquer, après la Grèce, les autres maillons faibles de l'Eurozone... Aujourd'hui, rien ne dit qu'ils ne tenteront pas l'aventure. Et dans ce cas, l'Europe n'aura d'autre choix que d'apporter encore son soutien aux pays attaqués. Enfin, une action plus rapide aurait pu permettre de gagner du temps: les marchés auraient eu moins d'arguments pour exiger que les états diminuent très vite leur dette publique alors que l'on sort à peine d'une crise financière qui nécessite l'utilisation des stabilisateurs automatiques.

Comment éviter un effondrement de l'activité plus grave encore si l'on taille dans les dépenses sociales en faveur des chômeurs? Or les économies développées se trouvent précisément placées en ce moment devant ce dilemme: soutenir la demande interne en aidant les ménages et les entreprises ou mener des politiques de remise en ordre budgétaire. Mieux aurait valu éviter de se trouver contraint par la mauvaise gestion d'une crise mineure -il faut rappeler que la Grèce ne représente que 2% du Pib européen...- à presser le mouvement. Aujourd'hui, les économistes sont nombreux à dire qu'il est urgent de restreindre la dépense publique, mais la crise grecque a augmenté l'inquiétude et risque de forcer les gouvernements à agir plus tôt que prévu.

Comme le dit encore Lorenzo Bini Smaghi, «Cette crise peut servir à pousser les états, pendant qu'il en est encore temps, à assainir leurs comptes publics, et l'Europe à se doter d'institutions plus efficaces».

Mais justement, sur le plan des institutions européennes, l'Union aura-t-elle encore la force de réagir et de renforcer sa cohésion? On le verra après le 9 mai, lorsque les élections clé en Allemagne seront passées. La  crise grecque a démontré que les 27 pays de l'Union sont contraints à l'Union. La suite logique du plan de soutien à la Grèce serait donc de réfléchir à des mécanismes d'aide et à un renforcement de la coordination dans la zone euro. D'autant plus que, avec le plan d'aide, tous les états membres de l'euro sont désormais en charge de l'ensemble de la dette publique européenne. La tragédie grecque aura peut être alors permis à l'Union européenne de surmonter ses tentations centrifuges pour resserrer les rangs. Peut être -mais seulement peut-être - les Européens unis diront-ils un jour merci à la crise grecque...

Marie-Laure Cittanova

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Image de Une: Une bannière devant l'Acropole «Peuples d'Europe, levez-vous» Pascal Rossignol / Reuters

www.slate.fr | 5/4/10 10:28 AM
Jean-Fran�ois Cop�: Soutenir la Gr�ce, c?est soutenir l?Europe

Depuis septembre 2008, personne ne peut ignorer ce qu'il en coûte de laisser tomber un acteur important de l'économie, même s'il s'est mis lui-même dans une mauvaise situation. Chacun a gardé en tête les conséquences de la faillite de Lehman Brothers. L'effondrement de la banque américaine a donné un coup d'accélérateur dramatique à la crise financière dont nous sentons encore les effets avec violence aujourd'hui. En évitant la faillite de Lehmann, les autorités américaines n'auraient sûrement pas arrêté la crise mondiale, mais elles auraient limité la brutalité de la perte de confiance sur tous les marchés financiers du monde à l'automne 2008. Dans nos économies modernes, la défiance est devenue le pire ennemi de la croissance.

Avons-nous tiré les leçons de cette funeste expérience? C'est le moment de le montrer. Car un scénario voisin semble se répéter aujourd'hui. La bulle d'endettement en cause n'est plus celle des ménages américains, c'est celle des Etats européens. Le maillon faible n'est plus une banque. C'est un de nos partenaires, la Grèce. Le système menacé n'est plus l'ensemble du système bancaire international, c'est la zone Euro. Et à travers elle, soyons lucides, c'est l'Europe qui est directement attaquée, comme puissance économique et politique.

Pour l'Europe, c'est en effet l'heure du grand test. Une défaillance grecque aurait des conséquences incalculables.

- D'un point de vue politique, ce serait un aveu d'échec adressé à tous les citoyens européens et au-delà à toutes les autres puissances de la planète. Aux yeux de tous, notre projet politique fondé sur la solidarité entre les peuples perdrait une large part de sa crédibilité.

- D'un point de vue financier, ce serait le début d'une période de trouble inquiétante dans la zone Euro. Certains évoquent le risque d'un effet domino. C'est une hypothèse qu'on ne peut plus exclure même s'il ne faut pas mettre sur le même plan la Grèce et les autres pays européens: Espagne, Portugal, Irlande. Ces pays ne sont pas confrontés aux mêmes défis. Ce ne sont pas les finances publiques qui sont le point de départ des problèmes ibériques. Avant la crise et l'explosion de sa bulle immobilière, l'Espagne avait une politique budgétaire raisonnable. On ne peut pas dire la même chose de la Grèce: les tricheries de ses gouvernants d'hier sont les premiers responsables de ce qui lui arrive aujourd'hui.

La faute et le châtiment

La crise grecque force les dirigeants des pays de l'Union européenne à la clarté et au courage, notamment face à leurs opinions publiques respectives. Même si je le regrette, je constate que c'est souvent dans les crises et dans l'urgence que l'Europe est capable de révéler le meilleur d'elle-même. Voilà pourquoi je souhaite que les Européens adoptent au plus vite le plan de soutien qui permettra à la Grèce de faire face à ses prochaines échéances. Il faut rapidement montrer aux spéculateurs qu'ils n'obtiendront pas gain de cause en s'attaquant à l'euro.

Oui, c'est la Grèce elle-même qui a cassé la confiance des marchés en maquillant ses comptes publics pendant des années. Cela est indéniable, même si on peut aussi mettre en cause la mansuétude de toutes les instances qui auraient dû tirer le signal d'alarme bien avant. Par le passé, les autorités européennes comme les acteurs financiers -à commencer par les banques et les agences de notation- n'ont pas contesté les chiffres grecs, malgré leurs invraisemblances. On s'est même rendu compte que certains avaient largement tiré profit des désordres d'Athènes... Nous devons tirer toutes les leçons de ces dérives pour empêcher à l'avenir les «petits arrangements entre amis» qui ont permis le contournement de toutes les exigences comptables. Nous devons aussi retenir que lorsque la croissance est là, le pacte de stabilité n'est pas une brimade inutile, mais la condition sine qua non pour la survie de notre union monétaire. Cette leçon vaut notamment pour notre pays, qui doit viser au plus vite la réduction de ses déficits et se donner une règle constitutionnelle pour tenir l'équilibre de ses finances publiques.

Certains vertueux considèrent que la faute grecque mérite un châtiment et qu'il ne faut pas fausser le jeu du marché. Ils justifient leurs positions avec des arguments frappés au coin du bon sens: en venant aux secours de ceux qui ont dépensé sans rigueur en mentant sur la réalité de leur déficit, on risque d'encourager les comportements budgétaires irresponsables. On favorise en effet ce que les assureurs appellent l'aléa moral. Un individu assuré par d'autres a tendance à prendre davantage de risques qu'un individu qui doit lui-même assumer les conséquences financières de ses actes...

Une question d'intérêt

On peut comprendre qu'une partie importante de l'opinion allemande accepte difficilement l'idée de prêter de l'argent à la Grèce. Ceux qui se sont serrés la ceinture pendant des années en mettant en œuvre des réformes structurelles très profondes renâclent à payer les pots cassés par d'autres. Surtout lorsque ces derniers ont fait preuve d'insouciance pendant des années et que, même au cœur de la crise, ils tardent à faire des efforts aussi exigeants que les Allemands.

On en revient toujours à l'indémodable fable de La Cigale et de la Fourmi. A une nuance près... Et de taille! Dans la fable, la fourmi n'a pas d'intérêt personnel à aider la cigale. Or, dans la situation européenne, nous sommes tous directement liés les uns aux autres. Si l'appel à la solidarité européenne ne suffit pas, il faut alors avoir en tête qu'aider la Grèce, c'est aussi notre intérêt direct!

D'une part, les banques allemandes et françaises sont très exposées en Grèce. La France détient 52 milliards € de bons de trésor grecs et l'Allemagne 30 milliards €. Si Athènes n'honorait pas ses engagements, nous risquerions de repartir dans la spirale de défiance interbancaire qui a paralysé toute notre économie à l'automne et l'hiver 2008.

D'autre part, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d'une crise de l'Euroland alors que tous nos efforts doivent être tendus vers le retour de la croissance et de l'emploi.

Il est évidemment moins enthousiasmant de faire appel à la raison plutôt qu'au cœur, afin de rappeler l'urgence du plan de soutien à la Grèce. Mais nous devons prendre acte du fait que l'eurobéatitude n'est plus à l'ordre du jour. Ni en France, ni en Allemagne. Soutenir la Grèce aujourd'hui, tout en tirant les leçons pour éviter qu'une même histoire se reproduise à l'avenir, c'est montrer que l'Europe n'est pas une incantation ou une étoile morte. Alors que de nouveaux géants émergent à l'échelle de la planète, il est temps de refuser la sortie de l'Histoire que certains promettent à notre continent...

Jean-François Copé

Photo: REUTERS/Yiorgos Karahalis

À LIRE ÉGALEMENT SUR LA GRÈCE: Egoïste dette souveraine, par Jacques Attali ; Les agences de notation complices de la spéculation ; L'euro est-il condamné? ; Grèce-Allemagne: la cigale et la fourmi

À LIRE SUR L'ALLEMAGNE: La série de chroniques de Jean-François Copé: Pourquoi l'assurance maladie allemande est en bonne santé ; Les Allemands prouvent que les déficits ne sont pas une fatalité; Comment sauver les retraites dans un pays vieillissant?; Les leçons du modèle allemand en matière d'emploi; Faire converger les politiques industrielles en France et en Allemagne et Rapprocher l'Allemagne et la France, ça devient vital

www.slate.fr | 5/2/10 12:14 PM
Jacques Attali: la d�pression mondiale est devant nous

Pendant que les agences de notation continuent d'oser donner leur avis sur une crise qu'elles ont contribué à provoquer par leur laxisme, pendant que les dirigeants européens continuent de tout faire pour ne rien prêter à la Grèce, tout en prétendant le contraire, pour garder leurs ultimes ressources pour leurs propres banquiers, pendant que la crise financière avance à grands pas, des millions de gens continuent de perdre leur emplois à travers le monde, et menace une récession pire que celle de 2008.

Vain G20

Pendant ce temps, le G20 continue à ne servir à rien. Après les discours ronflants qui avaient précédé et suivi les premiers G20, à Londres et à Pittsburgh, les réunions suivantes sont passées de plus en plus inaperçues. Jusqu'à celle de Washington, la semaine dernière, qui fut un échec total. Cette indifférence s'explique aisément: presque plus personne n'en attend quoi que ce soit.

Et pourtant, depuis qu'on a, avec tant de fanfares, lancé ce nouveau forum, qui devait installer une véritable gouvernance mondiale, bien des choses ont été promises par les dirigeants de ces pays, entre deux photos et trois conférences de presse: installer une réglementation financière pour contrôler la spéculation; obliger les banques à augmenter leurs  fonds propres; faire disparaitre les paradis fiscaux; contrôler les bonus; distinguer les activités spéculatives de la gestion de l'épargne; faire en sorte, enfin, que les instruments d'assurance ne servent plus à faire des paris. Le G20, promettait-on, allait rendre moral le capitalisme.

Le retour du chacun pour soi

De tout cela, il ne reste rien. Plus personne même n'en parle. Ou, plus précisément, chacun n'en parle plus que pour lui-même. Les Etats-Unis tentent, dans la grandeur de leurs institutions  démocratiques, de mettre à nu un système dont ils n'ont pas les moyens de contrôler l'évolution, dans le seul but de sauver leur propre système bancaire. Les Européens gardent en fait leur argent pour financer leurs propres déficits, et ne veulent pas le voir disparaître dans le puits sans fonds de la dette grecque, puis espagnole. Et les Chinois, de réunion en réunion, font valoir leurs nouveaux pouvoirs.

Une fois de plus, la dette souveraine est au cœur de la géopolitique. C'est elle qui dicte l'avenir des nations. C'est elle qui pousse au chacun pour soi.

Il faut bien comprendre ce qui se joue là. Une véritable dépression mondiale est devant nous. Non par les nécessités de l'économie. Mais par la lenteur, la myopie, l'égoïsme, de ceux qui conduisent le monde en ces moments difficiles. Les victimes seront d'abord les Européens, parce qu'ils sont divisés,  parce qu'ils ne réalisent pas l'urgence, parce que les chefs de gouvernement européens ont mieux à faire que de se réunir autour du 10 mai! Puis viendra le tour des Américains, parce qu'ils sont cigales. Puis le reste du monde suivra, parce que nul ne pourrait survivre à la faillite de la moitié la plus riche du monde.

Une urgence: muscler l'UE

Il est encore possible de l'éviter. Avec beaucoup d'audace. Il est temps, pour les Européens, de comprendre l'urgence de leur unité: ils sont le maillon faible du monde. Il est temps de penser à mettre en œuvre à l'échelle du monde ce qui a été soi-disant décidé dans les précédentes réunions du G20. Sinon, il ne restera bientôt plus rien à faire que de mettre en place une caisse d'amortissement planétaire de la dette mondiale, comme on l'a fait en 1930 pour la dette allemande, alors qu'il était déjà trop tard pour éviter la catastrophe.

Le prochain sommet du G20, à Ottawa, à la fin du mois de juin (précédé du New York Forum, où se retrouveront les principaux dirigeants des plus grandes entreprises mondiales), sera le sommet de la dernière chance. Il importe de le préparer très vite, très sérieusement. Si on ne veut pas qu'il ressemble à un repas de funérailles.

Jacques Attali

À LIRE ÉGALEMENT: Attali-Minc: la facture de la crise n'est pas payée , Plaidoyer pour l'inflation , et Le déficit doit être détruit avant qu'il nous détruise .

Photo: le cadran à New York qui mesure en temps réel la dette de l'Etat fédéral américain Shannon Stapleton / Reuters

 

www.slate.fr | 4/29/10 8:02 AM
Jacques Attali: le d�ficit doit �tre d�truit avant qu'il nous d�truise (M�J)

La crise grecque et la défiance croissante sur les marchés à l'égard de la dette souveraine de ce pays de la zone euro, les attaques grandissantes contre le Portugal et l'Espagne sont autant d'illustration de la deuxième vague de la crise financière qu'annonçait Jacques Attali l'an dernier. Il mettait en garde contre les déficits publics incontrôlés et notamment celui de la France. Nous republions cet article.

 

Il fut un temps lointain, il y a plus de 21 siècles, où un homme politique romain, Caton dit «l'Ancien», terminait tous ces discours devant le Sénat de la ville par une phrase restée dans la mémoire collective comme le symbole de l'obsession en politique: « Carthago delenda est» («Carthage doit être anéantie»). Et comme, dans l'action publique, pour être efficace, il faut toujours répéter les choses un nombre incalculable de fois, il finit par obtenir gain de cause. Carthage, la grande et unique rivale de Rome, la ville-état phénicienne, au bord de la Méditerranée, sur l'emplacement d'un quartier de l'actuel Tunis, la ville dont la reine Didon assura la gloire, finit par être incendiée, détruite, rasée; les rares survivants furent vendus comme esclaves et son emplacement fut recouvert de sel.

Cette répétition constante d'une idée fixe, d'une ambition nécessaire, mériterait d'être aujourd'hui reprise à propos du déficit budgétaire: «le déficit doit être anéanti». Il faut le répéter sans cesse, à toute occasion, parce que nul ne l'entend et nul ne comprend que ce déficit est devenu, depuis 1993, une folie suicidaire, dont les responsables sont à gauche comme à droite, et qui entrainera un jour, si on ne réagit pas vite, le pays dans un déclin dont il ne se relèvera plus. Il faut détruire le déficit avant qu'il ne nous détruise, comme il fallait détruire Carthage avant que Carthage ne détruise Rome.

Aujourd'hui, personne ne semble prendre au sérieux cette menace. Que l'annonce d'un déficit prévisible de plus de 8% en 2009 comme en 2010 n'ait pas déclenché de scandale est hallucinant. Qu'on annonce, sans que nul ne le relève, que la Sécurité Sociale est insolvable et que, pour lui permettre d'emprunter encore, on va transférer sa dette sur une caisse d'amortissement, sans donner à cette caisse un seul sou pour faire face à ses échéances, est encore plus hallucinant.

Le pays ne veut pas voir qu'il va dans le mur, pour le seul bénéfice d'hommes politiques incapables de faire des économies budgétaires, ou d'augmenter les recettes, et  pour qui l'invention de nouvelles dépenses reste l'occupation favorite. Et les citoyens d'aujourd'hui sont assez lâches pour tolérer qu'on reporte ainsi sur les générations suivantes le poids des efforts qu'ils refusent de faire pour conserver leur bien être.

Pourtant, les choses sont claires: Aujourd'hui, le déficit budgétaire atteint prés de 9% du PIB (Produit intérieur brut) soit 30% du budget. Imagine-t-on cela? Près du tiers du budget est  consacré à payer des dépenses du passé par des recettes de l'avenir! Aucun ménage, aucune entreprise, ne survirait dans ces conditions. Bientôt, notre dette  publique dépassera le montant de la richesse nationale annuelle. Et bien plus encore même, si on compte nos obligations de santé, de retraite, et de dépendance.

Jusque maintenant, la baisse des taux d'intérêt mondiaux a permis de le cacher en stabilisant le service de la dette autour de 2,5% du PIB. Mais cela n'est qu'une illusion: quand ces taux remonteront (car, évidemment, ils remonteront un jour, à moins d'enlever aux Banques centrales leur unique moyen d'action sur l'inflation et les taux de change), le piège du service de la dette se refermera sur la France comme la corde autour du cou d'un pendu: un point de hausse des taux d'intérêt, ce sera plus de 10 milliards de service de la dette. Si le coût de la dette  publique en France passe de 3% à 7%  ce qui est tout à fait possible,  il faudra  lui consacrer  chaque année 100 milliards d'euros, soit 5,2% du PIB et 28% du budget. Et comme on n'en aura pas les moyens, faute de recettes fiscales, cette dépense nouvelle s'ajoutera au déficit, qui dépassera alors largement la moitié du budget, comme c'est déjà le cas dans certains autres pays.

On maudira alors la classe politique, qui, pour ne pas prendre le risque d'etre provisoirement impopulaire, aura reculé devant les réformes difficiles, et en particulier devant les inévitables hausses d'impôts; on maudira les plus anciens; et, pour finir, on renversera du sel sur le tombeau de notre grandeur.

Jacques Attali

Lire également: Dette publique, le plus dur est à venir.

Image de Une: Reconstitution de Carthage

 

www.slate.fr | 4/29/10 5:39 AM
Goldman Sachs: vous avez dit conflit d'int�r�ts?

La morale et les affaires ne font pas bon ménage. C'est une découverte pour personne. Les banques prennent des positions pour leur propre compte qui ne sont pas forcément celles de leurs clients. Mais cela est-il passible des tribunaux? C'est la grande question de l'affaire Goldman Sachs, qui ne d'ailleurs fait que commencer. Marquera-t-elle le grand déballage et l'ouverture du grand procès des conflits d'intérêts poussés à leur limite par les firmes de Wall Street au cours des années euphoriques de 2005 à 2007?

Les auditions de Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, et six autres salariés ou ex-salariés de la firme ont eu lieu mardi 27 avril devant une sous-commission du Sénat américain. Les dirigeants de la banque ont farouchement défendu leur conduite avant et pendant la crise financière devant des sénateurs américains sceptiques. «Je n'ai pas trompé» les investisseurs, a assuré Fabrice Tourre, le courtier français au coeur des accusations de fraude portées contre la grande banque d'affaires. «Et je me défendrai au tribunal contre cette fausse accusation», a ajouté le jeune directeur exécutif (31 ans).

Un monde et une époque sur le banc des accusés

Derrière la plainte déposée à la mi-avril par la SEC (Securities and Exchange Commission, le gendarme américain des marchés) contre l'établissement le plus emblématique de la planète financière et les révélations opportunément médiatisées par la sous-commission des finances du Sénat sur ses pratiques et l'apparente cupidité de ses dirigeants, c'est le procès d'un monde et d'une époque qui s'ouvre. Pour mieux l'exorciser?

Qui pouvait mieux que «Government Sachs» (un surnom synonyme d'Etat dans l'Etat résumant le pouvoir de la plus puissante banque d'affaires de Wall Street) résumer les pratiques, réelles ou fantasmées de la finance créative et folle qui auraient conduit le monde au bord du gouffre? Ce mélange des genres le plus abouti avait fini par assimiler Goldman Sachs à un gigantesque hedge fund (fonds spéculatif), jouant ses fonds propres et au passage les milliards de dollars que le Trésor américain lui a prêtés au coeur de la crise -sur ses propres hypothèses d'évolution et d'anomalies des marchés (obligations, immobilier, dettes souveraines...) tout en continuant de servir et conseiller ses clients. Quitte à se faire soupçonner de privilégier ses propres intérêts -en jouant très tôt l'effondrement du marché des subprimes- aux dépens de ses clients à qui les équipes de Goldman Sachs continuaient au même moment de faire acheter ces produits.<

Difficile donc de s'étonner de l'avalanche de révélations, à quelques heures des auditions des représentants de la banque par la sous-commission des finances du Sénat américain, tendant à démontrer qu'au cours de l'été 2007 Goldman Sachs se glorifiait des dizaines de millions de dollars gagnés en pariant sur la baisse des crédits immobiliers à risques.

L'affaire Goldman Sachs marque de ce point de vue la mise en accusation d'une époque où la plupart des firmes de Wall Street, dans l'ambiance euphorique, ont mélangé les rôles et les genres, à la fois teneurs de marché et vendeurs de produits financiers intéressés aux mécanismes qu'elles mettaient elles mêmes en place. Peut-on penser pour autant que la mise à jour de ces pratiques et d'éventuelles sanctions prises pour réparer les dommages provoqués permettront de tourner définitivement une page? Il est largement permis d'en douter.

Dans l'immédiat,  la ligne de défense choisie par les stratèges de Goldman Sachs pourrait paraître un peu courte. Nier avoir cherché à parier contre ses clients et à jouer l'effondrement du marché des produits immobiliers, démontrer que la banque a perdu jusqu'à 1,7 milliard de dollars nets en 2008 sur le marché immobilier résidentiel américain et expliquer que ses clients étaient des professionnels suffisamment avertis pour savoir quels types de produits leur était vendus consiste à rester prudemment sur le terrain de la technique financière. Et imaginer sortir de la nasse moyennant une substantielle amende.

En soupçonnant les sénateurs de vouloir lui faire un procès en sorcellerie et de s'être déjà fait un avis définitif sur la question avant même d'avoir engagé les auditions, la banque vient toutefois de reconnaître elle-même que les accusations contre elles tourneront au procès politique autrement plus dangereux. Car à servir d'icône sacrificielle pour permettre à l'administration Obama de prendre l'opinion publique à témoin de sa volonté d'en finir avec les démons du système financier, la banque a beaucoup plus à perdre. Sa réputation, la confiance de ses clients et finalement la solidité de son fonds de commerce. Il lui sera difficile d'échapper à cette menace.

Le procès de relations incestueuses

Derrière la mise en accusation de certaines de ses pratiques, c'est avant tout le procès des relations incestueuses cultivées de longue date par la banque d'affaires avec les administrations successives de Bush à Obama qui a conduit à voir partout la main de «Government Sachs». Les témoignages ne manquent pas pour illustrer ces relations étroites. Du recrutement de l'ancien président de la SEC, Arthur Levitt, en qualité de conseiller à ceux de Robert Rubin et Henry Paulson, tous deux anciens Secrétaires au Trésor sous des administrations de couleur politique différente. Jusqu'à Timothy Geithner, actuel Secrétaire au Trésor, accusé par certains de ses détracteurs, de «travailler pour Goldman Sachs». Ce sont ces mêmes relations incestueuses qui expliqueraient, aux yeux de ses procureurs,  le fait que la banque, à l'issue de la crise, a largement profité de la disparition de ses concurrents les plus comparables dans leur modèle (Lehman Brothers qui a fait faillite, Bear Stearns ramassée par JP Morgan) ou rachetés par d'autres (Merrill Lynch).

Il sera difficile de dissocier ces constats de ceux consistant à dire que le Trésor américain, bien qu'il s'en défende, a permis à Goldman Sachs de gagner beaucoup d'argent sur les marchés avec l'argent public qu'il lui a prêté et lui a évité de prendre de plein fouet la faillite du premier assureur américain AIG secouru par l'Etat fédéral.

Depuis, ce même Trésor a laissé repartir de plus belle la surenchère des bonus et les prises de positions. Mais Goldman Sachs a peut-être cru un peu trop à sa toute-puissance. Et sous estimé le réalisme politique de l'équipe Obama soucieuse de trouver tous les bons arguments pour pousser sa réforme financière. Et mettre Goldman Sachs au banc des accusés est sans doute le meilleur moyen de mettre enfin le holà aux conflits d'intérêts qui auront symbolisé l'exubérance irrationnelle de toute une époque.

Philippe Reclus

À LIRE ÉGALEMENT SUR GOLDMAN SACHS: Goldman Sachs, l'arme fatale d'Obama , Jacques Attali: Goldman, le volcan et nouset Comment les banques américaines ont failli nous ruiner.

Photo: Le siège de Goldman Sachs au 85 Broad Street dans le quartier de la finance à Manhattan. Brendan McDermid / Reuters

www.slate.fr | 4/28/10 8:20 AM
S�n�gal: Jacques Attali au colloque sur "investissement et d�veloppement d'une m�tropole r�gionale"
L'intellectuel et économiste français Jacques Attali a participé dimanche au Cap-Skiring au colloque international sur "investissement et développement d'une métropole régionale" organisé dans le cadre du festival de Ziguinchor, a-t-on appris de source informée. fr.allafrica.com | 4/26/10 9:07 AM
Le volcan, l'Europe, la France, nous... 86 jours plus tard

Cet article de Philippe Boggio est une fiction, une anticipation, mais toute ressemblance avec des personnages existants ou des événements qui pourraient arriver n'est pas fortuite...

***

Mardi 6 juillet 2010. 86e jour de l'ère volcanique. La nouvelle vie terrestre s'organise tant bien que mal. Les habitudes changent peu à peu dans l'hémisphère nord, surtout sa partie européenne, avec des conséquences en cascade dans l'hémisphère sud. Comme les scientifiques demeurent incapables de déterminer la date de l'extinction de l'Eyjafjöll, les habitants de la planète s'en remettent aux prédictions les plus fantaisistes, très en vogue sur les sites de paris en ligne. Sur leurs blogs, certains évangélistes affirment même que le volcan ne s'éteindra pas tant que le péché restera en activité au cœur des hommes.

Des dizaines de caméras retransmettent en permanence des images du site islandais, ce qui fait qu'on quitte rarement l'épais nuage des yeux. Dans les bars, les vues aériennes des volutes de fumée tiennent compagnie aux consommateurs, entre deux matchs de foot ou deux courses hippiques. Les vues du chaos de glace, de feu et de cendres sont utilisées comme générique des journaux télévisés sur de nombreux networks.

D'autres capteurs vidéo ont été installés dans le village de Vik, au pied du Katla, le volcan voisin de l'Eyjafjöll, dont on craint l'éruption, par réaction en chaîne. Dans un tel cas, certains habitants ne disposeraient que de 20 minutes pour s'enfuir devant l'avalanche de glace et de lave qui s'effondrerait alors sur eux. CNN établit plusieurs liaisons quotidiennes avec l'équipe que la chaîne a dépêchée aux abords du glacier. Toutefois, les vulcanologues estiment que le Katla peut aussi bien se réveiller dans cent ans.

La forme d'une pieuvre

Toutes les enquêtes d'opinion montrent que nos contemporains préfèrent affronter le fléau qui modifie peu à peu le cours de leurs existences plutôt que de sentir son influence sans le voir. En France, ils sont 72% à plébisciter les nouvelles émissions météos, diffusées en boucle. L'animation qui reproduit le nuage sur les écrans a la forme mouvante d'une pieuvre, recouvrant la carte de l'Europe et de l'Asie centrale. Chaque jour sont publiées les listes et les tracés des corridors aériens valables pour les douze heures suivantes. Les informations sur les destinations ouvertes pour cette durée, qui ont encore accru le succès populaire des réseaux sociaux, tendent à prendre la place des variations boursières sur les déroulants des «breaking news».

Pour les vols de moyens courriers, on ne prend plus un billet, mais un «pass» ou un «tour». Pour relier une ville plus ou moins lointaine depuis l'Europe, les transits intermédiaires sont souvent inconnus des passagers, au départ. Les avions se posent souvent, redonnant aux usagers les plus âgés le plaisir des escales de leurs vols en avion à hélices. Partout, le parc hôtelier augmente, autour des aéroports, et des particuliers louent des chambres au prix fort. En réaction, des collections expliquant «comment voyager malin» sont en préparation chez plusieurs éditeurs européens et américains. Des «groupes» se forment sur Facebook: par exemple, le groupe de ceux qui sont passés par Lomé pour rejoindre Moscou depuis Dublin.

New York - Bordeaux: +3h

Après deux semaines de protestation et de frustration, les candidats au voyage aérien se sont faits peu à peu à l'idée de ne jamais être tout à fait certains de leur date de départ... ou d'arrivée. On se fie à sa bonne étoile. Consulter les cartes des couloirs aériens sur les mêmes supports que la météo est devenue une activité en soi, même par désoeuvrement. Sur Internet, des sites se sont créés qui proposent des projections jusqu'à douze jours, mais les humeurs du volcan ne répondent pas toujours aux calculs mathématiques de ces innovations technologiques.

Le trajet pour New York depuis Bordeaux ou Barcelone — on ne part plus facilement de Roissy, situé trop au nord — prend trois heures de plus en moyenne. La route des super-jets s'incline d'abord vers les Açores, l'ancien chemin aérien pour le Brésil, avant de remonter, le long des Caraïbes. Pour relier l'ouest à l'est, on emprunte désormais la voie du Pacifique, plus rarement, celle, plus compliquée, qui traverse l'Afrique.

Le retour des chantiers navals

Sur le parcours asiatique, cependant, la Chine a rendu payant le survol de son espace aérien, et la Russie envisage de prendre une mesure semblable. L'Iran a finalement accepté que les avions convoyant les troupes américaines de relève vers l'Irak et l'Afghanistan passent dans le ciel de Téhéran. Pour palier ces inconvénients, l'état-major américain est en train de dépêcher autour du Golfe et dans les mers de la région toute une armada de navires et de porte-avions pouvant servir de bases arrière ou de relais.

D'une manière générale, le trafic maritime est en nette croissance. Des sociétés, sous différents pavillons, se sont créées pour assurer le cabotage de passagers ou de fret le long des côtes, sur des courtes distances. Faute d'une législation adaptée, des excès ont été constatés, notamment sur les super tankers, qui tentent d'embarquer des passagers en plus de leur charge de pétrole. Soumis à de nombreuses difficultés économiques depuis les années 80, les ports connaissent une embellie. Les chantiers navals voient leurs carnets de commande se remplir. Les pays possédant une surface maritime importante ou une expérience dans les métiers de la marine profitent indirectement de cette «ère volcanique». Au point qu'il est question que la Grèce puisse voir sa note relevée prochainement par les agences de notation financière.

La flotte d'hélicoptères de la présidence au chômage technique

Le rail profite aussi des limitations imposées aux voyages aériens. Sur les murs des grandes villes apparaissent déjà des campagnes de publicité touristique. «Venez nous voir en train, vous êtes sûr d'arriver», dit l'une de ces affiches, actuellement visible dans le métro parisien. Compte tenu de l'imbroglio pratique que constitue désormais la réunion de n'importe quel sommet international, la commission européenne envisage très sérieusement d'aménager un «Train européen», qui pourrait se déplacer au gré des nécessités de concertation continentale.

En France, le Premier ministre François Fillon impose à ses ministres et aux hauts fonctionnaires de se déplacer en train, ce qui a pour conséquence de limiter les prestations à simple but médiatique ou électoral. Cette décision n'est pas sans poser certains problèmes, du point de vue gouvernemental, les ministres et les préfets étant souvent interrogés voire admonestés par les autres passagers qui les reconnaissent. Il a été vaguement question que la SNCF aménage des cabinets particuliers dans les TGV, mais devant la réaction de la gauche et des syndicats, une telle mesure, surtout si près de la présidentielle de 2012, a été abandonnée. De son côté, le chef de l'Etat paraît avoir renoncé provisoirement à ses déplacements incessants, au grand soulagement de certains de ses conseillers, et ce malgré la flotte d'hélicoptères dont vient de se doter l'Elysée.

Des voyages trop fréquents, d'une façon générale le mouvement perpétuel, tendent à devenir suspects aux yeux des plus conservateurs de nos concitoyens. Les sondages privilégient les hommes politiques ayant sans attendre choisi d'explorer les possibilités offertes à leur action par les nouvelles contraintes à une certaine sédentarisation. Les députés, surpris régulièrement à l'Assemblée, ou au contraire dans leur circonscription, au contact de leurs électeurs; les responsables du PS, penchés plus longtemps que prévu sur leur programme pour 2012; ou Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, retenu par l'étude de ses dossiers, après une année d'inaugurations fastueuses de festivals, aux quatre coins du pays.

Trait de génie

Si elle favorise les tenants d'une économie anti-capitaliste, l'actuelle désorganisation de la planète reste encore énigmatique quant à son évolution définitive. Il est trop tôt pour comprendre, dans les chancelleries comme à Wall Street, si l'éruption volcanique sera une chance pour l'expansion humaine ou au contraire l'introduction à un certain déclin.

Toutes les enquêtes en cours, même celles du FMI, montrent que si certaines activités industrielles et commerciales sont déjà en péril - ce dont la bourse témoigne chaque jour, d'autres se renforcent ou apparaissent. La presse s'est fait l'écho de ces agriculteurs kenyans, spécialistes de la culture de la rose, dont la production flétrissait avant d'atteindre le marché londonien. Après des semaines de défaitisme, ces mêmes producteurs viennent de se lancer, avec l'aide d'une ONG, dans la culture de fleurs plus résistantes et de variétés de cactées dont l'apparition sur les marchés de Notting Hill a suscité un véritable engouement.

Le nuage menaçant venu d'Islande favorise même ce qu'il est permis d'appeler des traits de génie. Ainsi cette attachée de presse marocaine qui a compris avant tout le monde que les stars américaines invitées au récent festival de Cannes n'allaient pas réussir à rejoindre la Côte d'azur d'une seule traite. Avec beaucoup d'aplomb, et l'aide de l'entourage royal, elle a réussi à convaincre les professionnels d'Hollywood et les compagnies aériennes d'accepter le principe d'une escale de 24 heures à Casablanca.

La fête a été si réussie que cette nouvelle filiale du festival cannois sera relancée, l'an prochain, si l'éruption continue. Aux acteurs américains et aux professionnels du cinéma, le film Casablanca, de Michael Curtiz, a été projeté en version originale sous-titrée. L'assemblée a longuement acclamé, debout, la dernière séquence du film, qui, on s'en souvient, se passe sur l'aéroport de la ville.

Philippe Boggio

Photo du 19 avril. REUTERS/Lucas Jackson

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Depuis le 15 avril 2010, le monde a appris à prononcer le nom d'un volcan et d'un glacier islandais: Eyjafjöll et Eyjafjallajokull. Eyjafjöll, endormi depuis 200 ans, s'est réveillé en mars, mais à partir du 15 avril, le nuage de cendres dégagé par l'éruption du volcan a petit à petit paralysé le ciel européen et créé un chaos inédit depuis le 11-Septembre, démontrant s'il en était besoin combien la société occidentale est dépendante des transports, en particulier aériens.

Nous vous proposons de retrouver ici nos articles et revues de web sur le sujet.

LES ARTICLES ET CHRONIQUES

Goldman, le volcan et nous par Jacques Attali
Dans notre monde, un événement apparemment marginal peut avoir des conséquences planétaires considérables. Seule réponse, une gouvernance mondiale. Lire l'article

Accro(c)s au mouvement par Anne Applebaum
On assiste à la revanche des dieux volcaniques. L'éruption du Eyjafjöll ne sera pas sans conséquences économiques mais aussi politiques pour l'Europe. Lire l'article

Remettre le ciel sur les railspar Gilles Bridier
Pour gérer les vols, les structures existantes sont essentielles. Mais le retour à la normale sera très long. Lire l'article

Du principe volcanique de précaution par Jean-Yves Nau
Après la stupéfaction, la catastrophe naturelle islandaise génère une polémique internationale. Lire l'article

La facture s'annonce salée par Gilles Bridier
Les économies modernes découvrent leur impuissance face aux forces naturelles. Tout dépendra de la durée de l'éruption islandaise. Lire l'article

Eyjafjallajokull n'est pas Tchernobylpar Jean-Yves Nau
Le nuage des cendres islandaises n'a rien à voir avec celui de Tchernobyl. Dangereux pour les avions, il semble aujourd'hui sans danger pour les hommes comme pour l'environnement. Lire l'article

LES EXPLICATIONS

Qu'est-ce qu'un nuage de cendres? par Grégoire Fleurot
Et quelles sont les conséquences pour les régions survolées? Lire l'article

A qui profite le nuage?par Margaux Collet
Si le chaos aérien rime avec galère pour certains, d'autres tirent leur épingle du jeu. Lire l'article

À REGARDER

Au pays du nuage25 photos en très grand format sur la situation en Islande.
Depuis que le volcan situé sous le glacier Eyjafjallajokull est entré en éruption mercredi 14 avril au sud de l'Islande, les habitants s'organisent. Evacués par deux fois, ceux qui résident à proximité du cratère subissent tout: inondations, pluies de cendres, ciels sans lumière. Un quotidien aux allures d'apocalypse. Regarder le grand format

Précaution par Denis Pessin

On respire par Denis Pessin

LES REVUES DE WEB

Le live de l'éruption et de ses conséquences sur les transports

Eyjaf... vous pouvez répéter?

Le volcanologue qui a raté l'éruption de sa vie

Un volcan islandais impliqué dans la Révolution française

Les premières photos et vidéos de l'éruption

Photo: Un mélange de vapeur d'eau, de roches et de cendres s'échappe du volcan en éruption près du glacier Eyjafjallajokull, le 19 avril 2010. (L. JACKSON / REUTERS)

www.slate.fr | 4/21/10 9:17 AM
Jacques Attali: Goldman, le volcan et nous

Il est parfois des coïncidences hautement symboliques: au moment même, où, en attente à l'aéroport de La Guardia, New York, d'un avion pour  Washington, j'apprenais que mon retour à Paris le lendemain serait sans doute compromis par l'éruption du volcan islandais, un ami voyageant avec moi me présentait un financier, attendant, lui, un avion pour Boston: John Paulson. L'homme qui a construit une immense fortune en pariant sur l'effondrement de Wall Street, parce que, pensait-on, il avait été l'un des très rares à prévoir la crise des subprimes et à avoir très lucidement parié sur la baisse de certains produits titrisés que les autres financiers s'arrachaient.

C'était quelques heures avant qu'on n'apprenne, ce à quoi, selon la SEC (Securities and Exchange Commission), John Paulson avait joué: faire fabriquer sur mesure par Goldman Sachs un produit titrisé très particulier, dont on va devoir apprendre le nom dans nos livres d'histoire: le ABACUS 2007 AC1, un titre volontairement pourri, regroupant, à la demande express de John Paulson, les crédits hypothécaires les pires, les prêts subprimes faits aux Américains les moins solvables, choisis comme tels, et donc les moins certains d'être remboursés. John Paulson, toujours selon la SEC, pouvait ensuite parier sans trop de risque sur leur chute; ce qu'il fit en achetant massivement des CDS associés à Abacus, c'est-à-dire des paris sur l'évolution de la valeur de ce produit, gagnant ainsi, au moment de son effondrement programmé, beaucoup d'argent (en fait plusieurs milliards de dollars) et une réputation de gourou.

Evidemment, il y a moins de mérite à parier sur l'effondrement d'une maison quand on a soi-même décidé que ses fondations seraient en sable. Et il est criminel, alors, de chercher à la vendre. C'est pourtant ce qu'a fait sa banque, Goldman Sachs, qui, dit encore la SEC, non contente d'avoir fabriquer pour un client ce produit volontairement catastrophique et de gagner beaucoup d'argent pour ce travail, s'est permis de commercialiser Abacus 2007 AC1 auprès de ses clients sans leur dire qu'il avait été conçu pour être le plus mauvais possible! Aux cinéphiles, cela rappellera le scénario de The Producers, le chef d'œuvre de Mel Brooks, dont les héros finissent en prison.

A l'heure où nous parlons, la justice n'inquiète pas John Paulson, qui soutient ne pas avoir été informé de la commercialisation de ce produit par son banquier, et ne pas être responsable du fait que certains ont pu croire à sa  valeur, en se portant contrepartie des CDS émis à son endroit, dont la valeur ne pouvait pourtant que baisser. Et il ne se considère pas davantage responsable de ce que l'effondrement d'Abacus 2007 AC1 participa au démarrage de la panique générale sur les subprimes, déclenchant la crise financière et économique mondiale dont nous sommes très loin d'être sortis.

Le volcan islandais et l'abaque américaine évoluent dans deux mondes très différents; l'un dans celui, très réel, de la nature la plus pure. L'autre dans celui, très abstrait, de la finance la plus virtuelle. L'un indépendant des hommes, l'autre totalement conçu par eux.

Et pourtant, tous les deux renvoient à la même réalité: dans notre monde de plus en plus complexe, un événement apparemment marginal peut avoir des conséquences globales considérables. Le volcan va sans doute accélérer la descente aux enfers des compagnies aériennes et affecter  significativement la croissance européenne. L'abaque va sans doute accélérer la descente aux enfers des banques américaines et affecter significativement les marchés financiers américains et mondiaux. Et en plus, pour les banques comme pour les compagnies aériennes, ce sont encore les contribuables qui vont payer: l'abaque et le volcan seront payés par le contribuable.

Indépendamment des leçons, considérables, qu'il faut tirer de chacun de ces deux événements, pour réduire leurs conséquences, et surtout pour éviter, si on le peut, leur récurrence, il faut surtout réaliser que nous entrons dans un moment extrêmement dangereux pour l'humanité, où tout événement local, humain ou naturel, a désormais des conséquences planétaires, sans que nous ayons encore mis en place les mécanismes globaux de prévention et  de protection.

Tel est aujourd'hui le principal enjeu, que si peu de gens veulent comprendre, et que les hommes politiques, dans chaque pays, font tout pour masquer, pour maintenir l'illusion de leur pouvoir: la nécessité d'une gouvernance mondiale.

Il faut évidemment dès aujourd'hui mettre en place les mécanismes de contrôle financier planétaire pour empêcher de telles turpitudes, aux conséquences planétaires. Il faut aussi, dès aujourd'hui, mettre en place des mécanismes d'alerte météorologique et vulcanologique globale, une conception commune du principe de précaution et adopter de règles globales de sécurité aérienne, planétaires, pour éviter un chaos comme celui qui règne actuellement sur les aéroports.

De nouveaux incidents locaux, aux conséquences planétaires, vont se multiplier, dans tous les domaines. Aussi, plus généralement, faut-il dès maintenant nous habituer à penser monde. Pour tout, en tout.

Jacques Attali

À LIRE ÉGALEMENT SUR GOLDMAN SACHS ET LES CENDRES VOLCANIQUES: Goldman Sachs, l'arme fatale d'Obama, La revanche des dieux volcaniques et Du principe volcanique de précaution.

Photo: Des avions de la Lufthansa cloués au sol Johannes Eisele / Reuters

www.slate.fr | 4/21/10 12:32 AM
Le fabricant de livres �lectroniques Bookeen n?a pas peur de l?iPad
Bookeen semble toujours prêt à se battre avec les gros fabricants de livres électroniques. En 2007, la société a annoncé la sortie de leur premier appareil juste deux semaines avant celle du Kindle d’Amazon . Actuellement en deuxième position sur le marché des livres électroniques en Europe juste derrière Sony , la jeune entreprise va bientôt faire face à l’arrivée de l’iPad en Europe - mais pourtant elle ne semble pas inquiete. La société a été fondée en 2003 par des anciens de Cytale, l’ancienne entreprise de Jacques Attali qui a créé le premier livre électronique en Europe, et est devenue très rapidement un des fabricants majeurs. Contrairement aux produits d’Apple qui font vraiment tout et n’importe quoi, les produits de Bookeen sont uniquement destinés aux lecteurs ; l’écran utilisé par Bookeen ne transmet pas les reflets de la lumière afin d’éviter de fatiguer les yeux et la batterie de leurs livres électroniques est censée durer jusqu’à 3 semaines. Le nouveau modèle, le CyBook Opus, sorti en août 2009, sera dès cette semaine disponible en couleur et non plus seulement en noir et blanc. fr.techcrunch.com | 4/19/10 8:08 AM
Actualit�: FRANCE ISRA�L - SHOAH COMMEMORATION - JACQUES ATTALI A TEL-AVIV AU THEATRE CAMERI POUR PRESENTER SA PIECE DE THEATRE. Jacques Attali revient, 71 ans apr�s, sur la tragique "Nuit de Cristal"

attali Le Théâtre Cameri, en coopération avec l’Institut français de Tel Aviv et Yad Vashem, ont présenté hier la pièce de théâtre « Du cristal à la fumée », écrite par l’économiste et écrivain français Jacques Attali et réalisée pa…

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www.israelvalley.com | 4/10/10 8:34 AM
Attali: Les pauvres d'Asie financent l'Occident

"On n'a pas la science infuse et on n'est sûr de rien, nous sommes 43 personnes de toute origine, de toute nature, de toute conviction", a déclaré sur Europe 1 Jacques Attali, qui préside la commission pour la libération de la croissance française. "La fonction de ces commission et de ces experts n'est pas de remplacer les hommes politiques [...] c'est de les aider et d'aider les électeurs en montrant ce vers quoi il faut aller [...], en essayant de parler au nom de ceux qui n'ont pas encore le droit de vote et qui l'auront en 2020", a affirmé lundi Jacques Attali. "Entonnement, ce sont les pays qu'on disait pauvres qui sont aujourd'hui en très forte croissance [...] et les pays anciennement riches sont eux en très forte crise. Ce sont les pauvres d'Asie qui financent les riches d'occident", a-t-il ajouté.



www.lejdd.fr | 3/29/10 7:32 AM
Vous ne courez aucun risque � acheter le premier iPad

Un jour d'été, il y a près de trois ans, j'ai passé douze heures devant un centre commercial à San Francisco pour acheter un des premiers iPhone. Pour certains, faire la queue, que ce soit pour des gadgets high-tech ou des places de concerts, c'est une façon équitable de séparer les poseurs des vrais fans, et ceux-là se délectent de la camaraderie qui règne dans ce genre de file. Pas moi. Je déteste faire la queue. Manquer de tout, supporter des inconnus envahissants, s'ennuyer à mourir; non merci. (Je n'avais évidemment pas encore d'iPhone pour passer le temps.) Attendre des heures pour un gadget première génération, coûteux, buggé, et qu'aucun d'entre nous n'avait eu la chance ne serait-ce que de toucher: il faut bien reconnaître que c'est d'une crétinerie affligeante. Et le pire, c'est qu'on faisait la queue de notre plein gré.

J'ai repensé à cette situation cauchemardesque vendredi dernier, quand je me suis réveillé  un peu plus tôt que d'habitude pour me connecter sur le site d'Apple et pré-commander l'iPad. Si tout va bien, je recevrai la tablette samedi 3 avril [l'Ipad devrait être disponible en France fin avril, NDLR]. Je serai alors - une fois de plus - parmi les «early adopters», cette fois-ci sans avoir eu à faire la queue. Et même si j'ai une bonne excuse pour acheter le dernier gadget d'Apple avant tout le monde - c'est mon travail de dire aux gens si oui ou non l'iPad est nase - je me sens pourtant un peu coupable. Acheter quelque chose juste pour pouvoir dire qu'on l'a eu en premier, c'est vraiment nul, on est d'accord?

Le spleen des early adopters

L'histoire nous a montré à maintes reprises qu'acheter des gadgets high-tech de première génération n'est pas la meilleure idée qui soit. Souvent plus chers et moins fiables, ils offrent également moins de fonctionnalités que leurs successeurs. Le 10 novembre 2001, acheter un iPod vous aurait coûté 500 euros pour 5 Go de musique. Mais dès la première année, Apple a baissé son prix et sorti deux nouveaux modèles 10 et 20 Go, avec une molette plus sensible et de meilleure qualité. Depuis, les iPod n'ont jamais cessé de s'améliorer: aujourd'hui, le modèle haut-de-gamme, le Touch, coûte 379 euros pour 64 Go d'espace. C'est-à-dire qu'en 2010, le meilleur Ipod coûte presque 150 euros de moins que la toute première génération d'appareils, et fait beaucoup plus que simple lecteur MP3. Idem pour l'iPhone : tous ceux qui ont fait la queue en 2007 ont dépensé au moins 500 dollars, sauf qu'à peine deux mois après, Apple a carrément baissé le prix de l'iPhone de moitié, se mettant à dos tous les early adopters. (Steve Jobs a ensuite présenté ses excuses et offert à tous ces clients un bon d'achat de 100 dollars à utiliser sur l'Apple Store.)

S'il ne faut attendre que quelques mois pour avoir un appareil meilleur et moins cher, alors pourquoi se presser? Sauf que le problème d'une telle philosophie, c'est qu'à toujours attendre la prochaine génération, on finit par ne rien acheter. Et à un moment, il faut accepter que la prochaine génération, c'est demain, et qu'aujourd'hui, ça n'est pas demain. Alors on va dans une boutique, et on achète ce qui est disponible aujourd'hui.

Heureusement pour vous, ce genre d'achat n'est plus aussi précaire qu'avant. Il y a un an et demi, j'affirmais que nous assistions à la mort de l'obsolescence programmée. Car il n'y a pas si longtemps, toutes les fonctionnalités d'un appareil étaient comme immuables, et soudain, Internet est devenu cette fontaine de Jouvence pour gadgets high-tech. Je me cite: «Désormais, comme Meryl Streep, vos appareils électroniques vont se bonifier en vieillissant. Plus de fonctionnalités, plus simples à utiliser, vous serez alors moins tenté de vous jeter sur ''le'' nouveau produit qui vient de sortir.» Un exemple récent: le Nexus One, le téléphone de Google. Si vous en aviez acheté un à sa sortie au mois de janvier, vous auriez été scandalisé par l'absence du multitouch sur le navigateur Web et certaines applis de cartes. Mais un mois plus tard, grâce à une mise à jour logicielle, Google a pu ajouter cette fonctionnalité à tous les téléphones déjà vendus - les early adopters n'ont donc rien eu à regretter.

Faudra t-il brûler ses e-books?

Il y a cependant quelques produits dont vous devriez encore reporter l'achat. L'an dernier je déconseillais à tous d'acheter un e-reader; même chose pour les lecteurs Blu-ray quelques années auparavant. Pour la simple raison que ces deux catégories de produits dépendent de ce que les économistes appellent « l'effet de réseau» C'est-à-dire qu'ils ne seront vraiment utiles que s'ils sont achetés en masse. On ne peut pas prévoir quel sera le format de prédilection pour les livres électroniques, donc mieux vaut ne pas prendre le risque d'acheter un e-reader aujourd'hui. (Demandez plutôt au mec qui s'est jeté sur les lecteurs HD-DVD)

Internet a tout de même réduit l'importance de ces effets réseau. Par exemple, un scénario peu probable, mais pas impossible: imaginons que dans quelques années, le Kindle se fasse battre à plate couture par un concurrent, et qu'Amazon finisse par décider d'arrêter la production de son e-reader. Qu'est-ce qui se passera pour tous ces pigeons qui ont acheté des dizaines de livres électroniques Amazon? A une époque, ç'aurait été fichu pour eux, leurs livres auraient été bons à jeter. Mais aujourd'hui, ça n'est plus une fatalité: les e-books pour Kindle sont compatibles avec l'iPhone, l'iPod Touch, les PC Windows, et bientôt, l'iPad. Donc si Amazon cessait de fabriquer des Kindle, en autorisant les éditeurs de livres électroniques à utiliser son format, abracadabra, on pourrait lire son livre Kindle sur n'importe quel e-reader. Aujourd'hui votre contenu, et plus particulièrement votre contenu online, n'est plus vraiment bloqué; il y a toujours de nouveaux horizons possibles pour lui.

Steve Jobs a beau être têtu, il n'est pas stupide

Ce qui nous ramène à l'iPad. Comme le Kindle, la tablette d'Apple est un produit qui dépend de l'effet réseau. Si l'iPad est un énorme succès commercial, ça incitera les développeurs à programmer des applis dédiées, assurant ainsi sa survie à long terme en tant que plateforme. C'est d'ailleurs un scénario probable, puisque les développeurs ont déjà créé des milliers d'applis pour l'iPhone (toutes compatibles avec l'iPad), et beaucoup d'entre eux ont déjà commencé à travailler sur des versions exclusivement pour l'iPad.

Mais imaginons le pire: mettons par exemple que les développeurs décident de ne plus cautionner la politique hyper-contraignante d'Apple pour l'App Store, et abandonnent l'iPad. Les conséquences seront-elles si terribles que ça pour les early adopters? Pas vraiment, puisque l'iPad donne déjà accès un large éventail d'applications et de contenu qui n'est pas près de disparaître: tous ces trucs qui se trouvent sur le Web. Qui plus est, comme il est possible de mettre à jour son iPad, Apple peut rapidement effectuer des modifications sur sa tablette pour satisfaire les clients mécontents. Et si des centaines de milliers de gens décident de boycotter l'iPad parce qu'il n'est pas compatible Flash? Steve Jobs a beau être têtu, il n'est pas stupide; si cela devient une pomme de discorde, il fera en sorte que l'iPad lise le Flash.

Rien de tout cela ne garantit que vous aimerez l'iPad, ni que ce sera un succès commercial; et même si c'est tout l'inverse, pas de panique. Si vous pré-commandez l'iPad et qu'en fait vous trouvez ça nul, vous pouvez toujours le renvoyer. Et si vous trouvez ça génial mais que vous êtes le seul, on s'en fiche, non? Bien sûr, vous pourrez en trouver un moins cher l'année prochaine, et Apple y aura sûrement ajouté une caméra ou un processeur plus rapide. Mais si rien de tout cela ne vous importe, alors pas d'inquiétude: vous et votre iPad avez d'heureuses et nombreuses années devant vous, même si Apple décide d'arrêter la production d'ici Noël.

Farhad Manjoo. Traduit par Nora Bouazzouni

SUR LE MÊME SUJET SUR SLATE: Pourquoi l'iPad pourrait bousculer le monde de la BD, L'iPad ou l'hypermédia par Jacques Attali et notre dossier sur l'iPad

Photo: Reuters/Kimberly White

www.slate.fr | 3/23/10 10:40 AM
La France ne peut pas se permettre l'arr�t des r�formes

Nicolas Sarkozy a été élu, il y a trois ans, sur le thème des réformes. Après l'immobilisme du «roi fainéant» Chirac, il proposait un changement radical: «la rupture». Sitôt à l'Elysée, il engageait le fer sur tous les terrains: fiscalité, marché du travail, réformes de structure, nombre de fonctionnaires, universités, recherche, justice, institutions... . Pas un domaine n'a été abandonné.

Las, ces réformes, Nicolas Sarkozy les a manquées. Pour l'opinion de gauche, elles ont été d'emblée «favorables aux riches». Le bouclier fiscal qui limite à 50% de ses revenus l'impôt d'un ménage, est l'erreur fatale de départ. Le dîner du Fouquet's et le bouclier: Nicolas Sarkozy servait sur un plateau des arguments aux socialistes pour dire: «On veut bien des réformes mais pas celles-là!». A toutes les occasions, ce diable de bouclier a été très efficace pour démolir tous les plans d'économies proposés par le gouvernement et pardonner l'absence de projets alternatifs de la gauche.

Pour l'opinion de droite, le président a fait les réformes de façon brouillonne et insuffisante. Jean-Pierre Raffarin, lui si critiqué par François Fillon et par Nicolas Sarkozy au lendemain des régionales perdues de 2004, prend aujourd'hui plaisir à condamner sur son blog « l'agitation réformatrice qui génère une certaine anxiété». Le symbole est ici la taxe carbone, faite pour attirer le vote écologiste mais d'une justification économique bancale et si mal conçue qu'elle a été repoussée par le Conseil constitutionnel.

Que faire maintenant de ces réformes? La sévère défaite des régionales comporte un vote de rejet du président. Est-ce aussi un vote de rejet des réformes? Le dilemme est entier: s'il les poursuit, le président sera critiqué pour s'entêter et «n'avoir pas entendu le message des Français». S'il arrête, il se «chiraquise».

La lecture des sondages n'aide guère. Selon BVA pour Les Echos, 40% des Français seraient pour qu'il fasse «une pause», 28% pour qu'«il ne change pas le rythme» et 22% pour qu'«il accélère le rythme». Un léger avantage à la poursuite des réformes mais, le résultat (40% contre 50% pour) manque de clarté.

La solution «Chirac»

Que faire? Le problème de Nicolas Sarkozy est que la crise a considérablement renforcé le besoin de réformes. A cause de la dette, d'abord. Le déficit des finances publiques dépasse 8% du PIB (Produit intérieur brut), 110 milliards d'euros, il semble impossible de le ramener sous la barre des 3% en 2013, comme promis à Bruxelles. Et comment faire? Est-il possible de ne pas augmenter les impôts? A cause de la croissance, ensuite. La crise a fait perdre 0,5 point de croissance potentielle à la France (comme dans les autres pays européens, il est vrai). Comment les rattraper? Le scénario officiel d'un retour à 2,25% d'expansion en 2011 n'est acheté par aucun économiste. La consommation devrait fléchir avec les tensions sur le pouvoir d'achat. Les investissements manquent cruellement (le vrai sujet) et l'export n'a plus assez de souffle d'entraînement. Bref, on s'est installé dans une zone molle entre 1 et 1,5% de croissance pour longtemps. Seules des réformes très fortes pourraient «rompre» avec cette perspective.

Le premier scénario serait de considérer que beaucoup de réformes ont été faites depuis 3 ans et qu'elles vont porter leurs fruits. Il suffit d'ajouter à cette liste le dossier des retraites, sans heurter l'opinion craintive, sans trop se mettre à dos les syndicats tout ragaillardis par ces élections, et puis de se contenter d'une baisse normale des déficits, sur la lancée du cours précédent d'avant crise. Cette politique d'apaisement intérieur serait accompagnée d'une part d'un discours  «protectionniste» de la France, de ses usines et des plus démunis, et, sur le front extérieur, d'une forte mobilisation de Nicolas Sarkozy  (président du G20 à partir de novembre prochain).  C'est le scénario Chirac: en clair, on ne change plus grand-chose avant 2012.

La solution «Schröder»

L'autre scénario serait celui du deuxième mandat de Gerhard Schröder, le chancelier de l'Agenda 2000. Lui est ses alliés verts (dont Joschka Fischer, l'ami de Daniel Cohn-Bendit...) ont coupé clair dans l'Etat providence et dans les salaires réels pour mener, sans fléchir, «une politique de l'offre» très musclée. Faut-il que la France emprunte à son tour cette voie? Avons-nous besoin, comme le dit Jacques Attali d'« un choc de compétitivité»? La réponse est nettement oui. Notre commerce extérieur comme le manque de projets d'investissements privés prouvent que la France a besoin d'une «rupture» de sa trajectoire économique. Il suffit de noter que la France dispose proportionnellement de 3 fois moins de robots que l'Allemagne dans ses usines, y compris les PMI. Il faut considérablement rehausser la productivité donc la rentabilité et l'investissement.

La réduction du périmètre de l'Etat (englobant les institutions régionales et locales) serait un des moyens d'y parvenir (moins de prélèvements serait autant d'argent laissé dans la sphère privée). Mais à la condition de ne pas couper (là aussi) dans les investissements publics. C'est dire l'effort gigantesque qu'il est nécessaire d'engager au plus vite dans les dépenses de fonctionnement de l'Etat, ce qui passe par une remise à plat de la fiscalité et des financements de la protection sociale. Il faut dire clairement les choses: en Allemagne, la compétitivité perdue lors de la réunification a été retrouvée par les réformes Schröder mais au prix d'un filet de protection sociale nettement moins maillé. Voilà le difficile choix à faire.

Mettre la France sur la voie allemande au moment où Christine Lagarde critique la politique d'outre-Rhin? Imiter ceux qu'on vilipende? Ce n'est paradoxal qu'en apparence. L'Allemagne a fait ses choix, elle gagne des parts de marchés sur ses voisins dont la France (y compris en agriculture!). Pour les années qui viennent de deux choses l'une. Ou bien Berlin corrige le tir et infléchit sa politique vers une stratégie de la demande «à la française»,  et ouvre des débouchés plus larges à nos industriels exportateurs, auquel cas la rigueur française pourra être assouplie à due proportion. Ou bien Berlin refuse et la France, sous peine de perdre toujours et encore de sa croissance au profit de sa voisine, devra mener une politique de l'offre «à la Schröder».

Demande ou offre, apaisement ou détermination, en clair: la ligne Henri Guaino ou celle de François Fillon? Jusqu'ici Nicolas Sarkozy a toujours repoussé cette alternative avec agacement, il voulait tout conduire à la fois. Il agissait beaucoup mais, quant à la ligne directrice, il avait conservé le «ni l'un-ni l'autre», le ni-ni cher à François Mitterrand. Il doit comprendre aujourd'hui que c'est justement ce que les Français lui reprochent.

Eric Le Boucher

À LIRE ÉGALEMENT: Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy et Pourquoi la méthode Sarkozy ne fonctionne plus .

Photo: Manifestation d'étudiants à Marseille Jean-Paul Pelissier / Reu ters

www.slate.fr | 3/23/10 3:20 AM