Souvenons-nous un instant. Le 26 juillet, cette année-là,
tombait un dimanche. Il faisait grand bleu, grand chaud aussi, sur
l’Hexagone. Avant
l’Angélus annonçant
la fin des marchés
et de jeux de hasards hippiques,
quel citoyen aurait, cette année-là, pu dire
-de
mémoire- le nom du trésorier
de l’UMP et celui du ministre du Budget, des
Comptes
publics et de la Fonction publique?Personne ou
presque ne connaissait encore
l’existence et les fonctions
de Patrice de Maistre. La France (du moins la non
germanopratine) ignorait tout des talents de François-Marie
Banier. Quant à
l’Oréal la moindre des
choses c’est que nous le/la valions bien.
Malaise à Versailles
C’était, précisément, il y a un an. Puis
la messe dominicale de midi fut dite et, avant Longchamp, coup
de tonnerre versaillais dans un ciel trop serein. Branle-bas de combat
dans les
salles désertes des rédactions. Rumeurs.
Troubles du rythme tricolore. Bien
avant la fraîche, peu
avant les journaux télévisés de 20 heures, le
Palais de
l’Elysée publiait, enfin, un «Message
de la Présidence de la République»:
« Aujourd’hui en fin de matinée, alors qu’il effectuait un jogging
dans le parc du Château de Versailles, le président de la République a été pris
d’un malaise. Ce malaise, qui est survenu après 45 minutes d’exercice physique
intense, ne s’est pas accompagné d’une perte de connaissance. Il a conduit le
Président à interrompre son effort et à s’allonger avec l’aide d’un proche. Le
médecin de l’Élysée qui était à proximité a apporté les premiers soins et a
prévenu les secours. Le Président a été transporté en hélicoptère à l’hôpital
militaire du Val-de-Grâce où des examens de contrôle sont réalisés depuis
13h45. L’examen clinique et les examens complémentaires à visée neurologique
sont normaux (bilan sanguin, électroencéphalogramme, IRM). La surveillance
cardiologique, systématiquement pratiquée dans de telles circonstances, se
poursuit jusqu’à demain matin.Entre-temps, le
Président de la République se repose. Il a reçu ses proches collaborateurs afin
de se tenir informé de l’actualité.Un nouveau bilan sera communiqué demain.»
Un bien beau, un bien grand, classique stylistique : le
chef
de l’Etat a eu un accident; cet accident a
imposé son hospitalisation; le chef
de l’Etat va
à merveille; ses proches l’entourent et il
s’informe des affaires
du monde. Ce texte, sans source
médicale, se borne au concept de «malaise» et ne
reprend pas le qualificatif de «vagal»
qui
–élément de langage d’urgence ?- avait
alors été avancé par de multiples sources
proches du
président à commencer par Patrick
Balkany, député UMP et maire de Levallois.
Dès le lendemain, on en savait un peu moins. Après la
sortie du président de l'hôpital, l’Elysée
annonce que le «malaise» survenu lors du
jogging de la veille n’avait
aucune cause identifiable et
n’avait donc de ce fait aucune conséquence,
cardiologique, neurologique ou métabolique. Mystère
total confirmé,
assurait-on, par les différents
effectués : bilans sanguins,
électroencéphalogramme, examen cérébral
par imagerie à résonance magnétique,
coronarographie
et analyse en continu du rythme cardiaque.
Conséquence de ce bilan heureusement négatif :
aucun
traitement médical prescrit au chef de l'Etat, les
conseils des médecins
l’ayant pris en charge se
bornant à un «repos de quelques jours»; repos
que l'Elysée
qualifiait aussitôt de «relatif».
Malaise lypothymique d'effort?
Diagnostic officiel: «malaise
lipothymique d'effort soutenu,
par grande chaleur et sans
perte de connaissance, dans un contexte de fatigue
liée à une charge de travail
importante». Pour parler médicalement
clair :
rien de compréhensible. Le grand
n’importe quoi. La formule fit, il y a un an, sourire les
spécialistes du cœur comme ceux de l’effort.
Dans le même temps, l’affaire venait
rappeler
l’un des manquements du Président aux promesses le
concernant au plus
près. Rapide retour dans un temps
proche. En mai 2007, quand je l’interrogeais
pour Le
Monde, à la veille du second tour de l'élection
présidentielle
Nicolas Sarkozy avait répondu:
«La question controversée de l'état de santé du Président
(...) a pu se poser par le passé — je pense en particulier aux présidents
Pompidou et Mitterrand, mais, à ma connaissance, elle ne me semble pas
aujourd'hui d'une actualité brûlante. (...) Ce qui doit préoccuper les Français
au travers de cette question, c'est de savoir si l'état de santé du Président
l'empêche ou non d'assumer ses responsabilités. Le chef de l'Etat n'est pas
(...) un citoyen comme les autres. Il est normal que les Français soient (...)
assurés de sa capacité à exercer les devoirs du mandat qu'ils lui ont confié.»
Questionné sur le fait de savoir si, en cas de problème
de
santé, il s'engagerait à adopter la
démarche de transparence désormais
systématiquement mise en œuvre aux Etats-Unis par tous
les responsables
politiques de haut niveau, le futur
président de la République répondait par
l'affirmative; à la condition toutefois que les informations
divulguées soient
circonscrites à la question
médicale soulevée. Les Français,
déclarait-il alors
«n'ont pas (...) besoin d'avoir accès à
l'ensemble [du] dossier médical dans les
moindres
détails. Si je suis élu, je m'engage à publier
un bulletin de santé
dès mon entrée en
fonction, au moins deux fois par an ensuite, et plus si
l'évolution de mon état de santé devait le justifier».
Qu’en fut-il? Un premier publié cinq jours
après
l’élection établit en substance
que l’élu était apte à exercer ses
fonctions.
Puis en janvier 2008, on apprenait que le président de la
République avait été
hospitalisé
du 21 au 22 octobre 2007 à l'hôpital du
Val-de-Grâce pour une
angine à staphylocoques
dorés initialement mal prise en charge et
compliquée
d'un phlegmon à la gorge. Une incision
du phlegmon avait alors été pratiquée et
un
traitement par antibiotiques d'une quinzaine de jours institué.
Cette hospitalisation
(qui avait alors
coïncidé avec l'annonce
publique du divorce de
Nicolas d'avec son épouse Cécilia) avait
été tenue
secrète. Pourquoi?
Janvier 2008 : Claude Guéant, secrétaire
général de
l'Elysée expliqua sur Canal+
qu'il
ne fallait voir là qu'une affaire
anecdotique : séjour hospitalier à
l'hôpital qui n'avait duré que quelques heures; fonctions
présidentielles
remplies; voyage d’Etat au Maroc
assuré etc. Claude Guéant croyait alors pouvoir
annoncer que le prochain
bulletin de santé du
président de la République serait publié en mai
2008. Il ajoutait
que le chef de l'Etat avait choisi un rythme
annuel (et non plus semestriel) de publication. Il
ajoutait enfin que sa santé était
«suffisamment bonne pour qu'il n'y ait pas de suivi quotidien».
Promesse non tenue
Qui oserait dire le contraire? Reste, au total, que les
engagements présidentiels n'ont pas été tenus.
Seuls deux bulletins de santé
ont, à ce jour,
été véritablement publiés: celui du
lendemain de l'élection de
mai 2007 et un autre le 3
juillet 2009 faisant état d'examens
cardio-vasculaires et sanguins «qui
se sont révélés normaux».
Il ne fait aucun
doute que les multiples conseillers en
communication présidentielle ont postulé
que la
médiatisation régulière de l'hyperactivité
physique du chef de l'Etat
permettrait de faire utilement
l'économie de la publication promise de
bulletins de
santé semestriels. Mais depuis un an tel n'est plus,
désormais le
cas, le paradoxe voulant que ce soit
précisément cette activité physique
pratiquée qui soit à l'origine d'un accident.
La «transparence» du président de la
République française
sur sa
«santé», sur son aptitude à
«remplir sa fonction»? C’est déjà bien
vieille affaire; d’autant plus vieille
qu’elle
renvoie directement aux «deux corps» -l’organique et
le sacré- des Rois
de France et à la sacralisation
non dite de la fonction présidentielle. De
Gaulle
exerça les pleins pouvoirs en parfaite possession de ses
moyens: la
question ne se posa pas. On réussit –non
sans mal- à faire croire qu’on pouvait
l’ignorer sous Georges Pompidou. Valéry Giscard
d’Estaing en fit la promesse souveraine
avant
d’oublier ses engagements. François Mitterrand promit
puis organisa le
mensonge durant près de deus septennats.
Jacques Chirac ne promit rien et s’y
tint. A sa
manière Nicolas Sarkozy ne trahit pas: il ne fait que
poursuivre, à sa manière, une décidemment
bien triste tradition de la Vème République.
Jean-Yves Nau
www.slate.fr | 7/26/10 10:57 AM
Hammamet a abrité les
28 et 29 avril le forum international de Réalités sous
le thème « L’Europe, le Maghreb et l’Afrique
: Pour un nouveau partenariat global ». Nous avons saisi cette
occasion pour discuter avec M. Olivier Stirn, conseiller de Sarkozy
pour l’Union pour la Méditerranée et ancien
ministre sous George Pompidou, Valery Giscard d’Estaing, Jac....
Les trois nouveaux membres du Conseil constitutionnel, Michel
Charasse, Hubert Haenel et Jacques Barrot, ont prêté
serment vendredi matin à l'Elysée devant leurs nouveaux
collègues et ceux qui les ont nommés, Nicolas Sarkozy,
Gérard Larcher et Bernard Accoyer. Dans une courte allocution
précédant la cérémonie, le chef de l'Etat
s'est réjoui du récent renforcement des
prérogatives des sages, notamment l'instauration d'une exception
d'inconstitutionnalité. Devant le président du Conseil
constitutionnel Jean-Louis Debré et ses autres membres, à
l'exception notable des deux anciens présidents de la
République Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac,
Nicolas Sarkozy a également répété que les
nouveaux sages avaient été nommés pour neuf ans
"sur le seul critère de la compétence".