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Europe Santé

En pleine révolte des «gilets jaunes» français, il n’est pas facile de rappeler que le changement climatique s’accélère, ce qui va impliquer des efforts autrement plus importants pour assurer un avenir à la planète que la simple suppression de la niche fiscale sur le diesel. A quelques jours de l’ouverture de la conférence sur le climat (COP 24) à Katowice, en Pologne, la Commission européenne a néanmoins mis sur la table huit scénarios possibles pour accélérer la décarbonisation de l’économie européenne à l’horizon 2050. Seuls les deux derniers permettraient d’atteindre la «neutralité carbone» (absorber autant de dioxyde de carbone que l’Union en produit). Mais ce sera à la prochaine Commission, qui prendra ses fonctions en novembre 2019 à la suite des élections européennes de mai, de proposer des textes législatifs contraignants après avoir consulté les Etats sur les efforts qu’ils sont prêts à consentir.

Et là, ça risque de coincer. Car seuls dix pays sur les vingt-huit se sont prononcés, à la mi-novembre, en faveur de cette stratégie «zéro carbone» : la France – mais c’était avant les «gilets jaunes» –, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Finlande, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Slovénie. Les pays fortement dépendants du charbon, dont la Pologne, sont très réticents à de nouveaux efforts. Tout comme l’Allemagne, qui veut protéger son secteur automobile.

Ils considèrent que l’Europe a déjà fait beaucoup, ce qui n’est pas faux : elle s’est engagée à réduire de 40 % ses émissions d’ici 2030 (par rapport à 1990) et elle devrait même parvenir à 45 %, soit 60 % en 2050 en prolongeant cette courbe. L’Union a notamment renforcé son système d’échange de quotas d’émissions de carbone, décidé que les économies d’énergie devront atteindre 32,5 % et imposé 32 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique pour 2030. Enfin, les réductions d’émissions de CO2 des véhicules, actuellement en négociation à Bruxelles, devraient se situer entre 35 et 40 %.

Reste que cela ne suffira pas à contenir l’élévation de la température à 2° C prévue par l’accord de Paris et encore moins à 1,5° C, comme le recommande le dernier rapport du Giec. C’est pour cela que la Commission propose d’aller plus loin. Mais cela coûtera cher, surtout si le scénario «zéro carbone» est retenu : il faudra investir 2,8 % du PIB par an dans les infrastructures pour y parvenir. Mais elle affirme que la transition énergétique permettra un gain de croissance pouvant aller jusqu’à 2 % du PIB de l’UE à l’horizon 2050 et de créer de nouveaux emplois, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. En outre, cela réduira la facture des importations d’énergie, limitera les catastrophes climatiques ainsi que les impacts négatifs sur la santé humaine.

Des arguments de bon sens qui sont pour l’instant inaudibles : les fins de mois risquent de l’emporter sur la fin du monde, pour paraphraser Nicolas Hulot, d’autant que les premières déterminent les résultats électoraux.

En Europe, le glyphosate, principal composant du Roundup, restera autorisé au moins jusqu'en 2022. Si les dangers de nombreux produits chimiques utilisés dans l'agriculture sont de mieux en mieux établis, leur réglementation comme la reconnaissance des dégâts qu'ils ont causés restent un combat (...) / Santé , Agriculture , Agroalimentaire , OGM , Protection sociale , Médecine - 2018/12

Aux Etats-Unis, 22 millions de personnes souffrent d'apnées du sommeil, un problème pouvant conduire à de graves maladies cardiovasculaires.
Dans l'immense majorité des cas ces personnes utilisent des machines permettant de leur assurer une respiration aussi normale que possible. Ces machines sont prescrites par des médecins et fournies par des sociétés tierces qui sont payées par les assureurs de santé.
Propublica rapporte que ces machines envoient aux médecins des monitorings de leur activité mais aussi aux fournisseurs et assureurs.
Ces derniers utiliseraient ces informations pour refuser la prise en charge de la machine si elle n'est pas utilisée régulièrement.
Les assureurs et fournisseurs de ces machines pousseraient le bouchon un peu plus loin en faisant tout pour proposer des systèmes à la location alors que leur coût d'achat serait bien moindre.
Il s'agit là pour les assureurs de contrôler un peu plus leurs clients dans le but éventuel de bannir ceux qui pourraient leur coûter le plus cher à l'avenir.

Certes, on n'en est pas là en Europe, mais cette histoire illustre le risque d'utiliser de plus en plus d'appareils médicaux intelligents, et même d'autres censés apporter du contrôle médical comme fonction annexe, comme l'Apple Watch.
Certes, cela peut sauver à la marge des vies, mais quand les assureurs de santé commencent à accepter de financer une partie du prix de ces appareils, ce n'est pas par altruisme mais par calcul financier sur le court, moyen, et long terme.

macbidouille.com | 25/11/18
L’appel avait été lancé par le Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne (SNPADHUE), et une centaine de personnels de santé ont répondu présent, jeudi 15 novembre, pour manifester devant le ministère de la Santé à Paris. Une récente loi prévoyant une prolongation d’autorisation d’exercice jusqu’en 2020 a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Certains praticiens pourraient donc avoir l’interdiction d’exercer au 1er janvier 2019. Des praticiens qui réclament plus largement le droit d’exercer pleinement, avec un statut décent.
www.rfi.fr | 16/11/18
Les familles, la santé, les loisirs, les voyages, la sécurité, les conducteurs de bus, les coiffeurs, le golf, la bière, le chocolat : un nouveau site, "Ce que l’Europe fait pour moi", explique ce qu'elle a amélioré dans nos vies.
www.lalibre.be | 15/11/18
Les vingt-sept pays membres de l'Union européenne ont adopté, le 20 novembre 2008, le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC). Supposé « moderniser » la PAC dans la perspective d'une nouvelle réforme en 2013, cet accord poursuit en fait son démantèlement. Répondant aux exigences de (...) / Agriculture , Alimentation , Commerce international , Relations Nord-Sud , Politique , Environnement , Peuples autochtones - 2009/01
Selon un sondage Ipsos pour la Convention on Health Analysis and Management (CHAM), les systèmes de santé d'Europe du Nord devancent le modèle hexagonal. Les Européens interrogés se disent favorables à la création d'un institut européen des données de santé.
www.lesechos.fr | 28/09/18
Selon un sondage Ipsos pour la Convention on Health Analysis and Management (CHAM), les systèmes de santé d'Europe du Nord devancent le modèle hexagonal. Les Européens interrogés se disent favorables à la création d'un institut européen des données de santé.
www.lesechos.fr | 28/09/18
A une heure où la plupart des citoyens européens doutent sérieusement des bienfaits de l'Europe, les animaux de compagnie demeurent des piliers dans nos sociétés occidentales. La Commission européenne est sur le point de rejeter la plainte de l'Association française protectrice des animaux CANIS ETHICA qui dénonce les incitations de la directive 2004/28/CE aux pratiques commerciales déloyales des laboratoires pharmaceutiques qui ont un impact négatif sur la santé des chiens et (...) - Europe
www.agoravox.fr | 12/09/18
L’Organisation mondiale de la santé s’inquiète de la hausse des cas de rougeole en Europe. La Belgique n’est pas épargnée. Ce serait dû à un recul dans la vaccination. Explications.
www.lalibre.be | 22/08/18
Pour l’ONG Générations futures, ce verdict doit faire évoluer la réglementation européenne. Historique ? Difficile de savoir à quel point la décision de la justice nord-américaine marquera les procès à venir en matière de santé et ...
www.lalibre.be | 12/08/18
L'Union européenne a demandé vendredi à la Russie de fournir un "traitement médical approprié" à Oleg Sentsov, réalisateur ukrainien en grève de la faim depuis le 14 mai dans une prison russe. "L'état de santé de M. Sentsov se détériore rapidement. ...
www.lalibre.be | 10/08/18

Downton Abbey continue de faire les belles heures de TF1. Alors qu'une suite est en préparation pour le cinéma, la première chaîne d'Europe misait sur deux épisodes de la célèbre série britannique dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 août.
Dès 3 heures du matin, l'approche du mariage d'Edith et Anthony Strallan a suscité de nombreuses tensions. Robert a vu d'un très mauvais oeil la différence d'âge des deux protagonistes, tandis que l'état de santé de Madame Hugues a fortement inquiété Carson. Anna a (...)

www.toutelatele.com | 10/08/18
"Tout le gouvernement travaille pour s’assurer que le secteur de la santé et l’industrie sont prêts, que la santé des gens sera protégée au cas où le Brexit a lieu sans qu’aucun accord ait été signé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne....
www.lalibre.be | 31/07/18
"Tout le gouvernement travaille pour s’assurer que le secteur de la santé et l’industrie sont prêts, que la santé des gens sera protégée au cas où le Brexit a lieu sans qu’aucun accord ait été signé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne....
www.lalibre.be | 31/07/18

Seize médicaments à base de Valsartan, traitant l’hypertension artérielle, ont été retirés du marché sur instruction du ministère de la Santé. Une décision prise suite à l’alerte lancée le 5 juillet dernier par l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui a « mis en garde contre la présence d’une impureté contenue dans la substance active fabriquée par […]

L’article Santé / Des médicaments de l’hypertension retirés du marché car nocifs  est apparu en premier sur Algerie Focus.

Dix personnes, dont une femme âgée de 25 ans, ont été secouru hier vendredi  par les garde-côtes à  Cherchell. Le groupe qui tentait la traversée vers l’Europe a vu son embarcation chavirer. Trois d’entre eux demeurent toujours introuvables.  Les rescapés ont été conduits aux  services d’urgences. Leur état de santé est stable. Huit d’entre eux […]

L’article Cherchell / Une embarcation de fortune chavire, dix harraga secours et trois disparus est apparu en premier sur Algerie Focus.

Il y a comme une atmosphère de fin de règne brejnévien à Bruxelles. Comme au temps de l’ancienne URSS, le sommet de l’appareil bureaucratique européen fait corps pour dissimuler l’évidence, la grave dégradation de l’état de santé du dirigeant suprême, en l’occurrence Jean-Claude Juncker, de peur que l’ouverture prématurée de la succession ne remette en cause leurs privilèges...

Les images capturées par les télévisions jeudi soir 12 juillet à l’occasion du diner de gala du sommet de l’OTAN, à Bruxelles, ont mis la Commission européenne en difficulté. On y voit Jean-Claude Juncker, son président, incapable de monter les quelques marches menant au podium de la « photo de famille ». Tel un vieillard qu’il n’est pas (il a 63 ans), on le voit hésiter au bas des marches avant d’être solidement empoigné par ses partenaires, dont le très costaud Ukrainien Petro Porochenko, puis solidement maintenu debout durant la cérémonie. Après avoir été quasiment porté en bas du podium, on le voit tituber et marcher péniblement, quasiment porté par le Néerlandais Mark Rutte et le Portugais Antonio Costa. Interrogé sur sa prestation titubante à l’issue du sommet, Juncker a expliqué qu’il souffrait d’une « sciatique » à éclipses. C’est depuis l’explication officielle.

Et gare à tous ceux qui osent la mettre en doute : c’est de « l’indécence », selon Viviane Reding, députée européenne, ancienne commissaire luxembourgeoise et marraine politique du tout puissant allemand Martin Selmayr, le très contesté secrétaire général-chef de cabinet-sherpa du président de la Commission. « La façon dont certains médias cherchent à exploiter la douleur physique du président Juncker pour en faire des titres insultants est plus qu’indélicate », surenchérit son porte-parole, Margaritis Schinas. Circulez, il n’y a rien à voir.

Le problème est que l’explication « sciatique » ne tient pas vraiment la route. Juncker n’avait pas l’air de souffrir : durant toute sa pénible prestation, il a souri, s’est amusé, a ri, parlé et embrassé ses partenaires à son habitude. Or une crise aigüe de sciatique vous cloue au lit. Mais peut-être était-il sous l’emprise d’analgésiques puissants ? Selon plusieurs sources, Juncker était de fait en fauteuil roulant lorsque les photographes et les télévisions n’étaient pas là et il n’a même pris la parole durant le diner alors que les enjeux du sommet avec Trump étaient vitaux pour l’Europe… Le problème est que les mêmes témoins affirment que Juncker a copieusement bu durant le repas, ce qui est totalement contre-indiqué quand on prend des analgésiques. En admettant même qu’il souffre d’une sciatique, comment a-t-il pu se rendre quelques jours plus tard en Chine et au Japon ? Une sciatique rend un tel voyage difficilement envisageable sauf à supposer chez Juncker « une force morale hors du commun, une capacité à supporter la souffrance pour le bien de l’Europe », s’amuse un diplomate.

En réalité, ce qui est en cause ici, c’est l’alcoolisme de Juncker, un secret de Polichinelle, même s’il s’en défend. «J’ai un problème d’équilibre avec ma jambe gauche », nous a-t-il confié, « qui m’oblige à m’agripper à la rampe lorsque je suis dans un escalier. Un ministre néerlandais, que j’avais attrapé par le bras après un déjeuner, a raconté que j’étais ivre. Ce problème remonte à un grave accident de voiture. En 1989, j’ai passé trois semaines dans le coma, puis six mois dans une chaise roulante.» Néanmoins les sources sont très nombreuses, à la fois au Luxembourg, à Bruxelles et dans les capitales européennes qui décrivent un Juncker porté sur la bouteille: « lorsqu’un huissier lui apporte un verre d’eau lors d’un conseil des ministres, on savait tous que c’était du gin », raconte un ancien ministre. L’ancien président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, n’a pas hésité à décrire, à la télévision néerlandaise, un Luxembourgeois souvent ivre lors des Eurogroupes. De son côté, le Français Pierre Moscovici, actuel commissaire européen et ancien ministre des Finances, reconnait délicatement que l’alcool ingéré « n’a jamais empêché Juncker d’être fonctionnel ». Tout le monde se souvient encore du sommet de Riga de 2015 lorsqu’il s’est donné en spectacle sous l’oeil des caméras du monde entier, accueillant le Hongrois Viktor Orban d’un « tiens, voilà le dictateur », embrassant le Belge Charles Michel sur le crâne ou encore demandant à la cantonade: « qui c’est celui-là? »… Mais comme les dirigeants ne sont pas soumis à des alcootests, on ne saura jamais s’il avait ingéré quelque chose ce jour-là ou avait décidé de se lâcher...

Le problème est que le spectacle offert lors du sommet de l’OTAN a été bien au-delà du folklore d’un Luxembourgeois porté sur la bouteille. On a vu un homme manifestement gravement malade, incapable de se mouvoir seul. Autrement dit, c’est la question de sa capacité à gouverner qui est posée. Ce n’est pas un hasard s’il est devenu totalement dépendant de Martin Selmayr qu’il n’a pas hésité à nommer, en février dernier, secrétaire général de la Commission en violation de toutes les règles de la fonction publique européenne. Pris la main dans le sac, il a même menacé de démissionner si le Parlement européen exigeait le départ de son protégé, une inversion de la causalité politique sans précédent. Le délabrement physique de Juncker conjugué à la puissance de Selmayr indique que le pouvoir a une apparence, le président de la Commission, une réalité, un eurocrate non élu et non responsable.

La démocratie ne peut se contenter de la parole un rien soviétique de Schinas qui affirme qu’il n’y a « aucune inquiétude à se faire quant à la capacité (de Juncker) à travailler dur comme il le fait toujours ». Les doutes sont désormais tels qu’ils imposent une transparence totale, c’est-à-dire un bulletin de santé certifié par le corps médical afin que les Européens sachent qu’ils n’ont pas à leur tête une momie.

N.B.: article écrit pour The Spectator de ce jeudi.

Dessin: Nicolas Vadot

Mise à jour du 18 juillet: Interrogé ce mercredi, Jean-Claude Juncker a déclaré: «J’avais mercredi dernier une sciatique». «Et en plus, j’avais des crampes dans les jambes», a-t-il ajouté. «J’ai des problèmes de santé qui ne concernent que moi». Il s’est dit «impressionné par l’intérêt que certaines personnes ont pour ces sujets». «Je demande du respect». Une réponse étonnante: la capacité de Juncker à diriger la Commission, surtout après ce qu’a révélé l’affaire Selmayr où il est apparu comme la marionnette d’un eurocrate arrogant, dominateur et sûr de lui (pour paraphraserde Gaulle), est une question légitime. Le «respect» n’a rien à voir dans cette affaire, la démocratie, si.

L'automobile confirme qu'elle est en bonne santé en ce début d'année avec une hausse importante des ventes en Europe.
news.autoplus.fr | 18/07/18
La "police environnementale" des Pays-Bas dénonce, dans un rapport publié le 9 juillet, le danger pour la santé des carburants hautement toxiques et cancérigènes livrés aux États d’Afrique de l’Ouest depuis les ports d’Amsterdam et de Rotterdam.
www.france24.com | 13/07/18
En écho aux propos tenus par Emmanuel Macron sur le coût des prestations sociales versées en France, qui « coûteraient un pognon de dingue », la Direction de la recherche et des études (DREES), vient de publier, ce jeudi 21 juin, une étude sur le montant et la répartition des aides liées à la vieillesse et à la santé en France. La France est championne d'Europe et probablement du monde des prestations sociales, mais l'étude souligne que les aides pour les plus pauvres s'avèrent nécessaires car elles réduisent les inégalités sociales de manière significative.
www.rfi.fr | 21/06/18
Les prestations de protection sociale s'élevaient à 32,1 % du PIB en 2016, notamment à cause des risques de vieillesse et de santé.
www.lesechos.fr | 21/06/18
Les prestations de protection sociale s'élevaient à 32,1 % du PIB en 2016, notamment à cause des risques de vieillesse et de santé.
www.lesechos.fr | 21/06/18

Rencontre entre le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki et le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, en janvier

Les conservateurs allemands sont prêts à vendre leur âme au diable afin de conserver le contrôle qu’ils exercent sur l’Union européenne depuis près de 15 ans. Selon nos informations, la CDU-CSU, le parti de la chancelière Angela Merkel, est à la manœuvre pour faire adhérer au PPE (Parti populaire européen) ou au moins au groupe politique PPE au Parlement européen, leurs relais d’influence dans les institutions communautaires, Droit et Justice (PiS), le parti de Jaroslaw Kaczynski au pouvoir en Pologne. Afin de faciliter ce rapprochement, Jean-Claude Juncker, l’actuel président PPE de la Commission et son âme damnée, l’Allemand Martin Selmayr, secrétaire général de l’exécutif européen et proche de la CDU, veulent abandonner les poursuites engagées contre la Pologne accusée de violer gravement l’Etat de droit… Si cette adhésion se réalisait, le PiS rejoindrait sur les bancs du PPE le Fidesz du Hongrois Viktor Orban, ce qui accentuerait la dérive droitière et eurosceptique du PPE qui fut longtemps démocrate-chrétien et fédéraliste européen.

Le PiS à la manoeuvre

C’est le PiS qui a entamé les travaux d’approche depuis quelques mois. Avec le départ programmé des conservateurs britanniques, fin mars 2019, le groupe de l’ECR (Conservateurs et réformateurs européens) dans lequel ils siègent ensemble, va voir ses effectifs fondre et il y a peu de chance qu’il demeure le troisième groupe politique du Parlement (sur huit). Or siéger dans un groupe marginal, surtout pour un parti de gouvernement, c’est la certitude de n’avoir aucune influence. Le Brexit va aussi renforcer l’isolement du PiS au sein du Conseil des ministres et surtout du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement.

Le PiS a pu toucher du doigt le prix à payer lorsqu’on n’appartient à aucune famille politique européenne. Alors que Viktor Orban peut se permettre d’instaurer dans l’indifférence générale des institutions européenne une démocrature dans son pays, le PPE ayant à cœur de protéger les siens, le PiS s’est retrouvé mis à l’index par la Commission, celle-ci l’accusant de violer l’État de droit en plaçant sous sa coupe le système judiciaire : le 20 décembre 2017, elle n’a pas hésité à dégainer pour la première fois l’arme lourde de l’article 7 du traité sur l’Union qui peut aboutir à priver le pays de son droit de vote au sein de l’Union…

Rejoindre le PPE est donc l’assurance pour le PiS de trouver un répit. Mais ce rapprochement ne serait pas possible sans l’affaiblissement de Jaroslax Kaczynski, le leader du PiS et vrai patron de la Pologne, hospitalisé pendant un mois et qui vient de sortir de l’hôpital. Selon de multiples sources européennes, sa santé s’est considérablement dégradée. Or, par son europhobie quasi-pavlovienne, c’est la principale hypothèque à une relative « normalisation » du PiS. La danse d’amour entre le PPE et le PiS indiquerait donc que l’après-Kaczynski a commencé…

Des Allemands très réceptifs

Ces appels du pied appuyés du PiS rencontrent un écho très favorable parmi les chrétiens-démocrates allemands. Ainsi, l’Allemand Manfred Weber, membre de la très à droite CSU bavaroise et patron du groupe PPE, s’inquiète des pertes que son groupe ne manquera pas d’enregistrer en mai 2019 (selon les sondages, il passerait de 219 députés à environ 180), même s’il restera sans doute le premier du Parlement. De fait, le parti populaire espagnol, le plus fidèle soutien de la CDU-CSU, vient de perdre le pouvoir et devrait se faire étriller (17 députés actuellement), tout comme Forza Italia (11), LR (20) ou encore la Plateforme civique polonaise, le parti de Donald Tusk, l’actuel président du conseil européen (22).

Dès lors une adhésion du PiS pourrait permettre de limiter la casse, même s’il traverse actuellement un trou d’air dans les sondages. La perte de PO, elle aussi bien mal en point, serait largement compensé par l’arrivée du PiS, qui plus est un parti au pouvoir qui sera sans doute reconduit lors des prochaines élections. Manfred Weber espère surtout qu’une telle adhésion sécurisera définitivement sa candidature comme tête de liste du PPE (le PiS n’ayant alors rien à lui refuser) et donc comme probable président de la Commission. En effet, le système des Spitzenkandidaten, inauguré en 2014 avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, garantie à la tête de la liste arrivée en tête aux Européennes qu’il prendra les rênes de l’exécutif européen.

Martin Selmayr joue sa survie

Cette manoeuvre est aussi dans l’intérêt de l’Allemand Martin Selmayr, le vrai patron de la Commission, Juncker n’étant plus que l’apparence du pouvoir. Après sa promotion très contestée au poste de secrétaire général, il cherche à sécuriser sa place. C’est donc pour complaire à Manfred Weber, qui serait alors son obligé comme président de la Commission, qu’il a essayé, la semaine dernière, de lever la procédure de l’article 7 contre la Pologne, celle-ci étant un empêchement dirimant à toute adhésion au PPE. Il s’est pour l’instant à un front uni des commissaires socio-démocrates et libéraux, une première, lui qui a toujours réussi à imposer ses vues. Mais Selmayr n’a pas dit son dernier mot, d’autant que le PPE est majoritaire au sein du collège des commissaires.

Cela étant, au sein même du PPE, la perspective d’une adhésion du PiS, passe très mal. Il y a deux semaines, lors d’une réunion du groupe, une majorité de délégations nationales (dont la Française et la Néerlandaise) ont fait savoir à Weber qu’il s’agirait d’un cassus belli, ce qui a quelque peu refroidi son enthousiasme. Pour ces élus, le PPE y perdrait le peu de ce qui reste de son âme europhile. Cela étant, à l’approche des élections, et face à la perspective d’un groupe En Marche conséquent qui pourrait s’allier aux socio-démocrates et aux Verts pour s’emparer de la Commission et des postes de pouvoir au Parlement, il est loin d’être exclu que le principe de réalité ne pousse les conservateurs à accepter parmi eux le PiS. Au final, ce seront les Allemands qui décideront, comme toujours.

N.B.: Manfred Weber a démenti notre article dans un tweet du 15 juin : «Nous démentons formellement. Il n’y a ni aspiration à faire entrer le PiS au #PPE ni discussions à ce sujet. Le @EPPGroup soutient pleinement la procédure lancée par la @EU_Commission à l’encontre du gouvernement polonais». Il s’est aussi fendu d’un article dans L’Opinion pour dénoncer la loi imposant aux juges constitutionnels un âge limite. Néanmoins, je maintiens l’ensemble de mes informations. Des contacts ont bien eu lieu et la Commission a bien cherché à laisser tomber l’article 7.

N.B. 2: Article paru dans Libération du 2 juin

Entretien réalisé par Mokrane Aït Ouarabi   Que pensez-vous de la situation politique nationale, à moins d’une année de la présidentielle ? Voyez-vous, le temps file inexorablement mais au lieu d’avancer, le pays est toujours enlisé dans la nasse de la crise. Sans capitaine, le vaisseau Algérie gît au sol et tenir un Conseil des ministres, banalité routinière et mécanique rodée ailleurs, est ici une… gageure ! A la veille de la présidentielle, un phénomène saillant se détache sur une toile de fond chaotique : l’extrême fébrilité du pouvoir. En effet, une déclaration sur la Toile d’une journaliste autour du cinquième mandat et un tweet de l’ambassadeur de l’Union européenne et c’est la panique dans le sérail du pouvoir et le clairon de «la main étrangère». A l’affût du moindre remous dans la société, le pouvoir n’hésite pas à menacer ou carrément à jeter en prison journalistes, défenseurs des droits de l’homme dont le blogueur Merzoug Touati, arrêté pour «espionnage», mais la censure a bon dos en Algérie ! Non seulement le pouvoir a choisi de faire la guérilla à la liberté d’expression, mais il se tait par rapport aux atteintes à la liberté de conscience. Il est d’un mutisme sidéral face aux agressions perpétrées contre les femmes par des milices fanatisées. Voudrait-on revenir au temps où le FIS mobilisait des organisations paramilitaires pour contrôler la vie privée et les mœurs à l’aune du wahhabisme dans les quartiers et les cités universitaires ? La récente saisie de cocaïne au port d’Oran, historique par l’ampleur de sa prise, est symptomatique d’une corruption tentaculaire qui questionne de façon sérieuse les liens qu’entretient le narcotrafic avec les bandes maffieuses et les réseaux de financement du terrorisme islamiste. D’aucuns s’interrogent sur les visées réelles d’une telle opération. Au plan socio-économique, aucun changement digne de ce nom n’a l’air de vouloir s’amorcer dans le pays. Les jacqueries sont loin d’y être un phénomène marginal. Les grèves sont nombreuses mais pour les briser, la carotte est souvent à la manœuvre pour appâter les travailleurs. Le bâton peut aussi s’abattre sur les grévistes mais si ces derniers résistent, l’arme du pourrissement est aussitôt brandie pour tuer à petit feu le mouvement. C’est le cas des médecins résidents, lesquels ont été sauvagement réprimés et dont la grève dure déjà depuis plus de six mois ! Ce contexte chaotique que vous décrivez n’empêche pas le FLN d’appeler le président Bouteflika à continuer à la tête de l’Etat. Un appel qui n’est cependant pas appuyé par les autres partis de la majorité présidentielle (RND, MPA et TAJ). Un 5e mandat est-il une option sérieuse pour le pouvoir dans le contexte de crise actuel ? La question n’est pas de savoir si le 5e mandat est une option sérieuse ou pas. Dans tous les cas, une chose est sûre : la façon dont ce système a fait sauter le verrou numérique des mandats présidentiels donne une idée précise de la nature des méthodes qu’il peut préconiser pour arriver à ses fins. Mais des questions brûlantes demeurent : qui paiera les conséquences de cette politique suicidaire ? Comment va réagir le peuple ? Dans un contexte international toxique, pourra-t-il préserver sa cohésion ? Que va-t-il advenir de l’unité du pays ? Le 5e mandat est un expédient qui ne fait que retarder la chute du système et vu l’état de santé du Président, le jour J+1 du 5e mandat n’échappera pas à l’éventualité d’une élection anticipée ! A force de tirer sur la corde, elle casse ! Vous avez déclaré récemment que l’objectif de votre parti n’était pas de faire partir Bouteflika, mais de dégager à jamais le système, l’islamisme et la classe politique toutes tendances confondues. Comment ? Aussi calamiteuse que soit la gouvernance du Président, l’impasse dans laquelle se trouve l’Algérie n’est pas due à la figure politique d’un homme. Bouteflika en porte une lourde responsabilité, mais à lui seul il n’épuise pas la crise dans laquelle s’est embourbé le pays. Imaginons un seul instant que l’Algérie se dote par miracle d’un nouveau Président dont les qualités seraient indiscutables ! Croyez-vous qu’à la faveur de ce seul changement cette permutation de rôles suffise à garantir le décollage du pays ? Les racines de la maladie du pays sont bien plus profondes. Dès sa naissance, ce système a confisqué la parole au peuple et usurpé la devise qu’il porte cyniquement sur son fronton : «Par le peuple et pour le peuple». Comme le disait le regretté Hachemi Cherif : «Ce n’est pas la question du pouvoir qui est fondamentalement, ni principalement en jeu, mais la question de l’Etat, de son contenu et sa forme». Par ailleurs, la situation sécuritaire s’est considérablement dégradée au Sahel et l’Algérie est plus que jamais sous la menace d’AQMI et de l’Etat islamique. La stabilité du pays est aussi contrariée par des forces centrifuges dangereuses, notamment celles du MAK dont le seul but est de saborder l’unité du pays. La dernière saillie de Ferhat M’henni appelant à la formation de milices armées est très préoccupante. Le tournant gravissime de son parti rappelle étrangement les prêches belliqueux du FIS des années 90' qui, en fin de compte, avaient débouché sur un mouvement insurrectionnel puis déclenché la guerre que ses escadrons de la mort ont livrée au peuple pendant des décennies. Dans un tel contexte, seule une transition républicaine décrétée par le président Bouteflika et confortée par l’ANP, et ce, pour couper l’herbe sous les pieds de tous ceux qui crieront au coup d’Etat, est à même de mener le pays à la paix et de le sauver de l’éclatement. Cette transition donnera toutes ses chances aux patriotes de ce pays pour se constituer en force nouvelle, conduire l’Algérie vers la sortie de crise et ouvrir la voie à l’édification de l’Etat de droit dans le respect des libertés, de l’égalité, du pluralisme culturel et du patrimoine millénaire du pays. Vous présidez un parti, mais vous appelez à la dissolution de toutes les formations politiques. Pourquoi ? En effet, il pourrait apparaître illogique d’appeler à la liquidation des partis alors que nous nous sommes constitués en structure partisane. Mais ce paradoxe n’est qu’apparent. L’obsolescence effectivement touche tous les partis, y compris le PLD, mais la nature de cette obsolescence n’est pas la même, qu’il s’agisse du PLD ou des autres partis. Ces derniers sont désuets de par leurs programmes, leurs stratégies et leurs tactiques et ne peuvent donc pas répondre aux exigences de l’étape. Ils sont par opportunisme dans l’allégeance au système et la trahison suprême, ils ont tous fait de l’islamisme un partenaire politique fréquentable. Tandis que le PLD, tout en n’ayant pas à refonder sa ligne politique, aura à se reconfigurer lui aussi avec l’ambition de s’unir à toutes les forces progressistes et modernistes. Le chemin de cette construction politique sera difficile et semé d’embûches parce que nombre de démocrates sont encore dans une doxa que nous ne partageons pas. Ils mangent de la main et dans la main du pouvoir. Ils sont aujourd’hui la caution d’un système moribond qu’ils tentent de ressusciter par le harcèlement thérapeutique. Vaine tentative ! L’Algérie a besoin de changer de paradigme et de cesser de vivre dans le tropisme du passé. Nous sommes dans la nécessité de ruptures pour placer le pays dans l’orbite de la modernité en vue de permettre au peuple de vivre en harmonie avec son siècle et de faire de la pluralité culturelle et du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes l’emblème du projet de société. Du côté de l’opposition démocratique, on assiste à une multiplication d’initiatives. Votre parti, à juste titre, est dans l’initiative du Collectif de coordination et de liaison des démocrates. Que signifient toutes ces initiatives ? En effet, plusieurs initiatives politiques sont à l’œuvre. Ce bouillonnement politique apporte d’abord la preuve concrète qu’il y a une crise réelle dans le pays, mais l’initiative la plus pertinente sera celle qui aura eu le mérite de parachever le processus entamé au lendemain de l’arrêt des «élections» de janvier 1992. Ne restons pas au milieu du gué, car l’heure est à l’audace politique : voulons-nous clouer le pays au XVie siècle ou bien lui ouvrir l’horizon du XXie ? Notre parti souscrit totalement à l’initiative du Collectif de coordination et de liaison des démocrates (CCLD). Nous y travaillons depuis longtemps. Notre ambition est de contribuer au renforcement du CCLD pour en faire un espace de débats, briser les murs de la méfiance et jeter les ponts de l’échange. L’expérience que nous avons cumulée au sein du PLD valide les thèses de feu Hachemi Cherif. La stratégie de la double rupture focalise les luttes contre l’islamisme politique, d’une part, et le système rentier et maffieux, d’autre part. Sans la volonté inflexible de conduire en synergie ces deux combats, soustraire le pays à la menace théocratique et l’arracher à la chape de plomb de la rente et de l’informel ne seront que chimères et vaines illusions. Aujourd’hui, nous pouvons aller plus loin en mettant en avant la notion de triple rupture pour consacrer par ailleurs la faillite et l’obsolescence de la classe politique. Evidemment, la laïcité, principe fondamental et pré-requis de toutes les libertés est au cœur des luttes que nous avons à mener aux cotés de nombreux intellectuels. En effet, la séparation du politique et du religieux ouvre le champ pour construire une société citoyenne, pleinement consciente de ses droits et de ses devoirs. C’est précisément cet objectif qu’il s’agit d’atteindre pour édifier les institutions modernes de la République. C’est le pari à tenir pour asseoir et élargir l’adhésion au CCLD. Comment situez-vous les forces progressistes en Algérie et ce qui les différencie des autres courants politiques ? Bien évidemment, nous ne partageons rien de commun avec les islamistes : nous ne sommes pas de la même extraction. Rien ne nous lie à ce courant mortifère car un torrent de sang nous en sépare ! Ce qui me préoccupe beaucoup aujourd’hui, c’est l’émiettement des forces démocratiques. A cause de notre atomisation, nous renvoyons à la société l’image d’un archipel éclaté. L’urgence donc est de susciter à l’intérieur de notre famille un mouvement de convergence pour retrouver la terre ferme de l’union. C’est précisément cette dynamique unitaire qu’appelle de ses vœux le Collectif de coordination et de liaison des démocrates. Retrouvons-nous d’abord loin de nos ennemis, pour nous donner toutes les chances de gagner les batailles politiques à venir. Etes-vous pour une Assemblée constituante, comme le réclame actuellement le PT, ou la construction d'un consensus national comme le demande le FFS et certains partis ? Pour nous, l’opportunité d’une Assemblée constituante ne pourrait s’envisager qu’au lendemain d’une transition nationale qui a déjà balisé le chemin vers un consensus dont le socle est l’Etat de droit. Nous, au PLD, nos principales propositions de sortie de crise sont une transition nationale décrétée par le président de la République avec toutes les forces vives du pays le plus tôt possible. L’ANP doit être garante du caractère pacifique et démocratique de cette transition. Il y a aussi la nomination d’un gouvernement de combat républicain pour gérer la transition, l’arrêt du processus actuel avec la dissolution de toutes les institutions «élues» ou désignées, ainsi que tous les syndicats et associations «maison», l’adoption d’un projet de loi pour une nouvelle Constitution afin d’aboutir à un projet de société pour que l’Algérie devienne une République démocratique, moderne, sociale et laïque et l’adoption d'un projet de loi sur les partis politiques et leur financement pour le renouvellement de la classe politique. 
www.elwatan.com | 18/06/18
Président de la Chambre d’agriculture de Ghardaïa et membre du Conseil national de l’agriculture, Rabah Ouled-Hadar évoque, dans l’entretien qu’il nous a accordé, la polémique née du recours abusif des pesticides et des engrais par les cultivateurs. Pour lui, l’agriculture traverse une période charnière et connaît une extension des terres, notamment au sud du pays où, selon lui, on produit 37% des fruits et légumes présents sur le marché. Il assure les consommateurs en leur disant que les produits qu’ils mangent «sont bio ou semi-bio» parce qu’ils sont «cultivés sur des terres non polluées et irriguées par des eaux naturelles de la nappe albienne». Entretien réalisé par Salima Tlemçani Une polémique tourne actuellement autour du recours abusif aux pesticides et aux engrais par les agriculteurs. Est-ce le cas ? En tant que professionnels, nous avons toujours dénoncé l’utilisation abusive des pesticides et des engrais. Le recours à ces produits doit être rationnel et bien contrôlé. Certains agriculteurs qui ne sont pas formés ou ont des connaissances modestes de l’agriculture doivent être informés. Ces produits comportent des étiquettes où sont inscrites toutes les informations relatives à leur utilisation. Il suffit de les vulgariser pour qu’elles soient accessibles à tous. Les agriculteurs doivent faire appel aux professionnels pour améliorer leur rendement avec des techniques plus modernes. Sachez que le secteur de l’agriculture appartient à 99% au privé et compte 1,2 million d’agriculteurs et 2 millions de praticiens. Cela donne un peu plus de 3 millions d’intervenants dans le secteur qu’il est difficile de former, d’informer et de mettre à niveau. L’agriculture n’a pris son envol que ces dernières années, en raison de l’importance donnée à la production agricole, notamment les fruits, les légumes, les viandes et le lait. Des efforts considérables ont été consentis par les professionnels qui ont relevé le défi de la mise en valeur des terres au sud du pays. Ils ont réussi de façon remarquable à travers l’extension des surfaces agricoles. Aujourd’hui, 23% de la production agricole nationale provient du Sud, particulièrement des wilayas d’El Oued, Biskra, Ghardaïa qui produisent 37% de nos légumes. Justement, en évoquant ces légumes mais aussi ces fruits, certains experts ont mis en garde contre ces produits dont la taille est anormalement importante en raison de leur «dopage» par des engrais. Partagez-vous cette inquiétude ? Il faut savoir que la taille dépend de la variété de la semence et de l’espèce ; chacune peut avoir son calibrage particulier. Peut-être les agriculteurs ont-ils importé des variétés de semences de  légumes ou de fruits de grande taille. N’y a-t-il pas surutilisation des engrais ? Cela pourrait être vrai pour le Nord, parce que le sol est lourd et laisse difficilement les produits chimiques disparaître. Tandis qu’au Sud, le sol est sablonneux, il agit comme un filtre. Tous les produits sont évacués. Au Sud, on utilise l’irrigation intensive, ce qui n’est pas le cas au Nord. Avec les fréquences de cette irrigation, il y a ce qu’on appelle un drainage naturel de l’excès d’engrais. Il faut dire que le sol saharien est certes exposé aux aléas climatiques, mais il ne favorise pas les contaminations. Il est vierge et stérile et nécessite un apport en engrais. Son irrigation se fait par une eau albienne qui se trouve entre 300 et 1500 mètres de profondeur, faisant d’elle une eau pure. Ce drainage naturel dégage tous les excès de produits chimiques. Qu’en est-il du recours par les agriculteurs à la fiente de volaille comme engrais ? N’est-ce pas dangereux pour la santé ? Là vous avez entièrement raison. Il y a des régions, comme El Oued par exemple, qui abusent de l’utilisation des déchets organiques de volailles dopées aux antibiotiques et aux hormones qui peuvent être toxiques s’ils dépassent le taux de 5%. Comment savoir si ce taux n’est pas dépassé ? Cela passe par des analyses et des contrôles. Moi-même j’ai déjà analysé certains produits et j’ai constaté une contamination au phosphate, aux antibiotiques et aux hormones. Si le taux est de 5%, cela ne pose pas de problème. La norme arrêtée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est entre 5 et 10%. Mais même avec cette dose assez basse, nous les orientons vers le compostage. Les déchets doivent être compostés avant leur utilisation pour éviter toute contamination et toute mauvaise utilisation. Pour ce qui est des fruits, je peux vous dire que la production de pastèque à El Ménéa, par exemple, atteint un million de quintaux par an et elle est distribuée dans les 48 wilayas du pays. Elle est irriguée avec une eau minérale naturelle de Ménéa, puisée à partir de l’albien. La pastèque est cultivée sur un terrain vierge, le premier à être mis en valeur par des privés. L’utilisation d’engrais ou de semences hybrides a permis de booster la production de ce fruit ces quatre dernières années. Un million de quintaux sont consommés par 15 millions de consommateurs et à aucun moment nous n’avons entendu parler d’une quelconque intoxication. Les seuls cas enregistrés proviennent du Nord et sont dus à l’irrigation avec des eaux usées. Est-ce le cas pour la fraise dont la taille était exceptionnelle, sachant que ce fruit se mange intégralement ? La culture de la fraise a connu le même cheminement. Les agriculteurs ont misé sur de nouvelles semences et des engrais pour avoir des tailles plus grandes. Mais il faut juste qu’ils respectent la durée de récolte, qui est de 15 jours. Un délai suffisant pour que les produits disparaissent du fruit. Il faut savoir que 37% de la production nationale de fruits et légumes provient de trois ou quatre wilayas du sud du pays. Mais s’il y a des tentatives de quelques indus agriculteurs, cela ne doit pas jeter le discrédit sur l’ensemble des professionnels qui font des efforts exceptionnels. N’oublions pas que pour des raisons de rentabilité et de qualité, nous avons besoin de traiter les plants par les pesticides qui ont de tout temps été utilisés. Le problème qui se pose n’est pas leur utilisation, mais leur dosage. Je ne pense pas que les agriculteurs savent qu’en dopant leurs plantes, ils influent sur leur santé. Ils n’ont pas intérêt à ce que leur production soit compromise. Qu’en est-il de ces pesticides utilisés en Algérie et qui sont interdits eu Europe et ailleurs dans le monde ? Normalement, chaque produit chimique qui entre au pays doit être analysé par une commission spéciale d’homologation au niveau de l’Institut national de protection de végétaux (INPV) qui dépend du ministère de l’Agriculture. Comment ce contrôle peut-il être fait sur des produits qui circulent de manière informelle ? C’est vrai. Il en existe et pour y faire face, il faut que nos hommes d’affaires et nos chimistes s’orientent vers l’industrie chimique pour produire les pesticides et répondre à la demande nationale. Il y a des sociétés publiques qui le font mais leurs productions sont en deçà des besoins. Ne faut-il pas plutôt des laboratoires de contrôle, comme plaidé par le président de l’Association des exportateurs algériens ? J’ai toujours plaidé pour des laboratoires régionaux qui doivent être à la disposition des commerçants, des agriculteurs, des exportateurs, de l’Association de protection des consommateurs et de tous les professionnels. Pourquoi ne pas encourager le privé et les grandes entreprises à investir ce créneau très porteur ? Cette démarche a été abordée lors des Assises de l’agriculture et elle a été recommandée par une grande majorité des participants. Savez-vous que pour toute certification d’exportation, nous sommes obligés d’aller jusqu’en Tunisie puisque l’agrément est donné par Ecoser, un bureau international qui a des représentants en Tunisie, au Maroc, en Egypte et pas en Algérie ? Pourquoi ne pas avoir un bureau à Alger ? Il y a un manque flagrant de laboratoires qu’il est temps de combler. Nous avons 50 à 60 000 chimistes expérimentés et quelque 200 000 biologistes qui pourraient être d’un apport considérable. La ressource humaine existe. Il reste uniquement les moyens matériels qu’il faudra mettre en place. Vous insistez sur le contrôle des produits à l’export, mais qu’en est-il du contrôle de toute cette production agricole mise sur le marché ? On ne doit pas jouer avec la santé des citoyens. Les fruits et légumes destinés à la consommation doivent être contrôlés. C’est l’affaire des professionnels et interprofessionnels. Il ne faut pas être pessimiste pour la qualité de nos produits qui sont majoritairement bio ou semi-bio. Au Sud, la terre et l’eau ne sont pas polluées. Les agriculteurs sont obligés d’utiliser des engrais parce qu’ils cultivent un sol aride. Il faut juste contrôler les doses et respecter les délais de traitement. Certains pensent que l’agriculture algérienne reste très traditionnelle. Etes-vous d’accord ? Nous avons 3 millions d’agriculteurs, mais seulement 2 à 3% sont formés. L’agriculture a toujours été un métier pour ceux qui n’ont pas de métier ! C’était comme une échappatoire au chômage. Aujourd’hui, nous traversons une période charnière parce que la relance de ce secteur date des années 2000 et les résultats commencent à arriver. Pour le Sud, croyez-moi, les changements sont radicaux. Il n’y a qu’à voir le trafic des gros transporteurs sur la RN1 qui traverse tout le pays d’Alger à Tamanrasset ; cette route est empruntée quotidiennement par 1200 camions qui transportent les produits agricoles. Ce qui est énorme. Il ne faut pas discréditer tout ce qui a été fait et consenti à cause de quelques cas d’exportations non réussies. Il ne faut pas faire peur aux consommateurs. Il est juste temps de penser à améliorer la formation des agriculteurs, les accompagner et les aider à se mettre à niveau. Pour l’instant, l’exportation n’est pas notre priorité. Ce qui est important, c’est de répondre à la demande locale et d’arriver à l’autosuffisance en fruits et légumes. Nous avons des exportations occasionnelles et non pas contractuelles. C’est l’excès de production qui est exporté, pour l’instant. C’est rentable parce que cela aide à la mise à niveau et au transfert de savoir-faire. Exporter des dattes infestées de vers ne porte-t-il pas préjudice à l’image de marque de nos produits ? L’Algérie exporte la datte depuis longtemps. Les quantités refoulées sont dérisoires par rapport à celles qui ont été vendues. De plus, si ces dattes sont infestées de vers, cela prouve qu’elles n’ont pas été traitées aux pesticides. Les vers sont des ennemis naturels qui attaquent les meilleures dattes. Certes, ils influent sur leur qualité, mais cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas saines. Il faut donc que les esprits se calment et que tous — commerce, agriculture, intérieur et professionnels du secteur — s’impliquent pour élaborer une cartographie de la production agricole et mettre en place une sorte de cellule de veille, dans l’intérêt général des agriculteurs et des consommateurs.
www.elwatan.com | 14/06/18
La vidéo de la journaliste Layla Haddad a été vue, jusqu’à hier, par cinq millions d’internautes. Cette déferlante ne s’explique pas par son contenu. Ce qu’elle dit n’est pas nouveau, il est même au cœur du débat politique : une partie de la presse et bon nombre de partis et de personnalités politiques – ainsi que de larges pans de l’opinion publique – demandent régulièrement à Bouteflika de mettre fin à son long règne à la tête du pays, du fait de son état de santé largement détérioré et en raison de l’usure du système politique qu’il a construit à son image et qui a fini par fonctionner au seul bénéfice des clans gravitant autour de lui ou de la fonction présidentielle. Layla Haddad n’en dit pas plus que les quatorze personnalités algériennes qui, récemment, ont adressé une déclaration au président de la République et elle na va pas aussi loin que le RCD, le FFS, le PT, Talaie El Hourriyet et Jil Jadid, et d’autres encore, qui, régulièrement, font le procès du régime. Si les autorités n’avaient pas affiché une grande colère publique, la vidéo de la journaliste serait passée inaperçue, ou du moins peu vue. Le pouvoir a eu l’effet inverse de ce qu’il attendait. C’est internet qui gère aujourd’hui le monde et les dirigeants algériens ne le savent pas ou tentent de l’ignorer. Nos citoyens redécouvrent la Toile à une vitesse stupéfiante et font appel à elle pour s’informer et se faire une idée sur les grandes questions se posant au pays. L’opinion publique n’est plus forgée, ou très peu, par les médias ou les courroies de transmission classiques. Il est vain et surtout contre-productif de faire jouer la censure ou la propagande. Les autorités se cassent les dents à chaque fois qu’elles s’aventurent de le faire. Leur réaction, s’agissant de Layla Haddad, a été gratuite, disproportionnée et contre-productive, d’autant qu’a été mise en avant, sans aucune preuve, la thèse du complot – puisée dans le vieux lexique du parti unique – dans lequel serait mêlée la journaliste sous la bannière de l’Union européenne, dont le représentant à Alger a estimé que l’UE n’est en rien «comptable» des déclarations des journalistes qu’elle accrédite en son sein, lesquels, ajoute-t-il opportunément, ont le droit de s’exprimer et de jouir de la liberté d’expression. Celle-ci, précisément, reste encore une des conquêtes les plus fragiles des luttes démocratiques dans le pays. Elle est malmenée régulièrement, la toute dernière affaire concerne l’arrestation musclée à Oran d’un journaliste et d’un blogueur pour des révélations concernant la gestion du port d’Oran. Ce genre de pratiques est devenu chose courante au point d’émouvoir les ligues de défense des droits et les professionnels des médias. Les éditeurs de la presse électronique ont dénoncé «le retour aux pratiques d’un autre âge». Le mot est lâché, un autre âge, c’est-à-dire des procédés datant de l’ère du parti-Etat, ceux d’un régime et d’un président de la République omnipotent, au-dessus de tous, y compris des lois, s’appuyant pour régner tantôt sur les services de renseignement, tantôt sur les apparatchiks du parti unique, généralement les deux en même temps. Mais au fil du temps, des épreuves et des souffrances souvent terribles (Printemps 1980, Octobre 1988, décennie 1990), les Algériens ont appris à se battre et à se méfier de tout ce qui vient «d’en haut», notamment des manœuvres visant à perpétuer les systèmes et leurs hommes. Celle qui se présente, aujourd’hui — un 5e mandat pour le président de la République —, ne peut être vouée qu’à l’échec.
www.elwatan.com | 05/06/18
La vidéo de la journaliste Layla Haddad a été vue, jusqu’à hier, par cinq millions d’internautes. Cette déferlante ne s’explique pas par son contenu. Ce qu’elle dit n’est pas nouveau, il est même au cœur du débat politique : une partie de la presse et bon nombre de partis et de personnalités politiques – ainsi que de larges pans de l’opinion publique – demandent régulièrement à Bouteflika de mettre fin à son long règne à la tête du pays, du fait de son état de santé largement détérioré et en raison de l’usure du système politique qu’il a construit à son image et qui a fini par fonctionner au seul bénéfice des clans gravitant autour de lui ou de la fonction présidentielle. Layla Haddad n’en dit pas plus que les quatorze personnalités algériennes qui, récemment, ont adressé une déclaration au président de la République et elle na va pas aussi loin que le RCD, le FFS, le PT, Talaie El Hourriyet et Jil Jadid, et d’autres encore, qui, régulièrement, font le procès du régime. Si les autorités n’avaient pas affiché une grande colère publique, la vidéo de la journaliste serait passée inaperçue, ou du moins peu vue. Le pouvoir a eu l’effet inverse de ce qu’il attendait. C’est internet qui gère aujourd’hui le monde et les dirigeants algériens ne le savent pas ou tentent de l’ignorer. Nos citoyens redécouvrent la Toile à une vitesse stupéfiante et font appel à elle pour s’informer et se faire une idée sur les grandes questions se posant au pays. L’opinion publique n’est plus forgée, ou très peu, par les médias ou les courroies de transmission classiques. Il est vain et surtout contre-productif de faire jouer la censure ou la propagande. Les autorités se cassent les dents à chaque fois qu’elles s’aventurent de le faire. Leur réaction, s’agissant de Layla Haddad, a été gratuite, disproportionnée et contre-productive, d’autant qu’a été mise en avant, sans aucune preuve, la thèse du complot – puisée dans le vieux lexique du parti unique – dans lequel serait mêlée la journaliste sous la bannière de l’Union européenne, dont le représentant à Alger a estimé que l’UE n’est en rien «comptable» des déclarations des journalistes qu’elle accrédite en son sein, lesquels, ajoute-t-il opportunément, ont le droit de s’exprimer et de jouir de la liberté d’expression. Celle-ci, précisément, reste encore une des conquêtes les plus fragiles des luttes démocratiques dans le pays. Elle est malmenée régulièrement, la toute dernière affaire concerne l’arrestation musclée à Oran d’un journaliste et d’un blogueur pour des révélations concernant la gestion du port d’Oran. Ce genre de pratiques est devenu chose courante au point d’émouvoir les ligues de défense des droits et les professionnels des médias. Les éditeurs de la presse électronique ont dénoncé «le retour aux pratiques d’un autre âge». Le mot est lâché, un autre âge, c’est-à-dire des procédés datant de l’ère du parti-Etat, ceux d’un régime et d’un président de la République omnipotent, au-dessus de tous, y compris des lois, s’appuyant pour régner tantôt sur les services de renseignement, tantôt sur les apparatchiks du parti unique, généralement les deux en même temps. Mais au fil du temps, des épreuves et des souffrances souvent terribles (Printemps 1980, Octobre 1988, décennie 1990), les Algériens ont appris à se battre et à se méfier de tout ce qui vient «d’en haut», notamment des manœuvres visant à perpétuer les systèmes et leurs hommes. Celle qui se présente, aujourd’hui — un 5e mandat pour le président de la République —, ne peut être vouée qu’à l’échec.
www.elwatan.com | 05/06/18
Une affaire d'amours, de vies et de morts… mais pas seulement. Les chiffres et les mots des démographes — nuptialité, fécondité, natalité, mortalité — révèlent avec une précision déconcertante l'histoire du temps présent, ses tourments et ses tournants. L'Europe arrive à un nouvel âge. L'évolution des trente (...) / Europe , Europe de l'Ouest , Allemagne , France , Europe centrale , Europe du Nord , Europe de l'Est , Histoire , Mutation , Démographie , Santé , Migrations , Protection sociale - 2018/06
Parce qu'il retrouve clairement démuni au centre de son attaque suite aux départs actés de Yann David (Castres) et de Gaël Fickou, libéré de sa dernière année de contrat au profit du Stade Français moyennant une indemnité estimée entre 700 000 et 800 000 euros, mais aussi de Florian Fritz parti à la retraite, le Stade Toulousain s'est mis en quête d'un renfort, dont le statut JIFF sera indispensable.  Un profil qui correspond trait pour trait à un certain Maxime Mermoz (31 ans, 35 sélections). Qui pour ne rien gâcher se trouver être un ancien de la maison, puisqu'il a été formé par l club de la Ville Rose, avant de rejoindre dès 2008 l'Usap puis Toulon, glanant au passage 2 Boucliers de Brennus et 3 Coupes d'Europe ; son exil anglais s'est avéré moins heureux du côté de Leicester puis cette saison de Newcastle, où une santé défaillante en raison d'un problème d'oreille interne a limité son temps de jeu à la portion congrue. "Un accord pourrait être rapidement acté ", croient savoir nos confrères du Midi Olympique , qui évoque aussi "les contacts avancés entre les deux parties ".
www.sports.fr | 30/05/18
Les Algériennes et les Algériens ont hérité à l’indépendance d’un pays complètement dévasté par la guerre, avec des infrastructures détruites et une majorité de la population plongée dans la précarité, la pauvreté, l’analphabétisme et le chômage massif. C’est dans un tel désastre économique et social que le jeune Etat algérien s’installe aux commandes et, malgré la multiplicité et la gravité des problèmes du pays, une des premières décisions politiques fut d’apporter aide et assistance sans réserve aux mouvements de libération des pays encore sous domination coloniale, particulièrement ceux d’Afrique. J’étais étudiant à l’université dans les années 1960 et 1970 et je peux attester qu’un grand nombre de jeunes Africains, de Guinée, du Mozambique, d’Angola, du Mali, du Niger et de bien d’autres pays poursuivaient leurs études à l’université algérienne, entièrement pris en charge par notre pays. Beaucoup d’entre eux, des amis, deviendront de hauts responsables politiques à l’indépendance de leur pays ! Alger était considérée comme «la Mecque des mouvements de libération» du monde entier. Tous ces mouvements révolutionnaires étaient logés, soutenus politiquement, financièrement et militairement par le gouvernement algérien jusqu’à obtention de leur indépendance et bien au-delà de cette date. Combien de jeunes Algériens savent aujourd’hui que le grand Nelson Mandela a vécu en Algérie et a reçu, comme bien d’autres responsables politiques et militaires africains, soutien politique et diplomatique et formation militaire avant de retourner combattre dans son pays ! Nous vivions avec ces hommes et ces femmes africains à Alger, dans un esprit spontané et profond de solidarité au nom des idées de liberté et d’émancipation des peuples du Tiers-Monde que notre pays portait très haut sur la scène internationale. Malgré l’insuffisance de nos moyens matériels et humains en médecine, plusieurs équipes médicales furent dépêchées, bien avant les ONG internationales, pour aller soigner et faire démarrer les structures de santé de bien des pays africains, à l’image du Nigeria, au moment de la guerre du Biafra, et de l’Angola. Cela nous rendait très fiers et je garderai toujours le souvenir incroyable, inédit du Festival panafricain de 1969, pendant lequel les rues et les places d’Alger s’étaient transformées en une multitude de scènes étourdissantes, où se côtoyaient les danses, les chants et la musique de tout le continent ! C’est donc au moment où nous étions pauvres, écrasés par les problèmes socioéconomiques hérités de la période coloniale que nous avons été généreux, fidèles à nos principes de solidarité et de partage. Aujourd’hui, je suis affligé, honteux, malade de constater à quel point tout ce capital moral, humain, fraternel, forgé par la génération post-indépendance est en train d’être dilapidé. Que nous est-il arrivé pour que notre pays, 40 ans plus tard, devienne l’objet de condamnations infamantes d’ONG des droits humains et même de l’ONU sous l’accusation d’atteinte aux droits humains et de traitements dégradants envers les migrants d’Afrique subsahélienne ? Que s’est-il passé dans nos consciences pour que notre attitude vis-à-vis de nos protégés d’hier se mue en politique de reconduite forcée de milliers de migrants africains fuyant la faim et la guerre, comme nous avions fui nous-mêmes dans d’autres pays pendant la guerre d’indépendance ? Pourquoi notre discours officiel se résume-t-il aujourd’hui à des propos sécuritaires, même s’il y a probablement une part de vérité dans ce sens, que nos organisations humanitaires, à l’exemple du Croissant- Rouge, participent à la curée en produisant un discours démagogique pour jeter un voile pudique sur cette triste réalité ? Comment peut-on admettre sans sourciller qu’au moment même où ces Africains sont reconduits sans ménagement à la frontière, les milieux d’affaires algériens, publics et privés, multiplient discours, interviews et conférences, font semblant enfin de découvrir l’Afrique, non pour venir au secours de cette population désespérée, mais pour lui vendre des machines à laver et des smartphones et nous ramener des devises ? Que faire pour réveiller les consciences, interpeller les mémoires de nos intellectuels, de nos responsables politiques et du simple citoyen pour défendre notre honneur de peuple qui a connu la souffrance, comme il a connu le soutien fraternel de peuples africains au moment de son combat pour la liberté. Doit-on rappeler que le nom de guerre de notre actuel Président était «Abdelkader El Mali», en référence au pays qui servait de base logistique à l’ALN ? Comment après tout cet investissement moral, politique, diplomatique, humain et éthique pouvons-nous accepter de nous perdre dans une logique «sécuritaire» égoïste et brutale, qui frise le racisme, qui est dans tous les cas de figure inefficace, sinon contre-productive et au terme de laquelle nous risquons d’y laisser notre âme ? Croit-on vraiment qu’en reconduisant nos frères migrants à la frontière nous allons nous «débarrasser» du problème, comme tentent de le faire les pays de l’UE en multipliant lamentablement barbelés, patrouilles de police, miradors et chiens méchants pour refouler vers la Turquie les frères migrants du Moyen-Orient ? Cette politique à l’égard des migrants est illusoire, comme est dérisoire celle menée par les pays de l’UE et les Etats-Unis de Trump. Car il ne s’agit plus de phénomène d’émigration-immigration, comme celui que nous avons nous-mêmes connu dans les années 1960-1970, lorsque nos pères vendaient leur force de travail à l’Europe. Le phénomène est beaucoup plus grave, plus massif, inscrit dans la durée et dont les causes relèvent des conséquences des nouvelles politiques économiques mondiales. Le monde fait face aujourd’hui à un phénomène migratoire massif et irréversible que rien n’arrêtera plus. En effet, après la longue nuit coloniale est venue la mondialisation, avec son déferlement de politiques néo-libérales et sa dérégulation des marchés mondiaux. Après avoir été ruinés par la domination coloniale, voilà que nous sommes aujourd’hui soumis aux règles de l’économie dérégulée et de la finance internationale, qui produit chaque année mille fois plus de perdants que de gagnants. Les perdants, c’est nous dont le sort est dépendant du prix des hydrocarbures, ce sont aussi tous les pays Africains sans exception dont l’économie est totalement dépendante des marchés des matières premières et qui sont de plus frappés de plein fouet par la dégradation de leur environnement en raison du réchauffement climatique. Leur agriculture est ruinée, leur sol appauvri et pollué, leurs réserves d’eau s’épuisent. Les perdants ce sont aussi les pauvres et les classes moyennes basses des pays développés, qui voient chaque jour leur niveau de vie s’effondrer et leur système de protection sociale disparaître. L’effrayante logique néo-libérale mondialisée produit des exclus économiques et écologiques, des laissés- pour-compte en masse, aussi bien dans les pays du Sud que dans ceux du Nord. La boulimie de consommation et son emballement insensé dans les pays développés et ceux dits «émergents», comme l’Inde ou la Chine, ont produit une dégradation lente et constante du climat dont les conséquences ne sont pas difficiles à prévoir. L’impact sur l’économie des pays du Sud, déjà fortement secouée, sera désastreux : à ce rythme et avec l’augmentation de la population, avant 2050 beaucoup de ces pays ne pourront plus nourrir leur population ! Voilà pourquoi ces millions de «perdants» n’ont d’autre choix que de migrer pour tenter de s’accrocher à ceux qui ont gagné sur leur dos ! Leurs territoires se désertifient, leurs enfants y meurent de faim et de maladies transmissibles. Nous sommes bel et bien dans une situation de crise mondiale que certains n’hésitent pas à qualifier de «révolutionnaire» car ce mouvement mondial de migration provoque la peur et pousse au développement de politiques populistes, réactionnaires et racistes, qui se multiplient hélas aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud. Cette évolution chaotique ne peut pas rester sans conséquences sur les relations internationales en général et sur les politiques de migration en particulier : la poussée migratoire, qui est déjà là, à travers le monde entier — d’Afrique et du Moyen-Orient vers l’Europe, d’Asie et d’Amérique latine vers l’Amérique du Nord — ne s’arrêtera pas, elle va s’accentuer, dopée par la dégradation du milieu et l’accentuation de la pauvreté et de la misère. Il n’y a que deux façons de faire face à cette révolution migratoire mondiale : on l’admet et on met en place les stratégies adaptées sur la base des principes de solidarité et de partage entre humains qui n’ont d’autre choix que de partager la même planète. On peut aussi refuser cette réalité et s’enfermer, comme le font M. Trump ou M. Orban, dans des discours populistes de haine et d’exclusion et édifier murs et barbelés, qui volerons, de toute façon, comme des fétus de paille sous la poussée irrésistible de la misère humaine ! Je terminerais mon propos en m’adressant à mes concitoyens qui contemplent sans comprendre cette affligeante situation : essayons de nous débarrasser de la peur de l’autre qui déforme notre vision, accentue notre égoïsme et nous pousse vers la xénophobie et le racisme. Au lieu de détourner notre regard de ces pauvres hères qui tendent la main le long de nos routes ou leur donner la pièce pour acquitter notre conscience, arrêtons-nous un instant et parlons avec eux ! Ecoutons- les nous raconter leur vie, leurs joies et leurs peines, les déserts qu’ils ont traversés pour nous rejoindre, comme la mer que traversent nos enfants au péril de leur vie, écoutons leurs chants d’amour et le discours de leurs griots, regardons cette Africaine avec son enfant chétif et dénudé comme une femme, une mère, un être porteur de tant de souvenirs, de souffrance et d’expérience qui pourrait tant nous enrichir. Ne la méprisons pas, ne lui jetons pas la pierre, n’ayons pas peur d’elle. C’est une femme qui, hier encore, vivait la tête haute, dans son pays, et qui vient aujourd’hui chez toi, abandonnée par tous. Parle avec elle….     Par le professeur Farid Chaoui  
www.elwatan.com | 28/05/18
Les Algériennes et les Algériens ont hérité à l’indépendance d’un pays complètement dévasté par la guerre, avec des infrastructures détruites et une majorité de la population plongée dans la précarité, la pauvreté, l’analphabétisme et le chômage massif.   C’est dans un tel désastre économique et social que le jeune Etat algérien s’installe aux commandes et, malgré la multiplicité et la gravité des problèmes du pays, une des premières décisions politiques fut d’apporter aide et assistance sans réserve aux mouvements de libération des pays encore sous domination coloniale, particulièrement ceux d’Afrique. J’étais étudiant à l’université dans les années 1960 et 1970 et je peux attester qu’un grand nombre de jeunes Africains, de Guinée, du Mozambique, d’Angola, du Mali, du Niger et de bien d’autres pays poursuivaient leurs études à l’université algérienne, entièrement pris en charge par notre pays. Beaucoup d’entre eux, des amis, deviendront de hauts responsables politiques à l’indépendance de leur pays ! Alger était considérée comme «la Mecque des mouvements de libération» du monde entier. Tous ces mouvements révolutionnaires étaient logés, soutenus politiquement, financièrement et militairement par le gouvernement algérien jusqu’à obtention de leur indépendance et bien au-delà de cette date. Combien de jeunes Algériens savent aujourd’hui que le grand Nelson Mandela a vécu en Algérie et a reçu, comme bien d’autres responsables politiques et militaires africains, soutien politique et diplomatique et formation militaire avant de retourner combattre dans son pays ! Nous vivions avec ces hommes et ces femmes africains à Alger, dans un esprit spontané et profond de solidarité au nom des idées de liberté et d’émancipation des peuples du Tiers-Monde que notre pays portait très haut sur la scène internationale. Malgré l’insuffisance de nos moyens matériels et humains en médecine, plusieurs équipes médicales furent dépêchées, bien avant les ONG internationales, pour aller soigner et faire démarrer les structures de santé de bien des pays africains, à l’image du Nigeria, au moment de la guerre du Biafra, et de l’Angola. Cela nous rendait très fiers et je garderai toujours le souvenir incroyable, inédit du Festival panafricain de 1969, pendant lequel les rues et les places d’Alger s’étaient transformées en une multitude de scènes étourdissantes, où se côtoyaient les danses, les chants et la musique de tout le continent ! C’est donc au moment où nous étions pauvres, écrasés par les problèmes socioéconomiques hérités de la période coloniale que nous avons été généreux, fidèles à nos principes de solidarité et de partage. Aujourd’hui, je suis affligé, honteux, malade de constater à quel point tout ce capital moral, humain, fraternel, forgé par la génération post-indépendance est en train d’être dilapidé. Que nous est-il arrivé pour que notre pays, 40 ans plus tard, devienne l’objet de condamnations infamantes d’ONG des droits humains et même de l’ONU sous l’accusation d’atteinte aux droits humains et de traitements dégradants envers les migrants d’Afrique subsahélienne ? Que s’est-il passé dans nos consciences pour que notre attitude vis-à-vis de nos protégés d’hier se mue en politique de reconduite forcée de milliers de migrants africains fuyant la faim et la guerre, comme nous avions fui nous-mêmes dans d’autres pays pendant la guerre d’indépendance ? Pourquoi notre discours officiel se résume-t-il aujourd’hui à des propos sécuritaires, même s’il y a probablement une part de vérité dans ce sens, que nos organisations humanitaires, à l’exemple du Croissant- Rouge, participent à la curée en produisant un discours démagogique pour jeter un voile pudique sur cette triste réalité ? Comment peut-on admettre sans sourciller qu’au moment même où ces Africains sont reconduits sans ménagement à la frontière, les milieux d’affaires algériens, publics et privés, multiplient discours, interviews et conférences, font semblant enfin de découvrir l’Afrique, non pour venir au secours de cette population désespérée, mais pour lui vendre des machines à laver et des smartphones et nous ramener des devises ? Que faire pour réveiller les consciences, interpeller les mémoires de nos intellectuels, de nos responsables politiques et du simple citoyen pour défendre notre honneur de peuple qui a connu la souffrance, comme il a connu le soutien fraternel de peuples africains au moment de son combat pour la liberté. Doit-on rappeler que le nom de guerre de notre actuel Président était «Abdelkader El Mali», en référence au pays qui servait de base logistique à l’ALN ? Comment après tout cet investissement moral, politique, diplomatique, humain et éthique pouvons-nous accepter de nous perdre dans une logique «sécuritaire» égoïste et brutale, qui frise le racisme, qui est dans tous les cas de figure inefficace, sinon contre-productive et au terme de laquelle nous risquons d’y laisser notre âme ? Croit-on vraiment qu’en reconduisant nos frères migrants à la frontière nous allons nous «débarrasser» du problème, comme tentent de le faire les pays de l’UE en multipliant lamentablement barbelés, patrouilles de police, miradors et chiens méchants pour refouler vers la Turquie les frères migrants du Moyen-Orient ? Cette politique à l’égard des migrants est illusoire, comme est dérisoire celle menée par les pays de l’UE et les Etats-Unis de Trump. Car il ne s’agit plus de phénomène d’émigration-immigration, comme celui que nous avons nous-mêmes connu dans les années 1960-1970, lorsque nos pères vendaient leur force de travail à l’Europe. Le phénomène est beaucoup plus grave, plus massif, inscrit dans la durée et dont les causes relèvent des conséquences des nouvelles politiques économiques mondiales. Le monde fait face aujourd’hui à un phénomène migratoire massif et irréversible que rien n’arrêtera plus. En effet, après la longue nuit coloniale est venue la mondialisation, avec son déferlement de politiques néo-libérales et sa dérégulation des marchés mondiaux. Après avoir été ruinés par la domination coloniale, voilà que nous sommes aujourd’hui soumis aux règles de l’économie dérégulée et de la finance internationale, qui produit chaque année mille fois plus de perdants que de gagnants. Les perdants, c’est nous dont le sort est dépendant du prix des hydrocarbures, ce sont aussi tous les pays Africains sans exception dont l’économie est totalement dépendante des marchés des matières premières et qui sont de plus frappés de plein fouet par la dégradation de leur environnement en raison du réchauffement climatique. Leur agriculture est ruinée, leur sol appauvri et pollué, leurs réserves d’eau s’épuisent. Les perdants ce sont aussi les pauvres et les classes moyennes basses des pays développés, qui voient chaque jour leur niveau de vie s’effondrer et leur système de protection sociale disparaître. L’effrayante logique néo-libérale mondialisée produit des exclus économiques et écologiques, des laissés- pour-compte en masse, aussi bien dans les pays du Sud que dans ceux du Nord. La boulimie de consommation et son emballement insensé dans les pays développés et ceux dits «émergents», comme l’Inde ou la Chine, ont produit une dégradation lente et constante du climat dont les conséquences ne sont pas difficiles à prévoir. L’impact sur l’économie des pays du Sud, déjà fortement secouée, sera désastreux : à ce rythme et avec l’augmentation de la population, avant 2050 beaucoup de ces pays ne pourront plus nourrir leur population ! Voilà pourquoi ces millions de «perdants» n’ont d’autre choix que de migrer pour tenter de s’accrocher à ceux qui ont gagné sur leur dos ! Leurs territoires se désertifient, leurs enfants y meurent de faim et de maladies transmissibles. Nous sommes bel et bien dans une situation de crise mondiale que certains n’hésitent pas à qualifier de «révolutionnaire» car ce mouvement mondial de migration provoque la peur et pousse au développement de politiques populistes, réactionnaires et racistes, qui se multiplient hélas aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud. Cette évolution chaotique ne peut pas rester sans conséquences sur les relations internationales en général et sur les politiques de migration en particulier : la poussée migratoire, qui est déjà là, à travers le monde entier — d’Afrique et du Moyen-Orient vers l’Europe, d’Asie et d’Amérique latine vers l’Amérique du Nord — ne s’arrêtera pas, elle va s’accentuer, dopée par la dégradation du milieu et l’accentuation de la pauvreté et de la misère. Il n’y a que deux façons de faire face à cette révolution migratoire mondiale : on l’admet et on met en place les stratégies adaptées sur la base des principes de solidarité et de partage entre humains qui n’ont d’autre choix que de partager la même planète. On peut aussi refuser cette réalité et s’enfermer, comme le font M. Trump ou M. Orban, dans des discours populistes de haine et d’exclusion et édifier murs et barbelés, qui volerons, de toute façon, comme des fétus de paille sous la poussée irrésistible de la misère humaine ! Je terminerais mon propos en m’adressant à mes concitoyens qui contemplent sans comprendre cette affligeante situation : essayons de nous débarrasser de la peur de l’autre qui déforme notre vision, accentue notre égoïsme et nous pousse vers la xénophobie et le racisme. Au lieu de détourner notre regard de ces pauvres hères qui tendent la main le long de nos routes ou leur donner la pièce pour acquitter notre conscience, arrêtons-nous un instant et parlons avec eux ! Ecoutons- les nous raconter leur vie, leurs joies et leurs peines, les déserts qu’ils ont traversés pour nous rejoindre, comme la mer que traversent nos enfants au péril de leur vie, écoutons leurs chants d’amour et le discours de leurs griots, regardons cette Africaine avec son enfant chétif et dénudé comme une femme, une mère, un être porteur de tant de souvenirs, de souffrance et d’expérience qui pourrait tant nous enrichir. Ne la méprisons pas, ne lui jetons pas la pierre, n’ayons pas peur d’elle. C’est une femme qui, hier encore, vivait la tête haute, dans son pays, et qui vient aujourd’hui chez toi, abandonnée par tous. Parle avec elle….     Par le professeur Farid Chaoui  
www.elwatan.com | 28/05/18
- Vous dénoncez, dans votre dernier communiqué, le traitement réservé aux migrants subsahariens. Qu’en est-il exactement ? Il faut rappeler que ces opérations de «rapatriement» n’ont pas cessé depuis 2014 ; les premières ont touché les migrants nigériens suite à un accord passé avec le gouvernement du Niger et à sa demande. Près de 28 000 migrants de ce pays ont été ainsi rapatriés vers le camp de transit d’Agadez au Niger, selon les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur et confirmés par l’Organisation internationale des migrants (OIM) et les autorités nigériennes. Bien que ces opérations aient été présentées comme des opérations de rapatriement ou de retour volontaire et à titre humanitaire, on a assisté après chaque campagne au retour de ces migrants dans les mêmes proportions et parfois plus, ce qui contredit l’adhésion de ces derniers à cet accord, car il s’agit en fait d’expulsions massives, collectives et forcées, ce qui est en soi contraire au droit international et c’est ce que nous avons dénoncé dès le début et nous avons évoqué les responsabilités partagées du gouvernement algérien et de celui du Niger. - Vous considérez que les «expulsions massives» doivent cesser, car elles n’ont rien d’humanitaire. Pouvez-vous revenir sur les dernières opérations, leur ampleur et leur impact ? Oui, ces dernières années, elles ont repris de plus belle et elles touchent tous les migrants subsahariens sans aucune distinction ; les migrants sont arrêtés suite à des rafles, parfois la nuit ou tôt le matin dans leurs abris de fortune par les services de sécurité et regroupés au chef-lieu de chaque wilaya et puis envoyé dans des centres de transit via des bus et camions transportant leurs affaires en attendant leur expulsion vers le sud à Tamanrasset, et puis aux frontières vers le Niger. L’opération a été massive, on parle de centaines à Oran, Béjaïa, Alger, Annaba et partout dans les villes algériennes ; on parle de 1500 juste pour la dernière semaine. Pour notre part, il s’agit d’expulsions en bonne due et forme, car elles sont forcées et contraires au droit international et à la convention des réfugiés pourtant ratifiée par l’Algérie. Elles sont périlleuses, car elles exposent ces migrants, surtout les plus vulnérables, femmes et enfants, à des dangers contre leur santé, leur sécurité et parfois même contre leur vie. Bien que s’agissant de «migrants illégaux», il faut préciser que tout refugié est d’abord migrant et quand on décide de fuir son pays, on n’a même pas le temps de réfléchir aux papiers. Pour la plupart, ce sont des réfugiés économiques ; pour certains, ils fuient les guerres, pour d’autres la pauvreté ou les conditions climatiques défavorables. C’est pour cela que nous disons que ces expulsions doivent cesser, car non seulement elles sont illégales, mais elles exposent les migrants à toutes sortes de dangers. Je voudrais juste rappeler qu’à l’occasion de certains incidents et rixes qui ont eu lieu par-ci par-là, à chaque fois c’est le migrant qui est interpellé et expulsé. Lors du dernier incident ayant opposé des travailleurs migrants à des nationaux à Blida, on n’a pas vu de procès mettant en accusation des Algériens, ce qui est grave, car de telles pratiques participent à la stigmatisation des migrants. - Les autorités parlent de risques sur la sécurité du pays... Chaque fois qu’on veut attenter aux droits et aux libertés, on brandit la menace et la sécurité, ce sont les mêmes arguments qui sont utilisés partout par les gouvernements au monde, notamment en Europe pour lutter contre l’immigration et attenter aux droits humains. Pour ce qui nous concerne, et en tant qu’ONG nationale, nous sommes conscients des dangers qui guettent le pays suite à l’instabilité de notre voisinage. Les risques d’instrumentalisation et d’infiltration à travers les réseaux de trafic d’êtres humains, de passeurs et de terrorisme et crime transnational existent bel et bien, et il est tout à fait légitime de lutter contre ces menaces, et c’est même du devoir du gouvernement d’assurer la sécurité nationale. Nous appuyons tous les efforts de lutte contre le trafic d’êtres humains et contre les réseaux de passeurs, mais nous refusons l’amalgame avec les droits des migrants et des refugiés qui sont eux-mêmes des victimes. Seulement, quand on interroge les chiffres, sur les 28 000 migrants expulsés, combien de passeurs ou de réseaux ont-ils été démantelés ? On n’a pas plus de visibilité sur la question. - La LADDH a réitéré dans son dernier communiqué son plaidoyer pour «la mise en place en urgence d’un cadre national légal conforme au standard international des droits humains à même de permettre aux migrants d’accéder au statut de réfugiés, à une protection légale et au droit de recours»… Depuis des années que nous menons un plaidoyer pour la mise en place du cadre légal, d’une loi d’asile à même de protéger les refugiés et de permettre aux migrants qui le désirent et qui remplissent les critères d’éligibilité définis par cette loi d’accéder à ce statut, le traitement doit être au cas pas cas, non collectif. Le gouvernement a pris plusieurs engagements dans ce sens. Il s’est engagé à mettre en place le registre national des migrants et la loi l’année dernière. On s’est félicité suite aux déclarations des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Seulement, à ce jour, ces engagements tardent à se concrétiser. Tant que ces opérations d’expulsion ou de rapatriement se font en dehors d’un cadre légal national, tous les abus sont possibles car les intervenants ne sont pas outillés par la loi qui doit servir de cadre et de balise. Les migrants doivent avoir toute l’information à ce sujet et la possibilité d’accès au statut de migrant travailleur et de refugié et la possibilité de recours devant les juridictions nationales ou régionales. Le gouvernement pense que si en ignorant la question il évitera ce qu’il craint les «boat people», alors seule la loi conforme aux standards internationaux des droits humains peut endiguer le phénomène qui en réalité est mondiale et qui engage la responsabilité de tous les pays, car en fait aucun pays au monde ne peut s’ériger en donneur de leçons sur la question, vu que tous les gouvernements expulsent, refoulent et stigmatisent les migrants. L’Algérie a tout à gagner de cesser ces opérations en attendant de mettre en place le cadre légal, car c’est son image qui ne cesse de se ternir et c’est toute la sympathie et l’admiration des populations africaines envers ce pays qui a été de tout temps le berceau des opprimés et des leaders africains qui risquent d’en subir le coup.  
www.elwatan.com | 20/05/18
Rencontré à Sétif, lors de l’inauguration du tramway de cette ville des Hauts-Plateaux, le patron du groupe Alstom pour la région Afrique et Moyen-Orient nous parle, dans cette interview, de l’avenir de l’usine de montage de tramways implantée à Annaba, sur l’expérience de Cital, sur les perspectives du marché algérien ainsi que du rapprochement Alstom-Siemens.  Propos recueillis par Ali Titouche Si on vous demande de commenter la cartographie des projets d’Alstom dans la région Moyen-Orient et Afrique, que diriez-vous et quelle place allez-vous donner à l’Algérie ? Cela fait plusieurs années que nous sommes sur le marché algérien, soit depuis une trentaine d’années plus précisément. Naturellement, donc, le marché algérien a depuis toujours été un des plus importants de la région pour le groupe Alstom. L’investissement dans les projets de métro et de tramways a fait que le marché algérien devienne un des plus attrayants, même si, avons-nous constaté, il y a aujourd’hui un léger ralentissement par rapport aux années précédentes. Je fais allusion à ce petit ralentissement dans les investissements d’EMA (Entreprise du métro d’Alger) et de la SNTF (Entreprise nationale du transport ferroviaire). Assurément, il y a encore des investissements à venir dans le métro et le tramway et nous restons ainsi confiants et optimistes sur l’évolution du marché algérien. Pour Alstom, l’Algérie est un marché important oui, mais c’est aussi un positionnement stratégique pour le groupe, étant donné que nous disposons de plus de 300 personnes hautement qualifiées sur ce marché, spécialisées surtout dans la conduite des projets, l’engineering, etc. Ce sont des ressources locales que nous gardons et nous utilisons sur d’autres marchés. Nous l’avons déjà fait pour des marchés au Moyen-Orient et nous comptons aussi les utiliser sur des projets en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Sur ce marché, nous comptons justement dépêcher nos ressources algériennes pour manager les projets d’Alstom dans cette région d’Afrique.      Les projets de tramways lancés par l’Algérie ces dernières années ont permis à Alstom et ses partenaires d’investir dans une industrie de montage à travers une plateforme située à Annaba. Quel sera l’avenir de cette base industrielle, si les commandes venaient à baisser et/ou à se raréfier, sous le poids de la crise financière que connaît l’Algérie, voire après la réalisation des projets de tramways prévus ? Sur la partie Annaba, où nous avons un investissement dans une coentreprise avec l’EMA, la SNTF et Ferrovial, nous sommes effectivement en train de livrer les derniers trains assemblés à Annaba. Cependant, cette entreprise continuera à vivre grâce aux travaux de maintenance de tous les trains que Cital a mis sur les rails. A terme, il y aura plus de 200 trains qui passeront aux ateliers de Cital pour les besoins de maintenance. Je vous rappelle aussi que nous sommes sous-traitant de la Setram, qui est la société chargée de l’exploitation des tramways algériens pour tous les travaux de maintenance des infrastructures.    Vous voulez dire que la maintenance des tramways et des infrastructures est la future vocation de l’usine Cital ? En partie oui, mais il y a aussi le marché du métro qui promet de belles perspectives. Nous sommes en train de discuter justement avec l’Entreprise du métro d’Alger sur les perspectives de ce marché. Nous avons aussi les trains régionaux qui promettent d’autres perspectives ainsi que les trains Coradia prévus pour l’Algérie ; un dossier qui souffre malheureusement d’un petit blocage que nous espérons surmonter, car il y a un vrai besoin en trains régionaux. Nous avons bon espoir que Cital puisse reprendre cette activité, puisque nous avons préparé toute la partie industrielle nécessaire à cette activité. Nous avons le marché des 17 Coradia et nous espérons réaliser à terme les projections de 80 trains initialement faites. La SNTF est intéressée. Le ministère des Transports aussi. Donc, j’ai bon espoir que Cital puisse se développer davantage et étendre son activité industrielle aux trains Coradia. Cital a-t-elle vocation à grandir davantage et à négocier des contrats à l’étranger ? En Afrique par exemple… En effet. Nous avons le projet de la ville tunisienne Sfax comme exemple. Elle est la prochaine cible de Cital en matière d’approvisionnement en matériel roulant. Des négociations ont été menées avec des responsables de la ville de Sfax qui sont venus visiter Cital. Les études sont en cours et l’appel d’offres va sortir probablement d’ici la fin de l’année. Quel bilan pouvez-vous dresser de l’expérience Cital ? Avez-vous d’autres ambitions et/ou projets sur le marché algérien ? Nous venons d’inaugurer le tramway de Sétif après celui de Sidi Bel Abbès et de Ouargla qui sont en exploitation au niveau matériel roulant. Au niveau maintenance, vous avez le matériel roulant (48 rames) au niveau d’Alger qui est maintenu depuis 2008, Oran aussi (30 rames), Constantine (24 rames), où la maintenance du matériel roulant est assurée exclusivement par Cital qui est sous-traitant de l’exploitant Setram. Donc, l’expérience est là, les process sont de qualité et de dernière génération et nous avons bon espoir que cette expérience puisse s’exporter. Cette ambition était même à l’origine de la création de cette joint-venture. L’objectif était de rayonner sur le continent africain d’abord et d’élargir le champ de vision de Cital sur le reste de la région. Cital a investi sur beaucoup de compétences techniques depuis sa création, tant sur la base industrielle de Annaba qu’en terme de management des projets et d’engineering. Nous avons investi dans l’intégration, puisque nous avons aujourd’hui beaucoup de fournisseurs locaux. Nous avons quelque chose comme 300 références algériennes, tant au niveau de l’assemblage qu’au niveau maintenance et infrastructures. Nous avons par exemple des fournisseurs algériens sur les parties vitrage et câblage et nous sommes en train de négocier avec un autre fabriquant de cartes électroniques. Nous avons pu ainsi donner naissance à un écosystème de sous-traitants et à une base de compétences grâce au transfert technologique. Nos fournisseurs algériens peuvent également s’exporter avec nous sur d’autres projets en Afrique et/ou dans la région MENA.   Dans le monde, la baisse de compétitivité d’Alstom est-elle à l’origine du rapprochement avec Siemens ? C’est plutôt le contraire ! Vous avez le cas de GE qui a racheté la partie Power d’Alstom il y a de cela deux années, parce que le marché est en baisse et qu’il y avait un problème de charges. Le rachat d’une partie d’Alstom par GE était plus une consolidation qui s’était faite à cause du problème du marché. Avec Siemens, c’est plutôt le contraire, puisque vous avez deux compagnies qui se développent, parce que le marché est en développement. Les deux compagnies sont en bonne santé ; les résultats sont en progression. Le rapprochement des deux compagnies est une préparation de l’avenir. On se prépare pour la digitalisation, l’autonomie du transport… des défis qui nécessiteront des investissements importants, les financements et les compétences des deux compagnies. C’est une consolidation positive pour les besoins d’un positionnement stratégique sur le marché mondial.   En France, le groupe Alstom vit-il réellement de la commande publique ? Le marché français reste solide pour nous, mais il est un des marchés de la région. L’Europe, la France comprise, ne représente que 40% de l’activité d’Alstom. Les 60% restants des marchés d’Alstom sont en Asie pacifique, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis et en Afrique. Vous pouvez ainsi constater qu’Alstom a réussi à s’implanter un peu partout dans le monde, alors que Siemens reste plutôt sur le marché européen. Mais avec cette compagnie, nous allons développer davantage la partie digitalisation et signalisation, où Siemens est un peu plus fort que nous, alors que cette compagnie va utiliser la force d’Alstom en termes de positionnement sur les marchés extérieurs.  
www.elwatan.com | 13/05/18
Après l’Union européenne, c’est au tour des Etats-Unis de critiquer les barrières à l’importation mises en place par le gouvernement. «A propos de l’imposition des taxes douanières et de la politique d’interdiction d’importation des produits, la Chambre de commerce (américaine, ndlr) ne soutient pas ce type de politiques restrictives, car elles n’encouragent pas l’investissement étranger, freinent l’innovation et l’entrée de nouvelles technologies», a affirmé hier le vice-président exécutif, chargé des affaires internationales de la Chambre de commerce des Etats-Unis, Myron Brilliant, lors d’une conférence de presse au siège de l’ambassade américaine à Alger. Pendant son séjour, Myron Brilliant s’est entretenu avec des ministres algériens et des représentants du secteur privé. «Nous avons reçu des signaux positifs du gouvernement à propos des réformes. Mais parmi les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises américaines établies en Algérie, figurent la règle 51/49 et la liste d’interdiction d’importation. Cette dernière nuit non seulement aux entreprises étrangères, mais également aux entreprises locales qui importent de la matière première», a-t-il déploré, précisant en revanche que la Chambre qu’il représente comprend l’approche et la politique du gouvernement. Confrontée depuis 2014 à l’érosion de ses réserves de change et à la hausse de ses déficits, l’Algérie a multiplié les mesures pour rééquilibrer sa balance commerciale. Dernière mesure en date, l’établissement d’une liste de près d’un millier de produits interdits d’importation. Pour ceux qui échappent à cette interdiction, le nombre de marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation au taux de 30% a augmenté, ainsi que celui des produits soumis à des droits de douane de 60%. «A travers les réunions que nous avons eues avec les responsables algériens, ces derniers ont reconnu qu’il fallait ouvrir davantage le marché extérieur et diversifier l’économie. Ils ambitionnent de développer l’industrie, le numérique, l’agroalimentaire, l’énergie, etc. Ceci pousse le gouvernement à s’ouvrir davantage et suivre des politiques adéquates, car il doit savoir où il veut aller à l’avenir», a précisé Myron Brilliant en réponse à une question sur le climat des affaires en Algérie. Selon lui, le cadre juridique et réglementaire, le flux de capitaux, l’infrastructure et les politiques d’investissement locales sont autant de paramètres que prennent en considération les chefs d’entreprise américains lorsqu’ils veulent investir en Algérie. «Malgré les contraintes, nous devons comprendre la politique d’investissement de l’Algérie et travailler de manière à s’y adapter», a jugé, pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, John Desrocher. Instaurée dans le cadre de la loi de finances complémentaire de 2009, la règle dite des 51/49 impose au moins 51% d’intérêts algériens dans tous les projets économiques impliquant des étrangers. Myron Brilliant a qualifié par ailleurs d’«historique» son séjour en Algérie, car c’est la première visite d’une délégation de la Chambre de commerce américaine dans notre pays. «Par le passé et pendant longtemps, l’Algérie n’était pas ouverte à l’investissement étranger. L’investissement était seulement cantonné dans le secteur des hydrocarbures. Mais aujourd’hui, l’Algérie souhaite diversifier son économie et s’emploie à développer de nombreux secteurs dont les services, les infrastructures, la santé, l’industrie agroalimentaire, le e-commerce. Ceci constitue des opportunités pour les entreprises américaines, car l’Algérie est un marché prometteur», a-t-il poursuivi, tout en exprimant la disponibilité de sa Chambre à prodiguer des «recommandations» en vue de l’accession de l’Algérie à l’OMC.
www.elwatan.com | 09/05/18
Le chef de la diplomatie néerlandaise, Stef Blok, fraîchement nommé à ce poste,  est en visite officielle en Algérie dans le cadre de la troisième session de la commission mixte algéro-hollandaise, aujourd’hui et demain. Cette session de la commission mixte s’ouvre dans la perspective commune de donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales qui plongent leurs racines dans l’histoire avec 400 ans d’échanges, du temps où les navigateurs néerlandais fréquentaient les côtes algériennes. Même si les relations diplomatiques ont été scellées en 1962, la première commission mixte a eu lieu en 1987, et ce n’est qu’en 2016 que ce mécanisme de rencontres a été réactivé entre les deux Etats. «L’Algérie est très importante pour les Pays-Bas, c’est même notre principal partenaire en Afrique du Nord», a indiqué Robert Van Embden, ambassadeur du royaume des Pays-Bas à Alger. Sixième client de l’Algérie et son 13e fournisseur, la Hollande aspire à renforcer sa présence dans le plus grand pays d’Afrique avec lequel le volume des échanges commerciaux s’établit à 2 milliards de dollars à la faveur de l’Algérie principalement exportatrice d’hydrocarbures. Les importations des biens des Pays-Bas vers Algérie concernent notamment les produits agricoles et chimiques, et une coopération bien assise dans les secteurs des transports maritimes, de l’énergie, de l’hydraulique et une possible extension au secteur de la santé et celui de la gestion des déchets. Stef Blok aura des entretiens dès aujourd’hui avec son homologue des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ainsi qu’avec les ministres des Finances, des Transports et des Travaux publics, de l’Energie et des Ressources en eau. Il sera également reçu par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Dans le cadre de cette visite, les deux pays signeront un accord de non-double imposition qui «assurera aux entreprises actives dans les deux pays le non- paiement de taxes doubles». «Cet accord est essentiel, car il permettra de renforcer le climat des affaires et augmentera très certainement le niveau des investissements en Algérie et vice versa. Il facilitera la réalisation du programme de diversification de l’économie, auquel l’Algérie aspire. Nous serons heureux d’accompagner ce processus et permettre que des produits hors hydrocarbures algériens atteignent le marché de l’Europe, mais aussi de l’Asie, de l’Amérique et d’Afrique», a estimé l’ambassadeur du royaume des Pays-Bas, lors d’un point d’information organisé à la veille de la visite du ministre, Stef Blok. A noter que l’Algérie importe en grandes quantités le lait en poudre hollandais ainsi que la pomme de terre de semence. «L’Algérie est notre deuxième destination au monde, après les Etats-Unis, pour la vente de la pomme de terre de semence», dira le diplomate. Outre l’importation de produits agricoles, la coopération dans ce domaine concerne des projets pour l’amélioration de la production laitière à Guelma, un projet pour l’amélioration de la production de pomme de terre à Oued Souf et surtout un partage de savoir- faire cristallisé par des bourses de formation aux Pays-Bas destinées aux personnes activant dans le secteur économique, notamment agricole. Des projets de développement de l’horticulture sont aussi recensés dans le sud du pays. «La prévisibilité est importante» Le domaine maritime figure aussi au premier plan des échanges entre les deux pays. Un mémorandum d’entente a été signé entre les ports d’Amsterdam et d’Alger. Le Laboratoire d’études maritimes a bénéficié de formations dans le cadre d’ateliers sur la gestion des ports. Stef Blok se rendra d’ailleurs, lors de son séjour officiel, au port d’Alger. Par ailleurs et dans le domaine des énergies renouvelables, un contact régulier existe entre les instituts de recherche des deux pays dans les domaines de la valorisation des énergies, particulièrement avec l’APRUE (Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie) et le CDER. Les Pays-Bas ont aussi appuyé dans ce cadre le montage d’une centrale photovoltaïque. En outre, l’exploitation des gisements dans le domaine des énergies fossiles intéresse la Hollande, notamment les gisements offshore à travers la compagnie Shell. Interrogé, en tant que pays de l’UE, sur les mesures prises par l’Algérie pour rationaliser ses dépenses et faire face à la crise, le représentant diplomatique des Pays-Bas a dit comprendre les raisons ayant poussé la prise de certaines décisions vue la situation économique, mais en tant que clients et fournisseurs liés par un partenariat très spécial qui est l’accord d’association, «on s’attend à plus de respect» des clauses de l’accord. «La prévisibilité est très importante. On peut comprendre la situation... mais souvent il s’agit de partenariats entre PME et entreprises qui ont établi des relations commerciales, et il est très important en matière de commerce qu’il y ait de la prévisibilité pour éviter tout malentendu dans les affaires», précise Robert Van Embden, notant que son pays est prêt à apporter son aide technique et son savoir-faire pour aider à diversifier les exportations algériennes, notamment ses produits agricoles. Sur le plan politique, l’ambassadeur, dont le pays partage, cette année avec l’Italie, un siège au Conseil de sécurité, a qualifié l’Algérie de pays stable et important et a salué ses efforts pour le maintien de la paix dans la région.    
www.elwatan.com | 09/05/18
Peut-on dire que l’explosion de la violence dans les stades, les écoles, contre les femmes et les enfants, et en milieu familiale soit liée à la consommation de la drogue, qui  connait une fulgurante ascension chez les jeunes ? Une question que se sont posés hier, les participants au séminaire sur la toxicomanie et la violence, organisé à Alger, par l’Onlcdt (Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie), sans pour autant donner une réponse claire. Cependant beaucoup d’entre eux s’accordent à reconnaitre que les violences et l’abus de drogue est un couple qui fait bon ménage en se nourrissant l’un de l’autre. Expert, Salah Abdennouri, met l’accent sur « le danger mortel » que constitue la prolifération de la drogue en rappelant les quantités énormes de résine de cannabis saisies par les services de sécurité, et qui ont connu une hausse de 235 %,  de 2011 et 2015, avec un pic de 211,5 tonnes, en 2013. « Si durant ces dernières années, le volume de drogue saisi a diminué moitié, en raison de l’implication des unités de l’ANP dans les opérations de lutte au niveau des frontières notamment à l’ouest du pays, celui des psychotropes a quand à lui, connu une hausse inquiétante. Il est passé de 637.961 comprimés en 2015 à 1,072 million, en 2016 puis à 2,201 millions en 2017... », déclare l’intervenant. Il précise que cette hausse concerne aussi  le nombre de consommateurs 2010,  il y a eu 11.615 personnes prises en charge pour désintoxication, alors qu’en 2015, ce nombre est passé à 85.777 et en 2016, il  a grimpé pour atteindre 21 507 personnes. Abdennouri, rappel les résultats d’une enquête menée en 2016 par l’Office sur la consommation d’alcool, de tabac et de drogue, et qui a touché 12.103 élèves du primaire et du collège, qui montrent que  13,3 % des enfants ont fumé au moins une fois durant les douze derniers mois,  2,3 % ont consommé des psychotropes, 2,3 % ont bu de l’alcool, 3,6 % ont pris du cannabis et 1,9 ont gouté à l’ecstasy. Le conférencier met en avant le phénomène de la violence sous toutes ses formes, mais sans pour autant donner d’indice qui lie l’explosion de cette violence et à l’addiction à la drogue, regrettant au passage,  « l’absence » d’un système de données centralisé qui « permet à tous les intervenants d’y avoir accès », car dit-il, « le problème de la drogue et de la violence est multisectoriel ». Les représentants de la sureté national, Salim Djenah, et de la gendarmerie nationale, Youcef Dahmani, parlent des actions de prévention et de lutte contre la drogue,  citant les volumes de saisies, sans toute fois, donner un aperçu sur le traitement des personnes impliquées, en matière de procédure, depuis leur arrestation  jusqu’à leur présentation notamment lorsque les délits de consommation de drogue, sont aggravés par le recours à la violence. Salim Djenah, met l’accent sur les psychotropes, dont le volume de saisies avoisine le un million de comprimés par an, dit-il. « La problématique est très complexe, parce qu’il s’agit de médicaments nécessaires aux malades. Il faudra trouver les solutions à même de contrôler ces produits sans pour autant pénaliser les malades. ». L’officier explique que la majorité de ces psychotropes viennent illicitement des pays du Sahel, ou de l’Europe, par des passeurs qui les revendent en Algérie. Les saisies sont passées de 532.000 comprimés à 672.000 en deux ans. « Les produits les plus prisés sont entre autres le Dramadol, Rivotril, mais surtout Erika, appelé par les jeunes Saroukh (la fusée), et qui est produit localement. Ces médicaments agissent directement sur le système nerveux. Ils sont plus dangereux que le cannbis… », explique l’officier, en révélant : «  En 2016 nos services ont démantelé un réseau de 7 tunisiennes sur lesquelles, 7 kg de cocaïne ont été saisis. Les mises en cause assuraient le convoyage de la drogue  latino-américaine, vers Dubaï.  La même route est utilisée pour le trafic d’héroïne ». Pour lui, les saisies de résine de cannabis ont connu une baisse importante, en passant de 69 tonnes en 2015 à 41 tonnes en 2016. Abondant dans le même sens, Youcef Dahmani, de la gendarmerie affirme que l’Algérie a à sa frontière ouest, un pays producteur de cannabis, et à ses frontières sud, des états en déconfiture, où existent de grands trafics de médicament souvent acheminés de pays plus lointains comme la Guinée. L’intervenant évoque également, le trafic et le détournement des antidouleurs comme l’Erika,  ou de médicaments psychiatriques, de plus en plus consommés et qui deviennent très dangereux pour la santé, lorsqu’ils sont mélangés à d’autres produits et pendant une longue durée. Pour l’officier, « il est important d’encadrer le contrôle de ces médicaments pour éviter leur détournement ». Sous directeur de la prévention et de la santé, Rida Sahnoune, décortique la prise en charge des toxicomanes en milieu carcérale. Il commence par fait un état des lieux en présentant une enquête faite en 2004,  avec 995 dont 38,09 % d’entre eux souffrent de troubles. Les résultats montrent que 20,83 % des détenus consommaient le cannabis, 49, 4 % s’adonnaient aux psychotropes, , 16,6 %, buvaient de l’alcool, 14,6 % consommaient du Diazéban, 14,6 %, prenaient du Rivotril et  33,02 %  se droguaient avec de l’Erika. Une autre enquête plus récente, 2016, a été faite avec un échantillon de 1778 détenus montre que 46,5 % d’entre eux sont devenus addictes à la drogue en raison de l’influence du milieu, 28 %, en raison des problèmes socio-économiques. Lors des débats, de nombreuses questions ont été posées notamment sur la prise en charge des toxicomanes une fois, sortis de prison. « Il n’a pas de lien entre l’intérieur et l’extérieur de la prison. Nous réfléchissons mais nous n’avons pas encore trouvé de réponse… », a indiqué Rida Sahnoune, qui interrogeait sur le lien éventuel entre l’addiction et la violence carcérale, a répondu : « on m’a demandé de parler de la toxicomanie. J’ai pas de réponse pour les violences ». Invité à cette conférence, Aurélien Langlade, adjoint au chef du département de l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, responsables des études criminologiques en France, expose l’expérience française en matière de prise en charge toxicomanies et de violence et relève que les problèmes soulevés par les experts algériens sont les mêmes auxquels sont confrontés leurs collègues en France, où l’on enregistre 2,2 millions d’usagers de cocaïne et 5 millions de consommateurs de drogue annuellement. A signaler que deux conférenciers, du ministère de l’Education, et de celui de la Jeunesse et des Sports, ont brillé par leur absence, tout comme les traducteurs.  
www.elwatan.com | 08/05/18
Consacrée aux travailleurs, la journée du 1er Mai est une occasion pour faire une halte et un bilan des acquis sociaux, menacés par un projet de loi portant code du travail, qui  confirme la régression en matière de protection des travailleurs et des libertés syndicales. Depuis sa première mouture en 2014, puis sa deuxième en 2015, ce projet de loi de quelque 670 articles a été totalement rejeté aussi bien par les syndicats autonomes que par l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), parce qu’il ouvre la voie à l’emploi précaire, renforce les prérogatives du patronat et diminue considérablement les droits des employés. Au mois de février dernier, le gouvernement, par la voix du ministre du Travail, Mourad Zemali, rassurait les syndicats en appelant à «un dialogue social» sur la question, sans pour autant aller jusqu’au bout de ses promesses, au moment où l’Intersyndicale, fortement opposée à ce projet de loi, finalisait son «livre de propositions» à remettre aux pouvoirs publics. Pour ce regroupement de syndicats autonomes, le projet de code du travail est «un ensemble de restrictions du droit syndical et un élargissement des emplois précaires à travers la mise en place des contrats à durée déterminée, le travail de sous-traitance...» Président du Snpsp (Syndicat national des praticiens de santé publique) et membre de l’Intersyndicale, Lyes Merabet affirme que le projet de loi «n’est en réalité qu’une série d’articles assurant la protection du patronat. Le secteur privé a de tout temps été réfractaire à l’exercice syndical ; il n’y a qu’à voir les statistiques de la représentation syndicale dans le secteur économique pour se rendre compte de cette réalité. Si dans la première mouture de ce texte, cette protection de l’employeur n’était pas visible, dans la seconde, elle est bien claire. La relation de travail qui était collective sera, grâce à ce projet de loi, individuelle, alors que le volume de travail, les congés, les repos, etc., seront fixés par l’employeur, comme le travail des enfants sera permis dès 6 ans, dans le cadre artistique par exemple. C’est carrément une régression totale des droits des travailleurs». Pour M. Merabet, «cette tendance, qui n’est pas propre à l’Algérie, est le fruit de la pression exercée par le patronat et des lobbys financiers». Le syndicaliste constate aujourd’hui, après un combat qui dure depuis plus d’une année, que «c’est la confusion la plus totale entre le gouvernement et son ministre du Travail. Il y a une année, nous avons rencontré l’ex-ministre, qui nous a présenté son inspecteur général, en tant qu’interlocuteur pour discuter de ce projet de loi. Mais, il est parti, tout comme son inspecteur général, et son successeur n’a pas pris la peine de poursuivre la démarche qui a été mise au placard». M. Merabet regrette que l’Exécutif «se mette en position d’attente, ponctuée par un tâtonnement du terrain, pour tester la réactivité du front social. Il y a des situations synonymes de crise, qu’il faut prévenir à travers le dialogue et la concertation. Mais ce n’est pas le cas, et je pense que le gouvernement a profité de ce répit pour passer au peigne fin la liste des organisations syndicales, dont certaines ont été exclues, alors qu’elles se sont conformées totalement à la loi».  Pour sa part, Amar Takdjout, secrétaire général de l’Union de la wilaya d’Alger et de la fédération de textile, de l’Ugta, explique que la première mouture de ce projet de loi a été distribuée à toutes les fédérations de la centrale syndicale, pour une large discussion sur son contenu. «Une commission a été chargée de faire des propositions, mais une année après, il y a eu une deuxième mouture du projet de loi qui comporte des articles très contestés qui fragilisent davantage le monde du travail, à travers un embrigadement de l’action syndicale et les restrictions du droit des travailleurs. La généralisation des contrats à durée déterminée et le travail temporaire sont totalement contraires au droit syndical. Ce système de flexibilité du travail est en porte-à- faux avec les acquis sociaux. C’est un nivellement par le bas, pour adapter les lois à l’économie de l’informel. On a instauré une législation de l’informel à celui qui ne respecte pas la réglementation, ne paie pas ses impôts et ses cotisations, etc. Nous constatons que le patronat a pris la part du lion dans ce projet de loi.»  Pour expliquer pourquoi un tel projet de loi, M. Takdjout n’exclut aucune thèse, mais fait remarquer que l’Union européenne, par exemple, a fait le forcing pour que la législation du travail soit en faveur des IDE. De ce fait, il préconise un débat plus large sur la question, y compris au sein même de l’Ugta. «Les syndicats autonomes ont réagi, certes, mais beaucoup ont préféré attendre probablement après 2019. Les contestations sociales autour de la loi sur la retraite ont donné à réfléchir. Peut-être que pour le gouvernement, il n’est pas judicieux de remettre le feu à la paille en ce moment. Après 2019, il y aura une plus grande visibilité et une ligne de conduite.» Le représentant de l’Ugta estime qu’il faudra «créer une alternative, engager des discussions pour trouver les moyens d’opérer une profonde réflexion pour une vraie réforme du code du travail pour le rendre plus favorable aux travailleurs. Il n’y a pas d’économie forte sans protection de l’emploi. L’Algérie n’est ni l’Allemagne ni la France, pour copier leurs lois. Ce projet de loi est incohérent. Il ne protège ni l’emploi ni les employés. C’est un texte explosif qui risque d’enflammer le front social». Une conclusion qui met à nu les déclarations du ministre du Travail qui, il y a quelques semaines, le présentait comme «une autre garantie pour la protection des droits syndicaux et des travailleurs».  
www.elwatan.com | 30/04/18
Le collectif national des médecins et pharmaciens spécialistes en biologie clinique dénonce une injustice contenue dans l’arrêté ministre de la Santé du 14 Avril 2008, fixant les conditions d’ouverture et de transfert des laboratoires d’analyses médicales.  Dans la requête du collectif, dont une copie nous a été remise, l’accent a été mis sur la dangerosité de la situation.  « La pratique de la biologie clinique dans le secteur privé est actuellement sous réglementée. Des laboratoires poussent comme des champignons aux quatre coins du pays. On assiste actuellement à l'émergence de laboratoires de quartier gérés par des spécialistes affichant sur leurs pancartes "pharmacien ou médecin biologiste", alors qu’il ne sont pas », lit-on dans le document.     Selon l’un des représentants du collectif, joint par téléphone, c’est la santé du patient qui est en jeu. Ce qui est contre l'éthique et la déontologie et aussi contre le principe d’une médecine de qualité. « Depuis 2008, plusieurs spécialités se sont vus offrir le droit à l'installation alors  qu’ils n'ont qu'une qualification partielle, voire aucune qualification leur permettant de gérer un laboratoire d'analyses médicales polyvalent. Or, et conformément à ce qui se fait dans tous les pays du monde y compris en Europe, aux États-Unis et nos voisins Maghrébins, les spécialistes en Biologie clinique sont les seuls habilités à ouvrir un laboratoire d’analyse médicale polyvalent (englobant les 05 spécialités biologiques) dans le secteur privé, et c'était le cas en Algérie avant la parution de l'arrêté de 2008 »   Notre interlocuteur précise que durant le cursus de la spécialité de biologie clinique à laquelle accèdent les médecins et pharmaciens après concours de résidanat, ces derniers bénéficient des formations théoriques et pratiques englobant les cinq mono-spécialités biologiques à savoir : la parasitologie-mycologie, la biochimie, l'hémobiologie, la microbiologie et l'immunologie, sanctionnées par 05 examens nationaux semestriels classant et un examen de diplôme d’études médicales spéciales DEMS final.    « Nous assistons actuellement à de graves dérives et une dévalorisation totale de cette discipline qui est pourtant la clé de voûte d'un diagnostic et d'un traitement bien conduits. Des mono-spécialistes sont installés dans des laboratoires polyvalents et exercent les 5 spécialités sans la moindre connaissance théorique ou pratique dans les 4 autres spécialités qu'ils n'ont pas étudiées, sous le terme tronqué de médecin biologiste », lit-on dans le même document.    Afin de corriger la situation, le collectif réclame du ministre de la Santé de procéder à une rectification de l’arrêté de 2008 et de l’inclure dans le Projet de loi sur la Santé qui devrait être votée à l’APN lundi prochain. « Il est devenu primordial de réglementer l'exercice de la biologie médicale. Ainsi chacun pourra exercer ce pour quoi il a été formé durant son cursus et faire bénéficier la population de ses compétences sans piétiner sur le domaine des autres pour des raisons purement pécuniaires au détriment de la santé du malade. »
www.elwatan.com | 28/04/18
L'Union européenne (UE) a décidé de bannir toutes les utilisations extérieures de trois pesticides néonicotinoïdes accusés de nuire à la santé
www.7sur7.be | 27/04/18
L'Union européenne (UE) a décidé de bannir toutes les utilisations extérieures de trois pesticides néonicotinoïdes accusés de nuire à la santé
www.7sur7.be | 27/04/18

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé ce mercredi que la station de métro, située dans le VIIIe arrondissement de Paris, portera le nom de l'ancienne ministre de la Santé et première présidente du Parlement européen, décédée le 30 juin dernier. La station Europe du métro parisien va désormais s'appeler «Europe-Simone Veil», [...]

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A l'occasion de la semaine européenne de la vaccination, l'Agence régionale de santé de Guadeloupe a choisi d'axer sa campagne...
Certains faits ont éveillé l'attention du public ces derniers mois sur la mise au point et la production d'un type d'armes destinées à être utilisées dans une guerre d'un genre nouveau. A la suite d'une série d'accidents, et sous la pression du Congrès, le gouvernement américain a été contraint de (...) / États-Unis , Europe , Russie , Nucléaire militaire , Recherche , Santé , Armes chimiques et biologiques - 1969/08
precisioneffect, agence de publicité des services de santé se consacrant à travailler avec des sociétés cherchant à changer les normes des soins, a annoncé aujourd'hui avoir fait l'acquisition de Big Pink, importante agence européenne de marketing à...
www.lelezard.com | 24/04/18
- A la veille de la tenue des assises nationales sur l’agriculture, peut-on parler de modèle agricole algérien ? Sur le plan institutionnel, on peut parler d’un modèle agricole algérien dans la mesure où l’agriculture algérienne comprend des types d’exploitations agricoles qui – à ma connaissance – n’existent pas dans d’autres pays. C’est le cas des exploitations agricoles collectives (EAC) et des exploitations agricoles individuelles (EAI), dont le foncier reste propriété privée de l’Etat mais est donné en concession à des agriculteurs pour une durée de 40 ans. Pour leur permettre de se développer, le statut de concessionnaires de ces derniers leur permet désormais de s’associer à des capitaux privés. Sur le plan technique et agronomique, il n’y a pas à proprement parler de modèle spécifique à l’agriculture algérienne. - De la révolution agraire à nos jours,  le secteur agricole peine à sortir du cadre purement expérimental,  nous passons d’une formule à une autre sans arriver à adopter un modèle agricole pérenne et efficace. Pourquoi à votre avis ? Il est vrai que le secteur agricole a connu beaucoup de changements, en particulier le secteur agricole d’Etat. La «révolution agraire» n’a duré que quelques années, puis les terres ont été rendues à leurs propriétaires. Quant au secteur agricole d’Etat, depuis sa constitution en 1963, il a connu moult péripéties : coopératives d’anciens moudjahidine dans les années 1960, gestion centralisée des anciennes fermes coloniales par l’Office national de la réforme agraire (ONRA), libéralisation de la commercialisation au début des années 1980, restructuration en 1987 avec la constitution des EAC et EAI, la dissolution des coopératives de services et la fin de la garantie de l’Etat sur les crédits accordés par la BADR, tolérance du partage de facto entre les attributaires de nombreuses EAC, puis remise en cause de la loi de 1987 pour ramener le droit de jouissance à 40 ans et permettre aux EAC d’avoir des partenaires privés sans toutefois légaliser le partage des EAC… Tous ces changements ont amené les agriculteurs du secteur agricole d’Etat à se sentir peu sécurisés dans leur statut, donc enclins à peu investir ou même à désinvestir, comme au moment de la création des EAC et EAI en 1987 (vente du cheptel et de matériels). Les changements s’expliquent par la contradiction entre deux objectifs du pouvoir politique dominant depuis l’indépendance : d’une part garder le contrôle du secteur agricole étatique, d’autre part essayer d’augmenter les productions de ce secteur. D’où ces tâtonnements – se traduisant par les changements décrits précédemment – pour essayer de résoudre cette contradiction. - Nous partageons des conditions climatiques similaires avec des pays qui ont réussi le défi de la sécurité alimentaire. Où en est-on et où se situe notre échec ? Il ne faut pas confondre autosuffisance alimentaire et sécurité alimentaire. L’autosuffisance alimentaire signifie qu’un pays produit toute l’alimentation de sa population. A notre époque, aucun pays n’est autosuffisant sur ce plan. Quant à la sécurité alimentaire, un consensus a été trouvé sur sa définition au sommet mondial de l’alimentation, organisé par la FAO en 1996. Elle «est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine». Autrement dit, la sécurité alimentaire implique donc : - la disponibilité d’aliments «en quantité suffisante et d’une qualité appropriée», cette disponibilité provenant indifféremment de la production nationale et/ou des importations ; - l’accès à la nourriture de tous les habitants d’un pays, cet accès pouvant être obtenu par différents moyens (achat, autoproduction, aide alimentaire) ; - l’utilisation de la nourriture «dans le cadre d’une diète adéquate, d’eau potable, d’assainissement et des soins de santé de façon à obtenir un état de bien-être nutritionnel qui permette de satisfaire tous les besoins physiologiques». Tous ces éléments soulignent le rôle des facteurs non alimentaires dans la sécurité alimentaire ; - la stabilité de l’accès à la nourriture, c’est-à-dire la permanence de cet accès (absence de rupture dans l’approvisionnement, quelle que soit la cause de la rupture éventuelle). Selon cette définition, la sécurité alimentaire est assurée en Algérie, le pays ayant les ressources financières – grâce à la rente pétrolière – pour importer suffisamment de nourriture en complément de ses productions (en termes de calories, environ 68% de la nourriture de la population sont importés en année quinquennale moyenne 2009-2013). - Avec la chute des prix du pétrole, beaucoup ont parié sur un renouveau agricole. Pourquoi ce renouveau tarde-t-il à venir ? Je suppose que par «renouveau agricole» vous voulez dire que l’agriculture doit faire de grands progrès en termes de rendements et de productions pour compenser un tant soit peu la baisse des recettes pétrolières par la diminution des dépenses en devises pour les importations alimentaires ? A mon avis, dans ce sens, le renouveau a commencé il y a plusieurs années et est toujours en cours, surtout grâce à des investisseurs privés dont certains ont introduit de nouvelles techniques agricoles et d’élevage. Mais, ce renouveau est fortement freiné par la diminution des dépenses de l’Etat en direction du secteur agricole, du fait de la chute des recettes pétrolières : la chute des dépenses a concerné les infrastructures (électrification rurale pour l’irrigation, ouvrages de mobilisation des eaux, infrastructures de stockage) et aussi les aides à l’investissement à la ferme (machines, forages, équipements d’irrigation…), et aux intrants (engrais, semences performantes, produits de traitement…). - Le foncier agricole demeure l’otage d’une gestion qui manque de transparence.  Quelle est, à votre avis, la meilleure façon de gérer ce foncier ? Pour le foncier qui est juridiquement propriété privée de l’Etat (donc aliénable) (les ex-terres coloniales et la plupart des terres steppiques), la règle générale est qu’il ne doit pas être privatisé, cela parce qu’il est souhaitable que la rente foncière (revenu de la propriété du sol) soit perçue par l’Etat afin que celui-ci l’utilise pour le développement, en particulier pour le développement agricole et rural. Le statut de la concession paraît approprié de ce point de vue. Encore faut-il que l’Etat mette en place les mécanismes pour percevoir effectivement cette rente, ce qui n’est pas encore le cas pour les EAC et les EAI dont la plupart ne paient pas la redevance prévue par leur statut. En outre, les terres du domaine privé de l’Etat devraient être mieux défendues contre le bétonnage, malgré la réglementation existante pourtant exigeante. Trop souvent, ce sont les représentants de l’Etat eux-mêmes qui abusent de leur pouvoir d’utiliser ces terres : par exemple, au lieu de construire les bâtiments publics en hauteur pour minimiser leur emprise sur le sol, ces bâtiments sont construits en rez-de-chaussée ou avec seulement un ou deux niveaux et souvent avec des parkings et des espaces verts extrêmement généreux. - Doit-on éviter le piège de l’agriculture intensive ? Y arriverons-nous ? L’agriculture intensive, entendue comme une agriculture très mécanisée utilisant à fortes doses les engrais chimiques et les pesticides doit être évitée autant que possible, d’autant plus que certains de nos agriculteurs – par manque de formation – utilisent mal ces intrants chimiques (surdosage des engrais qui – ainsi – polluent les aquifères et des pesticides dont les résidus sur les fruits et les légumes font courir des risques aux consommateurs, sans compter les risques pour les agriculteurs eux-mêmes au moment de leur application, utilisation abusive des antibiotiques dans les élevages…). L’agriculture intensive (dans le sens où elle réalise de meilleurs rendements que l’agriculture extensive) est nécessaire parce que les besoins alimentaires vont croissant et que les superficies cultivables par tête d’habitant sont de plus en plus faibles. Mais l’intensification doit se faire en minimisant l’utilisation des engrais chimiques et des pesticides. Sans chercher à les supprimer radicalement en un court laps de temps, on peut encourager l’emploi de techniques agronomiques déjà connues pour limiter leur emploi. Par exemple, l’assolement céréales-légumineuses reste encore peu pratiqué alors qu’il permet de diminuer les doses d’azote sur la culture suivant celle de la légumineuse. Tout ceci nécessite une meilleure formation des agriculteurs, formation qui demeure très largement insuffisante à cause des faibles moyens accordés aux services étatiques de vulgarisation. Tout ceci nécessite aussi un plus grand intérêt accordé à la recherche, recherche qui reste anémique à cause des budgets dérisoires qui lui sont accordés, soit au niveau des institutions supérieures de formation et de recherche dépendant du MESRS (là ou se trouve la majorité du potentiel de recherche), soit au niveau de l’INRAA qui dépend du MADR. C’est pourtant de la recherche qu’on doit attendre les innovations techniques et agronomiques permettant de créer une agriculture intensive mais durable, minimisant l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques, créant des variétés résistantes à la sécheresse, aux parasites et aux maladies. Dans ce sens, le renforcement de la recherche en génie génétique est une priorité impérative si l’Algérie ne veut pas pérenniser à jamais sa dépendance des techniques et savoirs étrangers. - Que faut-il faire pour arriver à une meilleure gestion du secteur agricole ? Pour mieux gérer le secteur agricole, il faut d’abord qu’il soit mieux connu autant par ceux qui le gèrent directement (ministre et fonctionnaires de l’agriculture) que par les autres parties prenantes dans ce secteur (syndicats agricoles, organisations professionnelles, formateurs et chercheurs en agronomie…). Or, ce secteur est mal connu parce qu’aucune statistique fiable n’existe le concernant. Sans statistiques fiables, il est impossible pour les décideurs de construire un tableau de bord – comme dans une grande entreprise – qui agrège les données clefs du secteur, les visualise et permet ainsi aux décideurs d’être plus réactifs, plus efficaces et de prendre de meilleures décisions. Autre point important : les mesures prises concernant le secteur sont très majoritairement prises sans étude préalable approfondie et ne font l’objet d’aucune évaluation a posteriori, une fois qu’elles sont appliquées. Par exemple, le programme Syrpalac a-t-il été conçu après une étude préalable expliquant ses avantages prévisibles pour les différents groupes d’agriculteurs et pour la société, les modalités de son application, son coût ? A-t-il été évalué pour savoir s’il a atteint ses objectifs, quel a été son coût réel pour le budget de l’Etat, quels opérateurs en ont bénéficié réellement ? Autre exemple : pourquoi maintient-on la politique consistant à pratiquer un faible taux de droit de douane (5%) sur l’importation de vaches laitières et de génisses pleines alors que tout le monde sait que ces animaux sont mis à l’abattage après un vêlage ou deux ? A-t-on évalué cette politique qui coûte au pays quelques millions de dollars par an en période de vaches maigres (c’est le cas de le dire !!!) en matière de devises ? Les agriculteurs et les ingénieurs algériens n’ont-ils pas la capacité de produire ces animaux à moindre coût pour le pays ? Enfin, beaucoup pensent que l’agriculture a bénéficié de la part de l’Etat de «sommes considérables» (200 milliards de dinars par an durant le plan 2010-2014 d’après les estimations du MADR). Outre le fait de savoir si ces sommes ont été utilisées de façon judicieuse, il faut relativiser cela et comparer ces montants, par exemple, à ceux dépensés pour le maintien à flot des entreprises publiques. Ces montants sont très modestes si on prend en compte les risques énormes que prennent les agriculteurs dans leurs activités de production d’une partie de la nourriture de la population : une pluviométrie aléatoire, des maladies et des infestations de parasites et autres nuisibles imprévisibles, des marchés mal régulés profitant plus aux commerçants qu’aux agriculteurs… Ces montants sont aussi très modestes comparés aux soutiens que perçoivent les agriculteurs des pays développés : rapportés à l’hectare, ils sont de 20 euros/ha et par an en Algérie contre 288 euros pour l’Union européenne. D’après un ex-responsable du MADR, «seulement 272 milliards de dinars de soutiens destinés aux exploitations agricoles et à la protection des revenus des exploitants auront réellement été consommés de 2000 à 2011, représentant seulement un peu plus de la moitié de l’enveloppe allouée. Selon le MADRP (2018), 448 000 exploitations ont été touchées, soit un ratio de 50 500 DA/exploitation/an (équivalent à 360 euros)». En conclusion, en matière de soutiens à l’agriculture, la collectivité nationale doit partager plus équitablement les risques encourus par les agriculteurs dans leurs activités productives.
www.elwatan.com | 23/04/18
« Travail, foyer, famille, nation, jeunesse, santé et ordre », telles sont les valeurs dont se réclame le premier ministre hongrois Viktor Orbán. Il espère ainsi conserver le soutien des classes moyennes, laborieuses et « saines ». Et son gouvernement de droite nationaliste est bien décidé à présenter (...) / Europe , Europe de l'Est , Hongrie , Droit , Économie , Extrême droite , Finance , Parti politique , Politique , Protection sociale - 2012/02
Après huit mois passés à la tête du gouvernement, Ahmed Ouyahia rencontrera, aujourd’hui, les journalistes. Il s’agit de sa première conférence de presse depuis sa nomination au poste de Premier ministre le 15 août 2017. Certes, le Premier ministre a déjà animé une conférence de presse le 18 janvier dernier, mais en tant que secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND). Cela même s’il avait débordé sur des sujets relevant de ses missions gouvernementales. Ahmed Ouyahia s’était également exprimé sur ce qui agitait la scène politique nationale lors d’un meeting – le dernier – qu’il a tenu à Biskra en février dernier. Rodé à l’exercice des questions-réponses, Ahmed Ouyahia n’aura pas fort à faire pour passer ce test sans encombres, dans un contexte politico-économique plein d’incertitudes et de flou. Le Premier ministre est attendu sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité. Des tensions sociales enregistrées dans plusieurs secteurs d’activité, aux questions relatives au commerce extérieur, en passant par le manque constaté sur le marché de produits de première nécessité, Ahmed Ouyahia devra en effet s’expliquer sur la trajectoire suivie par son gouvernement et lever le quiproquo sur la gestion de certains dossiers, comme celui de la politique des subventions. Le Premier ministre, conforté après le dernier remaniement ministériel, aura à clarifier la démarche de l’Algérie par rapport aux restrictions des importations, contestées par plusieurs pays et tout récemment par l’Union européenne. S’il a rassuré lors de sa rencontre avec le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, sur le caractère temporaire de ces mesures restrictives révisables tous les trois mois, Ahmed Ouyahia devra se montrer encore plus convaincant, tant l’Algérie a fortement besoin de ses partenaires européens pour concrétiser ses objectifs de diversification des exportations. Sur le plan social, le Premier ministre est attendu sur le conflit opposant le ministère de la Santé et les médecins résidents, qui ne connaît toujours pas son épilogue en dépit de plusieurs rounds de négociations. Il est tout aussi attendu sur la question la grève illimitée, qui perdure depuis de longs mois, des Ecoles normales supérieures. Il aura à répondre aux nombreuses et incessantes rumeurs sur son départ et à clarifier les objectifs de la charte relative au partenariat public-privé, signée le 23 décembre 2017 et vivement contestée par le FLN de Djamel Ould Abbès. Cela au point que la présidence de la République apporte des précisions, interprétées comme un désaveu du Premier ministre et de son action gouvernementale. Des rumeurs démenties par le dernier remaniement qui n’a touché que quatre départements ministériels. Sur le plan politique, Ahmed Ouyahia sera assurément interrogé sur la présidentielle de 2019 et la question du 5e mandat qui taraude les esprits des Algériens. Sur le plan régional, le Premier ministre pourrait aussi s’exprimer sur les dernières déclarations du ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, sur le soutien de l’Algérie au Front Polisario. Il y aussi les propos de l’ambassadeur français en Algérie, Xavier Driencourt, sur les visas, qualifiés par le porte-parole des Affaires étrangères, Benali Chérif, de «regrettables». Des propos qui renseignent sur un malaise entre Alger et Paris visiblement sur des questions d’ordre commercial.
www.elwatan.com | 14/04/18
L'ONG MSI a mis au point un label permettant de jauger la santé financière des entreprises. Cette norme, MSI 20000, va être commercialisée.
www.lesechos.fr | 11/04/18